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Nouvelles découvertes
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Janvier 2012
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Le fonds
des archives de
Jean-François Humbert, comte de Girecourt,
conseiller d’Etat, seigneur Deycimon, Vaubexy, Faucompierre,
Vaudicourt, Dompierre, Grandvilliers et autres lieux
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Sceaux de la duchesse
douairière, Elisabeth-Charlotte de Lorraine
| L’ascension
de la famille Humbert à la cour ducale débute
dès le XVIe siècle. Génération après
génération, les aînés de la famille
occupent des charges de plus en plus importantes dont les plus
recherchées tombent dans les mains de Jean-François,
reçu tout d’abord avocat au parlement de Metz.
Il est ensuite, par le duc Léopold, au rang de grand-maître
des Eaux et Forêts avant de recevoir la charge de conseiller
d’Etat puis celle de chef du Conseil des Finances et,
en 1722 et 1737, les titres de baron, puis comte de Girecourt,
terre acquise dès 1705. En 1737, installée à
Commercy, la duchesse douairière l’institue chancelier
et garde des Sceaux de la principauté qui vient de lui
être conférée.
Ses descendants directs
puis collatéraux, les comtes de Bourcier, conservent
la terre de Girecourt (Vosges) jusqu’en 1913, époque
à laquelle ils viennent s’installer à Paris
emportant avec eux les souvenirs familiaux et leurs archives.
Le dernier descendant de la branche s’éteint, sans
postérité, vers 1970 dans la capitale.
Depuis quelques années,
un nouveau propriétaire restaure fort heureusement à
la fois la maison et le parc de Girecourt désormais ouverts
au public.
Avec le plus grand des
hasards, une partie substantielle du fonds des archives du conseiller
d’Etat autrefois conservée à Girecourt vient
d’être retrouvée sur le marché de
l'art.
Depuis quarante ans,
une trentaine des documents manuscrits les plus intéressants
de la collection n’avait, par chance, pas été
dispersée. Outre un intérêt historique évident
pour l’histoire de la Lorraine, ceux-ci possèdent
presque tous leur sceau d’origine avec contre sceau appendu
sur queue de parchemin en cire rouge pour la Maison de Lorraine
et en cire jaune sous le règne de Stanislas.
Cet ensemble exceptionnel
vient de retrouver son lieu d’origine à la plus
grande joie du propriétaire actuel et des chercheurs
!

Parmi les pièces
les plus spectaculaires citons entre autre :
Lettres patentes de secrétaire
des commandements et finances pour Me Louis Humbert
Mivolac ( ?), 20 décembre 1633
Signature autographe de Charles III
Grand sceau et contre sceau de cire rouge (superbe)
- Nancy, 8 février
1700. Lettres patentes pour foy et hommage de Jean-François
Humbert de Girecourt (grand sceau et contre sceau à la
cire rouge, sur queue de parchemin, signées de Léopold.
- Lunéville, 2
janvier 1712. Brevet de conseiller d'Etat de Jean-François
Humbert de Girecourt (grand sceau et contre sceau à la
cire rouge et dans son enveloppe d'origine, sur queue de parchemin.
Signé de Léopold.
- Lettres patentes de
nomination de conseiller, secrétaire d’Etat, commandements
et finances au Sr Humbert de Girecourt
Nancy, 12 février 1721. Signé de Léopold.
Petit sceau de cire rouge.
- Lettres d’anoblissement
d’Humbert de Girecourt en qualité de baron et lettres
d’érection en baronnie du fief de Girecourt pour
Mr de Girecourt. Nancy, 10 décembre 1722. Signé
de Léopold
Avec désignation des armoiries peintes à la gouache
sur fond d’or.
Sont intégrées au document principal : Lettre
d’enregistrement des lettres de noblesse par la cour souveraine
de Lorraine (avec timbre sec) et lettre d’enregistrement
des lettres de noblesse par la chambre des comptes de Lorraine
(avec timbre sec).
6 F° reliés avec lacs de soie verte et fil d’or
(le sceau et le contre-sceau sont manquants).

- Lunéville, 3
avril 1727. Lettres patentes pour foy et hommage de la terre
de Vienville pour le même (grand sceau et contre sceau
à la cire rouge, sur queue de parchemin. Signées
de Léopold.
- Commercy, 26 mars 1736.
Brevet de chancelier et garde des sceaux. Grand sceau et contre
sceau à la cire rouge aux armes Lorraine/Orléans,
sur queue de parchemin (complet). Signé Elisabeth-Charlotte.
- Preuves de noblesse
pour le Sr Humbert de Girecourt. 27 mars 1748.
Signé Alliot. Timbre sec de Stanislas. 4 F° reliés
de soie jaune.
Avec mention autographe du XIXe siècle « Extrait
des papiers du château de Girecourt » et timbre
à l’encre bleue : COMTE AMIC DE BOURCIER _ GIRECOURT.
- Brevet de pension de
1000 l sur l’Etat de Lorraine
Vienne, 15 février1763
Signé François, contre seing du baron Karl de
Pfütschner. Timbre sec impérial.
- Lunéville, 8
avril 1765. Brevet de bailly d'épée du bailliage
de Bruyères au même. Grand sceau et contre sceau
à la cire jaune, aux armes du roi de Pologne (complet).
Signé Stanislas.
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Décembre
2011
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Une râpe à
tabac aux armes du duc Charles V |

Dès
la découverte des peuplades amérindiennes dans
les Antilles, l’usage du tabac s’est répandu
rapidement en Occident dans tous les classes de la société,
tout d’abord comme médicament universel. Très
vite, les états européens comprirent les enjeux
financiers qu’ils pourraient tirer de sa commercialisation.
Une taxe sur la vente du tabac est instaurée en France
dès 1621 avant que Louis XIV n’institue en 1674
la ferme du tabac.
Si le tabac se consomme ordinairement dans une pipe, l’aristocratie
préfère le priser. L’apparition à
Paris du tabac en poudre remonte au début des années
1670. Pour râper les carottes de tabac, les particuliers
utilisaient des râpes bivalves, réalisées
en bois dur, comme le bois de Sainte-Lucie, ou en ivoire. Le
degré de sophistication et la richesse du décor
de ces nouveaux objets familiers témoignèrent
bien vite de la hauteur du rang social de leur propriétaire.
Le 11 décembre 2011, l’étude de Provence,
à Marseille, sous le marteau de maître Christian
Ribière, adjugeait une superbe râpe à tabac
aux armes de Lorraine (lot n°1211). Sa face antérieure
mobile est ornée des armes ducales soutenues par deux
alérions, surmontées d’une scène
de combat dans laquelle s’affrontent un cavalier (présenté
de dos) et un fantassin casqué. La scène se poursuit
sur la partie supérieure de la seconde valve, au-dessus
du fermoir, et représente une Victoire ailée sortant
des nuées pour apporter au vainqueur la palme de la victoire.
A l’intérieur, la râpe proprement dite est
finement sculptée, probablement dans du bois de Sainte-Lucie.
L’adresse du décor sculpté, une présence
aussi significative donnée aux armoiries et à
la couronne ducale (non fermée) permettent de rapprocher
cet objet exceptionnel des collections du duc Charles V dont
nous avons pu retrouver un élément de mobilier
important, actuellement en cours d’étude.
Par chance, ce précieux témoignage a pu être
acquis par un collectionneur lorrain puisque les musées
s’en sont désintéressés.
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Juillet 2011
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Un ouvrage
rare provenant de la bibliothèque de
la duchesse Elisabeth-Charlotte d'Orléans |


En 1718, retrouvant
l’atmosphère de son enfance au Palais Royal à
l’occasion d’un nouveau séjour parisien,
la duchesse de Lorraine retrouve également la joie des
meilleurs spectacles à la mode.
La tragédie de Roland, inspirée de l’Orlando
furioso, est créée, en 1685, par Philippe Quinault
et mise en musique par Jean-Baptiste Lully. La première
représentation a lieu dans les écuries de Versailles
puis l’œuvre est reprise au théâtre
du Palais Royal.
Œuvre à succès, la tragédie est jouée
à Paris en 1705, 1709, 1716, 1717 et, plus tard, en 1743
et 1755.
Il n’est donc pas étonnant de la retrouver superbement
reliée en maroquin dans la bibliothèque personnelle
d’Elisabeth-Charlotte.
Mais il est encore plus exceptionnel de pouvoir retrouver aujourd’hui
sur le marché de l’art un ouvrage de cette illustre
provenance puisqu’en 1744, à la mort de la duchesse,
la bibliothèque qu’elle avait emportée à
Commercy, sans doute sur les conseils de Valentin Jamerai Duval
qui en connaissait le contenu, fut transférée
à Vienne pour rejoindre le fonds impérial par
ordre de l’Empereur.
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Juin 2011
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L’original
d’un portrait de Madame de Graffigny retrouvé |
Dans une vente organisée
le 29 juin dernier à l’Hôtel Drouot, l’étude
Jean-Marc Delvaux présentait un « portrait présumé
de la comtesse de Rouvres » sous le numéro 72 du
catalogue.
De forme ovale, cette huile sur toile rentoilée (H. :
81 cm ; l. : 65 cm) était signée P. Clavereau
(peintre actif du milieu du XVIIIe siècle). Représentant
un personnage féminin assis à sa table de travail,
occupé à écrire, la véritable identification
de ce tableau pouvait se révéler facilement puisque
sur le haut de la page représentée se lisait en
lettres capitales le titre d’une pièce rédigée
en 1750 par Madame de Graffigny : Cénie.

Ce portrait n’était cependant pas tout à
fait inconnu. Dès 2006 nous en avons signalé l’existence
sans pouvoir, à l ‘époque, localiser la
toile.
Les collections du musée du château de Lunéville
en possédait une réplique rectangulaire, offert
le 12 mars 1895 par Charles-Louis Chéron et son épouse
(H. : 79 cm ; l. :63 cm), attribuée à leur ancêtre
le peintre Chéron.

Cette copie ancienne a sans doute été réalisée
à partir d’une gravure inspirée elle aussi
du tableau original, réalisée en 1763 par L. J.
Cathelin sur un dessin de J. B. Garand
Le dessin de Garand sera par la suite abondamment reproduit,
par exemple par Dagoty, au point d’éclipser l’auteur
de la toile originale.
La qualité du tableau vendu le 29 juin atteste d’une
œuvre originale dont l’auteur, tombé depuis
longtemps dans l’oubli, réapparaît ainsi
en pleine lumière. Cette œuvre a sans doute été
peinte à la suite du succès remporté par
la pièce, interprétée pour la première
fois le 25 juin 1750 par les comédiens français
ordinaires du roi et son impression par les soins du libraire
Cailleau dès l’année suivante.
Cette toile a été
judicieusement acquise par le Musée du château
de Lunéville.
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Mai 2011
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Sur le marché de
l'art parisien |
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Depuis le
début de l'année, de nombreux objets d'art appartenant
aux collections de la Maison de Lorraine et du roi de Pologne
sont apparus sur le marché parisien : tableaux, ouvrages,
documents d'archives, objets d'art … Sans pouvoir tout
évoquer dans cette rubrique, nous nous limitons à
un pot de pharmacie présenté sur un stand élevé
Place de la Bastille, lors du dernier salon. |
 

Octobre 2011:
découverte de trois pots supplémentaires dans une collection
privée française

Avril 2011
Une
paire d'appliques en bronze doré à deux bras de
lumière asymétriques |

| Le vendredi
8 avril dernier, l'étude Beaussant Lefèvre mettait
en vente à l'hôtel Drouot une paire d'appliques
en bronze doré, à deux bras asymétriques,
tout à fait similaire au modèle provenant des
collections lorraines conservée au palais Pitti, à
Florence (lot n°138).
De dimensions identiques (H. : 55 cm ; l. : 32 cm) aux deux
éléments existants dans le " Bureau du
Roi " du palais (inv. Mobili Palazzo Pitti, 1911, nn13114/15),
ces deux bras décorés de fleurs et de feuillages
(branches de laurier) présentent un fût en console
surmonté d'un grand panache feuillagé mouvementé.
Admirablement ciselés, ils conservent leur dorure d'origine.
L'acquisition de ces bras de lumière, estimés
de 8 000 à 12 0000 euros, représentait une occasion
inespérée d'enrichir le patrimoine lorrain et
plus particulièrement les collections du château
de Lunéville. L'information que nous avons fait transmettre
à la conservation du château n'a rencontré
malheureusement, une fois encore, aucun écho.
Ils ont été adjugés à la somme
de 40 0000 euros. |

Février 2011
Anne-Charlotte
de Lorraine en vestale |

| Cette
toile a probablement été peinte au château
de Commercy où la princesse réside depuis 1737
et dont, à l'arrière plan, on aperçoit
une partie des jardins.
Ces portraits allégoriques ne sont pas rares. Il est
possible d'en citer au moins deux références
: Anne-Charlotte de Lorraine peinte en cordelière acquis
récemment par le château de Lunéville
datant probablement de la même époque (acquis
en 2008 dans une vente à Pamier) ou encore un tableau
attribué à Pierre Gobert représentant
la princesse sous les traits de Pomone (Musée des Beaux-Arts
de Dijon, inv. D. 94 5 1) dont une réplique a été
vendue récemment à Paris.
Par ailleurs le format de la toile (h.:85 cm; L.: 98 cm) pourrait
laisser penser qu'elle était destinée à
orner un dessus de porte.
Quant à son auteur, il reste encore anonyme.
Au verso, une inscription précise :
"Charlotte Princesse de Lorainne, Abbesse de Remiront,
âgée de 25 ans, 1739".
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Décembre 2010
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Le
duc Léopold et la duchesse Elisabeth-Charlotte,
une iconographie bien méconnue |
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Le
mercredi 1er décembre, l'étude Libert
dispersait à l'Hôtel Drouot, sous le numéro
23 du catalogue, deux portraits désignés
d'une part comme "un prince en armure, portant
la toison d'or" et d'autre part comme "Marie
Leszczynska".
Il s'agissait, en fait du duc Léopold de Lorraine
et de son épouse Elisabeth-Charlotte d'Orléans.
Ces deux toiles (h. : 81 ; l. : 64 cm) étaient
présentées dans leur cadre d'origine en
bois doré et sculpté, réalisés
sans doute dans un atelier lorrain.
L'iconographie de ces deux toiles anonymes n'est pas
inconnue. Le portrait du prince s'inspire d'une oeuvre
de Pierre Gobert conservée au Musée du
château de Versailles (MV 4357) dont une réplique
existe dans les collections du château de Haroué.
Celui de la princesse se rattache à celui exposé
au château de Commercy lui-même inspiré
de la toile de Hyacinthe Rigaud représentant
la princesse Palatine, mère d'Elisabeth-Charlotte.
Adjugée à 4000 euros, ces deux tableaux
ont été acquis par un collectionneur privé
qui en a fait immédiatement entreprendre la restauration.
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Juin 2010
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Un
portrait allégorique inconnu, dédié à
la princesse Anne-Charlotte de Lorraine |

| Il
est difficile de résister au charme du portrait allégorique
dédié à la princesse Anne-Charlotte de
Lorraine qui, discrétement, vient de passer en vente
à Paris. Reconnu par M. Emmanuel Hecre qui a bien voulu
immédiatement nous en signaler l’existence, il
a donc été possible d’étudier un
instant cette toile et d’en prendre quelques clichés.
Cette école flamande du XVIIIe siècle célèbre
probablement la prise de possession, par la sœur cadette
de Charles-Alexandre de Lorraine, de son siège abbatial
au sein du chapitre des chanoinesses de Sainte-Waudru, en 1754.
Une ribambelle d’angelots et de putti entoure le portrait
de la princesse âgée de quarante ans. Certains
lui offrent des roses et des couronnes, d’autres soutiennent
les insignes de sa dignité (mitre, crosse abbatiale,
couronne princière). L’Amour a même délaissé
son carquois, son arc et ses flèches pour lui offrir
un bouquet de fleurs tandis qu’un autre de ses comparses
écrit le nom chéri à l’aide de brins
de myosotis blanc : Anne.
Anne-Charlotte est figurée dans un portrait ovale, la
chevelure couverte du « petit mari » porté
par les chanoinesses, avec les traits que nous lui connaissons
bien et qui sont ordinairement confondus avec ceux de la bonne
Madame de Graffigny.
Une étude plus approfondie de cette toile, mesurant 112
cm de haut sur 85 cm de large, sera proposée ultérieurement.
Cette toile a été
préemptée par le musée Friry de Remiremont.
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1er avril 2010
| Un
nouveau portrait d’Élisabeth-Charlotte d’Orléans,
duchesse de Lorraine |

| Le
jeudi 1er avril 2010, l’étude parisienne Beaussant-Lefèvre
dispersait un ensemble de miniatures dont, au numéro
347 du catalogue : une miniature ovale représentant la
reine de France Marie Leczinska portant un manteau doublé
d’hermine à décor de fleurs de lys dorées,
en robe agrémentée de bijoux. Dans un cadre bordé
d’or émaillé blanc et argent. (Non signée).
Au dos de la
miniature il est marqué : « Marie Leczinska, fille
de Stanislas, Roi de Pologne, Duc de Lorraine…
Compte tenu
de la forme particulière de la miniature, celle-ci s’adaptait
peut-être à un couvercle de tabatière.
Dimensions 76
x 53 mm
Voilà
ici encore exprimé un nouvel exemple ancien d’erreur
d’indentification d’un personnage représenté.
Celle-ci aurait pu sans doute être évitée
si l’expert avait examiné de plus près les
broderies du manteau porté par le personnage qui porte
avec les fleurs de lys mentionnées plus haut des croix
de Lorraine. Marie Leszczynska, reine de France, n’aurait
bien évidemment jamais pu arborer un tel vêtement.
Cette miniature
s’inspire directement de plusieurs portraits de Pierre
Gobert (1662-1744) ou de son atelier représentant la
duchesse de Lorraine Élisabeth- Charlotte d’Orléans
(1676-1744). Le premier conservé dans les collections
du château de Versailles que nous avons déjà
reproduit en 2008 dans notre ouvrage La Cour de Lorraine en
ses meubles, p. 851 ; et le second au Musée Lambinet.
D’autres versions existent dont probablement la référence
au modèle originalement peint par Gobert acquis en 1840
par le baron d’Éprémesnil pour Versailles2
ainsi qu’une copie attribuée à Nicolas Dupuy
ou à son fils Philippe (peintre ordinaire d’Élisabeth-Charlotte
après la mort du duc Léopold), peint vers 1718
et conservé au Musée Barrois de Bar-le-Duc3.
D’une
exceptionnelle qualité, cette miniature semble être
le travail parisien d’un grand peintre miniaturiste. Elle
renvoie directement à une autre miniature sur vélin
que nous avons reproduite dans l’ouvrage cité plus
haut (p. 89). Mais cette dernière (provenant d’une
paire dont la seconde représente la princesse Anne-Charlotte
de Lorraine et que nous pensons pouvoir attribuer toutes deux
à la main du peintre lorrain Charles-Louis-Chéron
– 1676-1745 ?) semble être directement inspirée
du modèle que nous étudions. Ce suiveur introduit
même une importante variante dans sa composition puisqu’il
place dans le creux du bras droit de la duchesse une grande
croix de bois.
Ainsi, la miniature
passée en vente le 1er avril 2010 constitue sans doute,
autour de Pierre Gobert, l’un des portraits les plus raffinés
et les mieux exécutés représentant l’épouse
du duc Léopold, peint dans les premières années
du XVIIIe siècle afin d’orner une tabatière
à la cage en or émaillé qui a sans doute
servi de présent.
Ce portrait
a été adjugé pour la somme de 10 000 euros.
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cliquez
ici

mars 2010
Lampe de sanctuaire
en or et argent doré offerte par François III
à
la basilique du Saint Sépulcre
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| Alors
qu'il vient de recevoir son nouveau titre de vice-roi de Hongrie,
l'ancien duc de Lorraine, François III, fait envoyer
en 1737 une exceptionnelle lampe de sanctuaire en or et argent
aux Franciscains de Terre sainte pour être probablement
offerte à la grotte de Bethléem placée,
à cette époque, sous la garde des Latins.
Cet envoi complète ainsi les fastueux présents
effectués par l'empereur Charles VI tout au long de son
règne : chapelles précieuse et semi-précieuse
en or et pierres précieuses, bassins en argent doré
réalisés à Strasbourg.
Ces ensembles, inédits jusqu'à ce jour, feront
l'objet prochainement d'une grande exposition présentée
en France.
La lampe envoyée par François III témoigne
de la maîtrise des orfèvres strasbourgeois de cette
époque. Une étude des poinçons retrouvés
permettra prochainement l'identification de son auteur. Une
longue inscription portée sur la partie supérieure
de la lampe permet de connaître le nom de son donateur
auquel est associée sa nouvelle épouse, la future
impératrice Marie-Thérèse.
Trois bas-reliefs remarquablement ciselés ornent la partie
inférieure de la lampe et présentent des scènes
reliées à la naissance du Christ, comme l'Adoration
des Bergers. Trois angelots scandent également les angles
de cette composition baroque et présentent les symboles
des trois vertus cardinales (Foi, Espérance et Charité).
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détail

partie inférieure

partie supérieure

vue d'ensemble

Janvier 2010
Deux très rares
jetons en argent de Stanislas
|
| par Jean-Pierre
Carciofi
Le fait est suffisamment
exceptionnel pour être relevé !
L’érudit
lorrain Emmanuel Briard, en 1884, donnait dans le « Journal
de la Société d’Archéologie lorraine
» l’essentiel des informations qu’il est possible
de rassembler autour de l’introuvable jeton frappé
en 1748 à la demande du roi Stanislas Leszczynski représentant
au revers le pavillon de Chanteheux. L’auteur qualifiait
d’ « extrêmement rare » ce remarquable
témoignage de la numismatique lorraine puisqu’il
n’en connaissant qu’un unique exemplaire.
Plus de vingt-cinq ans
plus tard, René Martz rendait compte à son tour
de l’acquisition à Amsterdam par le Musée
lorrain d’un nouvel exemplaire en argent (Bulletin du
Musée et de la Société d’Archéologie
Lorraine – 1910) de cette série en saluant «
la bonne fortune » de l’acquéreur tout en
précisant qu’il s’agissait là du premier
exemplaire passé en vente publique, que lui-même
recherchait avidement depuis plus de vingt ans.
Pour mieux saluer cet
anniversaire, à cent ans de distance et par les effets
du plus grand des hasards, une telle rareté vient à
deux reprises de réapparaître au même moment
sur le marché de l’Art lorrain. Tout d’abord
à Metz, chez un grand marchand numismate ainsi qu’au
même instant chez un particulier dans le canton de Thiaucourt,
en Meurthe-et-Moselle. Par chance, ces jetons ont été
immédiatement acquis par des collectionneurs de la région
qui pourront ainsi en faire profiter des amis amateurs. L’un
de ces deux exemplaires est sans doute aussi celui qui a été
aperçu en automne dernier par un collectionneur spinalien
dans une brocante organisée à Xaronval, dans les
Vosges.
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Jeton de Metz (avers et revers)

| Rare
est, en effet, ce jeton que l’on trouve plus généralement
en cuivre puisqu’il aurait été frappé
dans cette matière à quelques centaines d’exemplaires
; mais bien plus rare encore la frappe de spécimens en
argent limités à quelques dizaines comme le confirme
le registre « d’arrêts de toutes espèces
» daté à partir de 1718, conservé
aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle (B
250, n° 123), publié en 1884 par Briard :
Le 7 août 1748, la « Chambre, Cour des Monnoyes
» recevait ordre du chancelier de Lorraine de faire confectionner
plusieurs bourses de « jettons d’argent pour le
service du Roy Stanislas, lesquels jettons doivent avoir pour
empreinte d’un côté les armes de S.M. et
de l’autre le château de Chandeheu (sic) ».
Le document est visé le 10 août suivant par les
sieurs de Riocourt et Marien de Fremery, détaillant par
le menu les mesures prises afin d’empêcher toute
possibilité de fraude.
Les coins ayant servi
à cette frappe ont été heureusement acquis,
au XIXe siècle par un des conservateurs du musée
d’Épinal, Laurent, ce dernier ayant pris la liberté
d’en faire tirer de nouvelles épreuves en bronze
afin de les offrir à quelques personnes de qualité…
Durant près d’un siècle, ces jetons furent
donc les seuls tirages existants qui permirent, en 1884, d’illustrer
les propos d’Emmanuel Briard par l’intermédiaire
d’une gravure réalisée à l’occasion
de leur retirage. Nous ne connaissions que cette illustration
lors de nos recherches en la matière quand une nouvelle
« bonne fortune » nous permit de trouver, à
notre tour, deux exemplaires frappés en argent , datés
de la même année :
Le « jeton de Chantheux
» (sic) telle est la mention relevée en exergue
au revers sous l’élévation du pavillon de
Chanteheux, fut gravé par Nicole à Nancy en 1748.
Il s’agit du graveur Claude-François Nicole, née
à Besançon en 1700 et mort en 1783 à Nancy
où il avait œuvré auprès de Saint-Urbain.
On peut lire sur l’avers, autour des armes de Stanislas
la légende : « JETTON DU CABINET DU ROY DE POLOGNE
» ainsi que la date 1748.
Afin de mieux prendre
conscience de l’intérêt de cette double nouvelle
découverte, songeons à l’aveu du fameux
lotharingiste Beaupré qui n’en connaissant pas
d’exemplaire, espérait au XIXe siècle pouvoir
en rencontrer l’un d’entre eux, un jour, «
par hasard ».
Le jeton de Chanteheux
est donc une « relique » d’autant plus précieuse
pour le règne de Stanislas que notre duc nominal de Lorraine
n’a jamais pu battre monnaie comme l’ont fait légitimement
ses prédécesseurs, les ducs héréditaires.
Ces jetons « de
cabinet » étaient destinés à être
offerts à de prestigieux hôtes de passage. Celui-ci
dont la circulation a été ordonnée par
le roi de Pologne pourrait avoir été décidé
afin de célébrer le terme de l’aménagement
du pavillon de Chanteheux qui termine la perspective ouverte
depuis le château de Lunéville à travers
les jardins des Bosquets. On se souviendra, en effet, que la
date de la frappe coïncide avec l’époque de
la fonte des quatre fameuses paires de chenets en bronze doré
et ciselé, représentant Zéphyr et Flore
qui ornaient le foyer des quatre cheminées d’angle
aménagées dans le Salon de Chanteheux et qui peuvent
être datées avec certitude entre 1745 et 1749 puisqu’elles
sont poinçonnées au C couronné (voir «
Lunéville, fastes du Versailles lorrain », p. 137
et ill. dépliant après p. 140), cette commande
se plaçant sans doute au cours de la phase terminale
de l’ameublement du célèbre pavillon.
Trois spécimens
sont donc actuellement connus et localisés. S’il
subsiste aujourd’hui d’autres exemplaires de la
frappe initiale, il faudra sans doute les rechercher loin de
la Lorraine puisqu’ils furent donnés en présent
par le roi de Pologne… ainsi, nous voulons croire qu’un
prochain jour, il nous sera peut-être donné d’apprendre
que Valentin Jamerai Duval, le fameux érudit lunévillois
attaché à la Maison héréditaire,
puis créateur et conservateur du Cabinet des monnaies
et médailles de l’empereur François Ier
(alias, François III de Lorraine), a peut-être
accepté des mains mêmes de Stanislas, l’un
de ces précieux jetons lors de sa visite au château
de Chanteheux, le 21 juillet 1752. Ayant déjà
reçu d’Emmanuel Héré de la part du
souverain les deux premiers tomes de son fameux « Recueil
des Châteaux », comme nous l’a indiqué
M. André Courbet, notre illustre visiteur aura peut-être
obtenu un présent complémentaire, lui qui évoquant
à son retour à Vienne cette « pièce
admirable », ne peut jamais être soupçonné
de vile flatterie ! Cet exemplaire pourrait alors toujours se
trouver dans les collections du cabinet impérial à
Vienne.
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Jeton découvert dans
le canton de Thiaucourt

décembre
2009
Exceptionnel
moutardier en étain
aux
armes du duc Léopold de Lorraine
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| Apparu
au cours de l'été 2009 sur les étals d'un
vide-grenier organisé dans un petit village du département
des Vosges, ce très rare moutardier en étain,
de forme cylindrique à base octogonale en quart de rond
mouluré dont le couvercle à toit plat, à
poucier orné d'une palmette, et à l'anse mouvementée,
a immédiatement été acquis pour une dizaine
d'euros par un marchand de la région.
Orné des armoiries
de Lorraine surmontées d'une couronne fermée,
elle-même terminée par la croix à double
traverse des Lorraine, cet élément appartient
incontestablement à la vaisselle ordinaire ducale réalisé
sous le règne du duc Léopold. Un poincon de maître
non identifié permet de le dater du début du XVIIIème
siècle.
Par chance, ce moutardier
d'une hauteur de 10,5 cm (avec le poucier) vient de faire sa
réapparition dans une vente organisée à
Paris par l'étude Tajan en date du 16 décembre
2009 (lot n°96). Passé inaperçu (les armoiries
avait été confondues avec celles des Guise) cet
objet tout à fait unique vient d'être acquis par
un collectionneur lorrain.
Une étude plus
approfondie de cet objet est à présent en cours.
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Novembre 2009
Les
tabatières du bon roy Stanislas
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| Jolités
ou objets de luxe, les tabatières témoignent chez
les grands, par leur abondance et leur diversité, d’un
faste qui les différencient du commun.
Stanislas Leszczynsky
n’échappe pas bien sûr à la «
gloutonnerie » de ses pairs comme aurait dit Catherine
II en parlant des pierres gravées.
Les tabatières
se collectionnent, parfois par centaines comme nous le verront
prochainement chez le prince Charles-Alexandre de Lorraine,
ou tout simplement pour faire l’objet de présents
destinés à quelques familiers ou quelques personnages
que l’on préfèrent aborder plus directement
par delà les entraves protocolaires accompagnant l’envoi
d’un présent diplomatique.
En 2003, nous avons eu
la chance de pouvoir publier l’une des nombreuses boîtes
ayant appartenu au roi de Pologne dans le premier tome de l’ouvrage
« Lunéville, fastes du Versailles lorrain »,
p. 145.
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| Cette
tabatière rectangulaire de 7,9 cm de long présente
sous verre, dans une monture à cage en or ciselé,
six miniatures figurant diverses résidences du roi de
Pologne en Lorraine : sur le couvercle, une vue du « Rocher
» de Lunéville avec ses automates ; sur la face
avant le château de La Malgrange ; sur celle arrière
une autre vue de cette résidence ; sur le côté
gauche le pavillon de Chanteheux qui terminait la perspective
du parc de Lunéville ; sur celui de droite le Trèfle
des jardins de Lunéville ; enfin, sur la base le château
de Commercy.
A l’intérieur, le couvercle renferme un portrait
du souverain tandis que les autres faces sont recouvertes de
laque.
Sur la monture de l’une
de ces dernières, se lit une inscription : DUCROLLAY
PLACE DAUPHINE PARIS.
Il s’agit, parmi
les deux frères de cette prestigieuse famille d’orfèvres
parisiens, de Jean Ducrollay (1710-1787), maître en 1734
et qui, après s’être établi rue Lamoignon,
s’installe Place Dauphine en 1748. Fournisseur de la Couronne
sous le règne de Louis XV, Jean sert une prestigieuse
clientèle, le duc d’Aumont, la marquise de Pompadour
et… le propre beau-père du souverain qui, chaque
année, vient passer quelques semaines près de
sa fille. De la brillante production de cet orfèvre,
il convient de rappeler l’existence d’une merveilleuse
tabatière rectangulaire, elle aussi ornée de miniatures
représentant tous les membres de la famille royale d’après
les portraits peints par Jean-Marc Nattier. Cette boîte
(h. : 4n5 cm ; L. : 8,1 cm ; l. : 4,7 cm), don de Mr et Mrs
Charles Wrightsman, est conservée de nos jours au Metropolitan
Museum of Art de New-York.
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| Vendue
par Chrisitie’s le 19 novembre 1781 à Genève,
la tabatière de Stanislas, avec les vues de ses résidences
lorraines qui font écho à l’ouvrage d’Emmanuel
Héré Recueil des Plans, élévations
et coupes … des châteaux, jardins… que le
roy de Pologne occupe en Lorraine (1750), n’est malheureusement
plus de nos jours localisée.
Toutefois, grâce
aux recherches de Madame Anita Chiron Mrzozowska, conservateur
au palais royal de Varsovie, qui a bien voulu nous faire part
de ses recherches, nous savons désormais que cette tabatière
a été envoyée par le roi Stanislas à
l’un de ses successeurs sur le trône de Pologne,
le roi Stanislas-Auguste Poniatowski, puisqu’elle se retrouve,
estimée à 80 ducats, mentionnée dans son
inventaire : une tabatière avec vue des châteaux
de Lunéville. Par la suite, cette boîte est donnée
ou vendue à la nièce du souverain, Urszula Zamoyska,
qui épouse en secondes noces, en 1781, Michel Jerzy Mniszech,
grand maréchal de la couronne à partir de 1783.
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| Les descendants
de la princesse, fille de la sœur du roi de Pologne, viennent
s’installer en France vers le milieu du XIXe siècle,
apportant avec eux une grande partie du précieux héritage
familial. En 1910, la succession de la comtesse André
Mniszech est ouverte à Paris. Elle fait alors l’objet
de deux jours de vacation à l’hôtel Drouot
les lundi 9 et mardi 10 mai.
Au milieu des nombreux
souvenirs qui ont appartenu au roi Stanislas-Auguste, au numéro
144 de la vente, dans la section des boîtes et miniatures,
se rencontre une boîte rectangulaire, ornée de
miniatures ; vues de châteaux, montée à
cage en or ciselé ; au revers du couvercle : portrait
d’un souverain. Sur la gorge de la boîte, la marque
: Ducrollay, place Dauphine, à Paris.
Mais, le hasard vient
de nous faire découvrir six nouvelles miniatures rectangulaires
représentant toujours les résidences du roi de
Pologne appartenant essentiellement domaine de Lunéville.
Cet ensemble inédit constituait à l’origine
assurément une seconde tabatière datant, comme
la première, des années 1750 dont la cage en or
ciselé a du être malheureusement fondue. Selon
la tradition familiale qui se rapporte à cette série
représentant tout d’abord pour former les différentes
faces : le Pavillon de la Cascade à Lunéville,
la Ménagerie de Jolivet, le château de La Malgrange,
celui d’Einville ; puis pour le couvercle et la base :
le pavillon de Chanteheux (vu du côté de l’entrée)
et le château de Lunéville (vu également
du côté de l’entrée) et enfin une
vue du choeur de la cathédrale Notre-Dame à Paris,
utilisée pour le revers du couvercle, cette tabatière
aurait été offerte à Madame Victoire par
son grand-père lors de l’un de ses deux séjours
passés à Lunéville en compagnie de la sa
sœur, Madame Adélaïde, en 1761 et 1762. |

La princesse aurait ensuite
offert ce présent à l’une de ses dames d’honneur,
Angélique-Victoire de Durfort, comtesse de Chastellux (1752-1816)
qui reçu également en février 1791 un grand
portrait terminé en 1790 par Madame Labille-Guiard pour
l’avoir accompagné en Italie dans son exil.
Depuis, la famille a jusqu’à nos jours conservé
pieusement ces émouvants souvenirs. |

Une telle
hypothèse apparaît fortement plausible à
l’examen des miniatures dont il reste cependant à
identifier l’auteur, puisque ces résidences ont
précisément toutes été visitées
par Mesdames lors de leur passage en 1761 (30 juin – 28
septembre), si l’on se rapporte aux différents
récits laissés par Fillion de Charigneu, écuyer
lieutenant des Gardes à pied du roi de Pologne, ou Delespine.
Ces deux tabatières
ont sans doute été acquises par le roi de Pologne
lors de l’un de ses séjours versaillais, peut-être
chez le fameux marchand mercier de la capitale Lazare Duvaux,
bijoutier ordinaire du roi qui décède à
Paris le 23 novembre 1758 à l’âge de 55 ans
en laissant un Livre-journal qui donne l’identité
d’un grand nombre de ses clients.
Reste enfin à
comprendre la présence de la miniature représentant
curieusement une bénédiction dans le chœur
de l’église métropolitaine de Paris. Cette
petite énigme reste par conséquent à résoudre.
Un lecteur pourra peut-être
nous permettre de poursuivre cette recherche ? |

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Rondeau
Envoyé par Monsieur de
M…à un de ses amis quy
luy avoit envoyé un de ses ouvrages en le priant de ne
le point montrer.
Pour ton honneur j’ay
fait voir ton ouvrage
A bien des gens lorin. Ce n’estoit l’usage
Que tu avait dit d’en faire. Cependant
J’ay cru pouvoir le montrer hardiment,
Sur de tes vers et du commun suffrage.
Sy jusque là j’ay fait en homme sage
Plus ne le puis. De là que je m’engage
A rimailler. Sy le fais-je pourtant
pour ton honneur
Puisque ay tant fait, il faut remplir la page !
Bien conviendras que c’est un double hommage
Qu’à ton rondeau M…. ma muse rend.
Elle le loue, elle en fait un méchant :
Trouve quelqu’un qui fasse davantage
pour ton honneur
(Transcription réalisée avec le concours de M. Hubert
Collin, ancien directeur des archives départementales de Meurthe-et-Moselle).
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Octobre 2009
Protecteur des Arts, le
duc de Lorraine se montre quotidiennement un infatigable travailleur.
Pour ses distractions, refrénant (parfois difficilement)
son goût pour le jeu, il s'adonne à la poésie
et aux Lettres.
Une collection privée lorraine offre un exemple de ses
passions littéraires sous la forme d'un rondeau que le
souverain a reçu et s'est plu à transcrire tant
il a du lui plaire.
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Juillet 2009
…
sur le marché de l’Art
un livre de
classe du prince Charles-Alexandre de Lorraine
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A Lunéville, la
formation des fils du duc Léopold ne semble pas avoir été
négligée.
Des achats de livres, effectués à l’intention
des princes sont régulièrement effectués
à Nancy ou à Paris par Valentin Jamerai Duval comme
le mentionnent les comptes de l’Hôtel ducal.
Nous savons également que Philippe Vayringe (v. 1684 –
1745), issu d’une famille pauvre de la Meuse, tout d’abord
horloger à Nancy avant de devenir mécanicien
de S.A.R. puis professeur de physique à l’Académie
de Lunéville en 1731, occupe dans l’éducation
des princes un rôle déterminant..
Envoyé à Londres en 1721 pour parfaire ses connaissances
en algèbre et en géométrie, l’ Archimède
lorrain, comme on le désigne parfois, y acquiert une
très solide formation. A son retour, il est donc tout naturellement
chargé d’enseigner les mathématiques, la physique
expérimentale, les sciences aux enfants du couple ducal.
Les archives témoignent d’une activité importante
et recensent l’acquisition dans la capitale française
du matériel nécessaire pour la réalisation
de ces fameuses machines qui font la renommée du cabinet
de physique installé au château de Lunéville
et pour lequel Vayringe fournit encore un tour à tourner
et différents ouvrages en 1729 et 1730.
Avant la publication à
Lunéville, en 1732, de son Cours de philosophie mécanique
et expérimentale par lequel sans être versé
dans les mathématiques, on peut comprendre presque tous
les phénomènes de la nature, qui ont été
découverts par principes géométriques. Le
tout démontré par expériences, & par
le secours de plusieurs machines mise en jeu, il travaille
à un Mémoire des ouvrages que le sieur Vayringe,
horloger et mécanicien de S.A.R., a faits pour son service
en 1729 et 1730 (Lunéville, médiathèque
de l’Orangerie, inv. CGM n°180). Ces travaux reprennent
très certainement dans leurs grandes lignes les leçons
que Vayringe a dispensées aux jeunes princes lorrains et
dont le souvenir se trouve conservé dans un exceptionnel
manuscrit intitulé Tome Premier, Leçons de mécanique
de Mr Vairinge mécanicien de son Altesse Royalle de Lorraine
qui vient de réapparaître sur le marché de
l’Art.
Divisé en treize leçons, ce rarissime ouvrage in-12
a été réalisé à Lunéville
en 1727. Il est suivi de 30 planches exécutées à
la plume et rehaussées de lavis représentant diverses
machines et illustrant les démonstrations scientifiques
de l’auteur.
Ainsi, la planche n°13 représente une machine conçue
à la façon d’une horloge de table reproduisant
le mouvement de la terre autour du soleil.
Le texte est réglé
et s’étend sur 136 pages dont huit feuillets sont
laissés en blanc.
Recouverts de basane brune,
les plats portent les armes du prince Charles-Alexandre. Le blason
de Lorraine, surmonté d’une simple couronne, est
souligné dans un ovale bordé du collier de la Toison
d’or. Le manuscrit a donc été relié
postérieurement à l’année 1729, date
à laquelle le prince est devenu le 668e chevalier de l’Ordre.
Ce fer d’or à la bande de gueules chargée
de trois alérions d’argent, l’écu timbré
d’une couronne à cinq fleurons (dimensions :
5cm ; 4,2 cm) est probablement le plus ancien de ceux qui furent
utilisés dans la bibliothèque du prince. Il est
notamment utilisé sur une Histoire des révolutions
de Pologne publié par l’abbé Desfontaines
en 1725.
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Juillet 2009
Quatre
miroirs d'époque Régence provenant des collections
de la Maison de Lorraine
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Dans la préparation de notre ouvrage consacré au mobilier
d'apparat des palais lorrains sous le règne du duc Léopold,
nous venons de découvrir quatre grandes glaces réalisées
à Paris provenant des collections de la Maison héréditaire
grâce au bienveillant concours du professeur Enrico Colle.
Une étude approfondie
sera consacrée à ces objets dans cette prochaine publication. |
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Juin 2009
Commode
en marqueterie de bois de violette
ouvrant à cinq tiroirs de Louis-Simon Pinson
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Provenant du mobilier ducal, cette somptueuse commode a été
réalisée vers 1720, sans doute pour le château de
Lunéville. Elle est l'oeuvre de l'ébéniste parisien
Louis-Simon Pinson, reçu maître avant 1727.
Ce meuble aux bronzes exceptionnels
fera l’objet d’une étude détaillée
dans le prochain ouvrage que nous préparons sur le mobilier d’apparat
des palais lorrains au temps du duc Léopold. Cette publication
sera disponible au cours du dernier trimestre de l’année
2009.
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Mai 2009
Ce
bon roy Stanislas qui ne se décide toujours pas à
mourir !
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Nous sommes en août 1765,
peut-être même fin juillet.
L’abbé Jean de Dieu-Raymond
de Boisgelin de Cucé avait de l’ambition. Sacré
évêque, le troisième dimanche après Pâques
de l’année 1765, le 28 avril, il redoute sans doute un
peu de devoir quitter la capitale pour prendre possession de son siège
de Lavaur, en Languedoc. Ah, si seulement quelque chose pouvait le
retenir à la ville, sinon l’occuper dans son exil ou
plus encore le faire revenir !
Soudain, un éclair de génie
traverse sa pensée. Oui, le motif, il l’a entre aperçu
peut-être même avec la complicité d’une femme
: le beau-père de Louis XV est à présent un vieux
monarque âge de 88 ans. Ses jours sont désormais comptés.
La compétition sera rude au sein des prélats admis à
fréquenter la cour pour avoir l’honneur de prononcer
l’éloge funèbre, la seule qui compte vraiment,
celle de Notre-Dame.
Alors, autant se préparer
tout de suite.
Et cela tombe bien puisque son
amie, Madame Geoffrin dont il fréquente assidûment le
royaume, rue Saint-Honoré, pourrait obtenir par le truchement
de son fils, Stanislas-Auguste Poniatovski, nouveau successeur du
Leszczynski sur le trône de Pologne, des éléments
biographiques de première main nécessaires à
la construction d’un texte qui devra retracer l’existence
d’un homme que le destin a ballotté à travers
toute l’Europe.
À peine notre prélat
a-t-il déposé, au sortir de la cérémonie,
sa crosse et sa mitre qu’il expose à sa protectrice son
dessein, la pressant d’intervenir auprès du roi de Pologne.
Madame Geoffrin s’exécute
dans une lettre datée du 13 août 1765, dans un style
solennel très étranger à celui si familier et
affectionné qu’elle utilise ordinairement avec le souverain.
Nous venons de retrouver, dans
une collection privée, cette si étonnante correspondance.
Nous en donnons ici le texte ainsi que la réponse du souverain
expédiée de Varsovie le Ier septembre suivant.
Cet échange épistolaire
complètera notre publication faite en 2004, préfacée
par le professeur Marc Fumaroli, de l’Académie française.
A Paris, ce 13 aoust 1765
Sire,
Je prends la liberté de
demander une grâce à Votre Majesté.
Je me prosterne comme suppliante.
Si Votre Majesté me refuse,
je me souméterai sans répliquer
Si elle m’octroiez je me
prosternerai de nouveau pour exprimer ma reconnaissance.
Voici de quoi il est question.
Nôtre vieux Stanislasse
sans va tout doucement. Une personne considérable dans l’Église
qui a pour moi de lamitié, et que j’aime aussi, sera
vraysemblablement chargé de faire son oraison funèbre.
Or on voudroit n’être
pas pris au dépourvu ; voici donc la faveur que j’ose
demander à Votre Majesté. Je la supliee d’ordonner
à ces secrétaire de ramasser tout se qui regarde la
maison des Leczinski.. et l’historique de son élection
et enfin les faits les plus importants de sa vie qui se sont passés
en Pologne. Il fauderoit que cette recherche se fit le plus promptement
possible.
Voilà mon cœur qui
vouderoit jouire des droits que luy donne le titre glorieux dont Votre
Majesté m’a honnoré. Je le fais taire en luy disant
dans ce moment-ci, il n’est pas question d’amour, il ne
faut parler que de respects.
C’est au roi que j’adresse
une requête : dans quelques jours, j’embrasserai mon fils.
Réponse de Stanislas-Auguste,
roi de Pologne à Madame Geoffrin
Varsovie, ce 1 septembre 1765
Il y a aujourdhui un an que je
suis Roy. Eh bien je vous jure, qu’il n’y a de plaisir
à l’être, que quand on procure aux gens ce qu’ils
desirent plus vite et mieux que d’autres. Je recois votre lettre
du 13 Aout ce matin. Tout de suite je mets mes scribes et mes légistes
en mouvement, et voilà qu’on m’apporte déjà
tout plein de paperasses et de bouquins sur la généalogie
et la personne de Stanislas Leszczynski, Roy de Pologne, Duc de Lorraine.
Je viens d’ordonner qu’on me fasse de tout cela des extraits
français qui vous seront tenus par Louis qui part dans le cours
de l’autre semaine. J’y ajouterai quelques anecdotes que
je tiens de feu mon père sur ce Prince, de façon que
votre ami ne sera point pris au dépourvu, et il m’aura
obligation. Je suis très flatté de penser, que je peux
être util à quelquun en France. Maman, c’est un
plaisir que je vous dois, autant d’ajouté à tant
d’autres.
Mon Cœur en est rempli, et
mon Esprit s’en souvient sans en être chargé.
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Avril 2009
Paire
de rafraîchissoirs en porcelaine à décor
polychrome et aux armes du duc Léopold de Lorraine Compagnie
des Indes, famille Rose, Vers 1725-1730
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Grâce à un éminent conservateur d'une des plus grandes
institutions muséales parisiennes, nous avons été
avertis de la mise en vente, par les soins de Maître Jean-Marc
Delvaux, le mercredi 9 avril 2009, de cette très rare paire de
rafraîchissoirs en Compagnie des Indes.
Passée totalement inaperçue dans cette vacation, celle-ci
a été adjugée à un collectionneur privé
pour la très modique somme de 1000 euros !
Les accidents signalés dans le catalogue ne justifient en rien
un prix si modique. Cet ensemble est à ce jour le seul exemplaire
connu des commandes passées par le souverain probablement à
la Compagnie hollandaise des Indes orientales, créée dès
1602. Du service princier, seule une assiette avait été
conservée au musée de Lunéville. Elle a été
détruite lors de l'incendie de 2003.
Cet ensemble apparaît donc tout à fait exceptionnel.
Les armoiries ducales ont été
probablement peintes d'après une gravure de Jean Michel Papillon
réalisées vers la même époque.

Monsieur Fang Yuan He a bien
voulu examiner ces vases et nous a communiqué les informations
suivantes relatives aux parties latérales qui contiennent des
prises zoomorphes à tête de lion de chaque côté
:
Sur le front de chaque animal est inscrit le signe "wang"
qui caractérise la force du fauve, roi de la création
et qui se rapporte bien évidemment au souverain. Un décor
floral, constitué de feuilles de bambou et de branches de pin,
évoque la longévité souhaitée au destinataire
tandis qu'un autre symbole royal, constitué par un ru-yi stylisé
complète cette grammaire mise au service de la mystique monarchique.
Le constant discrédit qui est attribué
systématiquement à nos travaux par la conservation du
château de Lunéville et plus encore par l'association des
Amis du château de Lunéville dont nous avons cru devoir
démissionner, l'an passé, de notre poste d'administrateur,
ne nous a bien évidemment pas incité à signaler
cette opportunité à ces deux institutions pour permettre
l'enrichissement des collections du palais des ducs de Lorraine. Nous
aurions été taxé, une nouvelle fois, par ces précieux
historiens et leurs porte-voix, de compromission avec le marché
de l'art, de faussaire et de bien d'autres qualificatifs inlassablement
rabâchés.
Monsieur Emmanuel Hecre a bien
voulu nous communiquer une lettre du comte Louis Beaupré au colonel
Henri de Conigliano en date du 26 décembre 1925 mentionnant peut
être ces mêmes rafraîchissoirs:
« J’ai quelques remords
de m’être laisser entraîner à cette folie de
l’achat des cache-pots ! Cependant la joie d’aller les contempler
sur ma cheminée de salon calme petit à petit mes scrupules…
et je me dis qu’on ne regrette jamais finalement d’avoir
acheté une très belle chose même cher ! Ce sont
les médiocrités qui ne valent jamais le prix qu’on
les paie !
[Georges] Demeufve qui est venu les voir hier, il en a été
enthousiasmé – m’a fort complimenté de mon
achat et m’a parlé en effet d’une paire d’autres
cache-pots, vus naguère à Paris et dont la provenance
était en effet attribuée au Prince Charles, et cette attribution
s’appuyait sur le fait, que le blason était surmonté
de la Couronne de Prince du St Empire : avec calotte cramoisie sous
les arceaux, et bandeau relevé d’hermine.
Mais ce n’est pas le cas pour mes cache-pots qui sont timbrés
de la « couronne royale fermée » adoptée par
Léopold au grand dépit de S[ain]t-Simon, rappelez-vous-le
!
Ils ont donc été faits pour le Duc et proviennent indubitablement
de son mobilier. Placés au-dessous de son portrait, ils ne peuvent
se présenter avec plus d’à propos, nulle part ailleurs
!
Demeufve m’a ajouté que la paire vue à paris était
estimée 5.000. J’ai payé les miens 4.000. Ce qui
est déjà énorme pour moi ! »
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Une exceptionnelle
tapisserie des ateliers de La Malgrange
vendue à Londres
chez Christie's le 6 novembre 2008
par
Nicole de Reyniès, conservateur général
du patrimoine
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Février 2009
Une tapisserie issue d’un
atelier de Lorraine est passée en vente le 6 novembre 2008, à
Londres chez Christie’s, sous le numéro 581 du catalogue.
Il s’agit d’une pièce d’une
qualité exceptionnelle tant par son dessin et son sujet que par
ses dimensions et son état de conservation. Cette tapisserie
n’a malheureusement été acquise ni par un musée
de Lorraine (Nancy, ou Lunéville où cette pièce
aurait été particulièrement bienvenue) ni par une
autre collection publique française, mais par un marchand.
La scène offre au premier plan une frise
de cavaliers dont l’un, somptueusement vêtu, reçoit
l’hommage d’un homme non moins élégant mais
à pied. Dans le lointain apparaît une ville cernée
de remparts située en plaine, entre une rivière et des
montagnes. Entre ces plans, circulent des hommes et du matériel
militaire.
Comme l’écriteau en latin dans la
bordure inférieure le précise , elle figure la Victoire
de l’archiduc Joseph à Landau le 10 septembre 1702 sur
les Français.
L’archiduc d’Autriche, Joseph (1678-1711),
roi de Hongrie en 1687, roi des Romains en 1690, empereur du Saint Empire
Romain Germanique (Joseph 1er) en 1705, prit en 1702, avec le Prince
Louis 1er, margrave de Bade, général commandant l’armée
impériale, la citadelle de Landau (en Allemagne) aux Français
, dans le contexte de la guerre de Succession d’Espagne que Joseph
menait au profit de son frère Charles . Le gouverneur de la citadelle
était le Comte Ezéchiel de Mélac, lieutenant général
des armées du Roi de France.
Elle ne porte pas de marque de fabrique, mais
son tissage en Lorraine est assuré puisqu’elle porte la
même bordure que celle de la célèbre tenture tissée
pour Léopold (1679-1729), duc de Lorraine et de Bar, dont les
pièces illustrent les Victoires de Charles V , son père
(1643-1690), sur les Turcs . Or cette tenture des Victoires a été
tissée à Nancy dans l’atelier de Charles Mité,
tapissier de la cour du duc depuis 1698. Cet entrepreneur avait recruté
pour ce faire nombre de lissiers dont certains ayant reçu une
excellente formation aux Gobelins à Paris.
La tenture des Victoires de Charles V ayant été
tissée de 1708 à 1718, il est tentant de proposer les
mêmes dates pour la Victoire de l’archiduc Joseph. Mais
le modèle de bordure pourrait cependant avoir été
réutilisé après cette date.
Le dessin de la pièce en vente s’avère
très proche de ceux des dix-huit pièces de la tenture
des Victoires de Charles V. Or le dessinateur de cette tenture des Victoires
est connu : il s’agit de Jean-Baptiste Martin (1659-1735), élève
de Adam-François Van der Meulen. Ce dernier travaillait auprès
du peintre Charles Lebrun pour établir les maquettes et cartons
des tentures destinées à être tissées aux
Gobelins à l’usage de Louis XIV. J.B. Martin était
spécialisé dans les scènes de batailles et les
vues de vastes sites. De nombreuses toiles de cet artiste figurent au
château de Versailles, quelques-unes au musée de Marly.
Martin fut assisté du peintre Jean Louis Guyon .
A la différence de la tenture des Victoires
de Charles V qui porte sur la bordure supérieure les armes de
Léopold et de sa femme Elisabeth-Charlotte d’Orléans,
cette tapisserie ne porte pas d’armoiries. On ne sait donc qui
la commanda. Mais il est évident que le commanditaire ou le destinataire
était un personnage de haut rang étant donné le
coût d’une telle pièce. La manufacture aurait-elle
pris l’initiative du tissage en espérant vendre la pièce
à Joseph 1er ? Mais alors elle aurait eu à en commander
le dessin au peintre… Ce qui paraît une hypothèse
peu probable. Pourquoi la pièce n’offre-t-elle pas d’armoiries
? Ont-elles été supprimées ? Toutes ces questions
sont à résoudre.
Il n’en reste pas moins que la qualité
du dessin est impressionnante et le tissage d’une grande finesse.
L’état de la pièce est également surprenant.
Il serait peut-être encore possible d’acquérir cette
oeuvre rare, le marchand étant connu sur la place de Paris….
Notons que les tapisseries tissées en
Lorraine appartiennent pour la plupart à des collections publiques
étrangères (Vienne, Budapest, Saint-Pétersbourg…)
et que les occasions d’achat sont rarissimes…
Nicole de Reyniès
Conservateur général du patrimoine h.
le 18 février 2009
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Autel dédié
à Hercule Saxanus
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Février 2009
Le professeur Henri Lavagne d’Ortigues,
membre de l’Institut et spécialiste de la gaule gallo-romaine
a bien voulu nous signaler l’existence d’un autel antique,
dédié à Hercule Saxanus, découvert en 1721
« à une lieue de Pont-à-Mousson, dans une carrière
abondante » pour reprendre les propres termes du Mercure de France
du 17 avril 1721.
Envoyé à Louis XV par le duc Léopold, cet autel,
provenant du village de Norroy qui domine la vallée de la Moselle,
fut envoyé augmenter les collections de la bibliothèque
royale. Par un décret impérial en date du 2 juillet 1862,
la bibliothèque impériale en fit le dépôt
au Musée des Antiquités de Saint-Germain en Laye (Inv.
1219), où il se trouve toujours actuellement.
Sur la face antérieure principale on peut
lire l’inscription suivante :
I(ovi) o(ptimo) M(aximo) ET HER
CVLI SAXA(no)
SACRVM
P(ublicvs) TALPIDIVS
CLEMENS (centvrio)
LEG(ionis) VIII AVG(vstae)
CVM MIL(itibvs) LEG(ionis) EIVS
V(otvm) S(olvit) L(ibens) L(aetvs) M(erito)
Sur la face latérale droite est sculptée
une massue. Le village de Norroy a livré deux autres découvertes
similaires, dont l’une est conservée au Musée du
Cinquantenaire à Bruxelles.
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Une nouvelle table-console
réalisée pour le
duc Léopold
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Septembre-octobre 2008
Provenances :
Château de Lunéville.
Angleterre, collection privée.
En cours d'étude.
Des clichés de meilleure
qualité sont en cours de réalisation et seront bientôt
visibles dans la partie réservée à nos invités. |

La
Vie du Christ de
Ludolphe Le Chartreux
Second
volume peint pour la duchesse Philippe de Gueldres
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septembre 2008
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2 400 000 euros, prix d’un exceptionnel
chef d’œuvre du patrimoine lorrain !
Alors que se déroulaient les Journées
du patrimoine qui viennent de connaître un nouveau succès
à travers toute la France, dans l’une des galeries aménagées
sous la voûte du Grand-Palais à l’occasion de la
Biennale des Antiquaires, était présenté un somptueux
manuscrit à peintures provenant des collections de la Maison
de Lorraine, réalisé pour la duchesse Philippe de Gueldres
(1462 ? – 1547), épouse du duc René II.
Réalisé sur vélin entre
1506-1508, l’ouvrage présenté (333 feuillets ; 355
x 250 mm) est un exemplaire de la Vie du Christ de Ludolphe de Saxe
dit le Chartreux, illustré de 81 miniatures ornant le début
de chaque chapitre auxquelles s’ajoutent deux plus grandes enluminures
qui recouvrent trois quarts de page, placées en frontispice des
deux parties III et IV qui constituent le volume. Œuvres du maître
de la Chronique Scandaleuse, la première d’entre elles
représente le Christ au milieu des apôtres prêchant,
sous une loggia, aux docteurs de la Loi. La scène s’inscrit
dans une bordure d’architecture feinte où s’inscrivent,
dans le bas et au centre, les pleines armes de Lorraine supportées
par deux anges, attestant ainsi une réalisation antérieure
à la mot du duc René II, en 1508. De chaque côté,
sur des pilastres, le peintre a fait figurer le chiffre PR (pour Philippa
Regina) peint à l’or sur fond pourpre s’alternant
avec deux autres motifs symboliques : tantôt des chardons de Nancy,
tantôt des grenades, peints tous deux sur fond bleu.
Pour avoir présenté à Paris,
en 1994, dans l’exposition Beauté et Pauvreté, l’Art
chez les clarisses de France, un manuscrit similaire provenant également
des collections de Philippe de Gueldres, conservé aujourd’hui
à la bibliothèque municipale de Lyon (ms 5125 ; 333 feuillets,
355 x 245 mm) ce merveilleux frontispice attira immédiatement
notre attention. En fait, au Grand-Palais, à l’occasion
de la Biennale, réapparaissait le second volume d’une composition
magistrale dont le manuscrit de Lyon constitue la première partie
et dont l’histoire peut ainsi se résumer.
Fille d’Adolphe d’Egmont, duc de
Gueldres et de Catherine de Bourbon, Philippe de Gueldres épouse
en 1485 René d’Anjou, roi de Sicile et de Jérusalem,
duc de Lorraine et de Bar. Les chroniques de l’époque et
son biographe la dépeignent « de stature grande, belle
et moult droite, ayant la face belle et plaisante ; de couleur très
blanche et vermeil, le front haut et les yeux beaux et verds. Le nez
assez long, la bouche petite et moult belle (sic) ».
Devenue veuve le 10 décembre 1508, après avoir mis au
monde douze enfants dont sept moururent en bas âge, la duchesse
douairière s’employa à donner à ses fils,
Antoine et Claude, la meilleure éducation tout en se chargeant
du gouvernement des duchés.
Onze ans plus tard, la vertueuse princesse jugeant son fils Antoine
apte à tenir désormais le sceptre lorrain, voulut se retirer
du monde en prenant le voile au monastère des clarisses de Pont-à-Mousson
dont son époux avait été un constant protecteur.
Par un testament en date du 20 octobre 1520, elle léguait ses
innombrables richesses tant en meubles, vaisselle d’argent, tapisseries
de laine entre ses fils.
A son entrée au monastère, dans
les premiers jours de décembre 1519, faisant vœu d’une
pauvreté absolue, elle donna un Passionnaire réalisé
pour elle vers 1515 par le maître du Songe du Pastourel comme
en atteste une note autographe apposée sur le plat inférieur
de la reliure d’origine : « je voy prie mes bonnes mères
et sœurs de ne james oublier en vos devotes prieres sete povre
pescheres devant notre Bon Dieu quy pour elle a soufert dure mort et
passyon dont en ce livre et fet mensyon, lequel par obediense donne
a la sant et devote communauté la povre et indigne religieuse
seur Phe de Gheldres ». Par chance, ce précieux dépôt
que nous avions pu également exposer en 1994, est, de nos jours
encore, toujours conservé dans un des monastères français
de cet Ordre.
Les deux volumes de la Vie du Christ ont très
certainement été offerts au monastère de Pont-à-Mousson
comme le Passionnaire de la duchesse au moment de son entrée
en religion. Dans le cas contraire, en effet, on peut supposer qu’à
l’instar d’un autre manuscrit précieux, Le Songe
du Pastourel, unique exemplaire connu du poème allégorique
de Jean Prieur, confectionné à la même époque
à la demande du duc Antoine sans doute par Hugues de La Faye
(qui travailla au décor mural de la Galerie des Cerfs du palais
ducal), ils seraient restés dans les armaria de la bibliothèque
ducale et expédiés à Vienne, sous le règne
de François III en 1737, où se retrouve, dans les collections
de la bibliothèque nationale autrichienne, le poème de
Jean Prieur ( codex 2556).
Lors de la Révolution française,
les religieuses ne purent sauver la totalité de ces insignes
souvenirs de l’histoire régionale. Les deux volumes de
Ludolphe le Chartreux furent ainsi séparés et connurent
une existence distincte.
Le premier volume fut présenté,
en 1844, par son propriétaire d’alors, François-Nicolas
Maire, habitant le village de Maidières, au secrétariat
de l’évêché de Nancy en vue de son acquisition.
L’offre ayant été déclinée, il fut
proposé au cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, qui
était intervenu, lorsqu’il était évêque
du Puy, auprès des clarisses de cette ville afin de protéger
de tout vandalisme le psautier dit de sainte Colette que possédait
le monastère. En 1845, ce premier tome de la Vie du Christ fut
déposé à la bibliothèque de l’archevêché.
Confisqué en 1905, il se trouve aujourd’hui à la
bibliothèque municipale de Lyon (ms 5125).
En juin 1896, le second volume fit sa réapparition.
Il était la propriété d’Élise Gagnier
domiciliée à Charey (Meurthe-et-Moselle) et fut acquis
par un bibliophile anglais, Henry Yates Thompson. L’ouvrage figure
au numéro 39 de son catalogue. La bibliothèque de ce collectionneur
fut dispersée à Londres, le 3 juin 1919 (lot n° 10).
La Vie du Christ revint alors à Paris pour être mis en
vente, en 1926, par la librairie Théophile Belin. Elle fut acquise
par la suite par un collectionneur privé suisse.
Témoignage des fastes de la cour Lorraine
sous le règne du roi René II et du luxe déployé
pour Dieu, qui cent ans plus tard ne faisait pas non plus rougir saint
Vincent de Paul, ce précieux ouvrage de Ludolphe le Chartreux
cherche un nouvel asile. S’il est peu probable qu’il puisse
revenir prochainement à Nancy, regrettons qu’à deux
reprises, au XIXe siècle, l’occasion n’ait pas été
saisie de conserver ces deux ouvrages chers à la duchesse de
Philippe de Gueldres qui pour toute épitaphe composa cette sentence
:
Cy gist ung ver, tout en pourriture,
Rendant à mort le tribut de nature,
Sœur Philippe de Gueldres, fust royne du passé.
Terre son toît, pour toute couverture.
C’est la maison de toute créature.
Sœurs, dites-lui : Resquiescat in pace.
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Une
console d'applique en bois doré provenant du
mobilier
de la Maison de Lorraine
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Juillet 2008
Provenances :
Château de Commercy,
Anciennes collections Lefèvre
et Serge Guérin.
(Vue complète dans l'espace
réservé à nos invités) |
Une console d’applique
en bois doré appartenant au mobilier de Lorraine
Dans une collection privée parisienne figure une intéressante
console murale d’applique, en bois doré, remontant au
premier quart du XVIIIe siècle, provenant probablement, comme
nous allons le constater, des prestigieuses collections de la Maison
héréditaire de Lorraine.
On sait combien les arts décoratifs
exploitèrent, au profit des commandes du duc Léopold,
toute la symbolique du langage héraldique et symbolique de
la Maison de Gérard d’Alsace pour inspirer, non seulement,
la sculpture monumentale qui orne frontons et garde-corps des façades
du château de Lunéville mais également pour contribuer
à l’élaboration d’un mobilier qui devait
être en complète adéquation avec un tel programme
décoratif abondamment décliné. Croix de Lorraine,
alérions menaçants, trophées d’arme, palmes,
lauriers, sphinges, chiffres enlacés au double L furent dispensés
à profusion.
L’architecte Germain
Boffrand (1667 – 1754) livra non seulement les plans de la résidence
ducale mais fournit également des projets pour l’ameublement.
Certains d’entre eux, découverts par Bruno Pons voici
plus d’une vingtaine d’années, représentent
des esquisses de tables consoles et nous avons eu l’heure de
découvrir, en collection privée, un grand projet de
guéridon porte torchère destiné au deuxième
cabinet du duc Léopold (fig 1).
Travaillant également pour l’agence de Jules-Hardoin
Mansart, Boffrand apparut, sous la Régence, comme un architecte
décorateur incontournable ; aussi est-ce bien naturel de le
voir travailler sur le chantier de Lunéville pour le compte
d’un prince, gendre de Monsieur, frère du Roi.
fig 1
De ce petit ensemble de dessins
préparatoires constituant quatre propositions destinées
à être soumises au commanditaire pour la réalisation
du mobilier ducal, on constatera aisément combien la représentation
de l’alérion lorrain est un élément décoratif
majeur dans la composition du décor. Constituant en quelque
sorte une « marque de fabrique », l’auteur de ces
esquisses, se plaît à accentuer les traits de cet animal
chimérique pour lui conférer un air menaçant
et dominateur : l’arcade de l’œil est très
enfoncée, le bec très accentué (fig
2).
fig 2
La console d’applique que nous avons retrouvée mesure
en hauteur 37,3 cm. Elle se compose tout d’abord d’une
terrasse festonnée par de petits lambrequins (33,7 cm x 16,3
cm) qui repose sur la volute d’une console frontale inférieure,
ornée, sur la partie inférieure de son jambage, d’une
fleur d’acanthe. Cet élément galbé vient
ensuite mourir pour rejoindre le dos du meuble. A cet endroit, convergent
les deux autres contrecourbes latérales qui délimitent
la forme mouvementée du support dorsal. Ces trois éléments
ouvragés se noient dans une large agrafe qui se termine par
une chute de fleurs au centre de laquelle est mis en relief un élégant
héliotrope (tournesol), emblème du soleil et de la monarchie
louisquatorzième.
De chaque côté de la partie dorsale qui sert d’appui
mural à la console, sont figurées, jusqu’au col,
deux têtes d’alérions qui tiennent dans leur bec
entrouvert une guirlande de fleur et de feuillage. Ce double morceau
de sculpture renvoie très singulièrement aux études
préparatoires dont nous avons parlé plus haut. Ils sont
traités avec une nervosité similaire et avec beaucoup
de mouvement.
Cette console se trouvait récemment
encore dans les collections d’une vieille famille nancéienne
qui conserve toujours un inventaire mobilier rédigé
vers 1880 mentionnant : quatre sellettes en bois doré représentant
des aigles, achetées par l’oncle … à M.
Lefèvre.
Ce personnage ne serait-il
pas le fameux directeur de la Caisse d’Epargne et du Mont de
piété de Nancy qui organisa , à la fin de la
première moitié du XIXe siècle, la vente du mobilier
qui subsistait toujours dans le château de Commercy ?
La richesse décorative de notre console, l’emploi de
symboles aussi représentatifs que les alérions ou l’héliotrope,
laissent supposer l’origine du commanditaire surtout si l’on
se souvient que la duchesse Élisabeht-Charlotte déménagea
à Commercy en 1737 avec le mobilier de tout son appartement
de Lunéville. En comparant l’architecture et les motifs
de cette console avec le vocabulaire décoratif utilisé
dans le projet de guéridon porte-torchère mentionné
ci-dessus dont on sait avec certitude qu’il a été
réalisé pour le duc Léopold, les références
sont frappantes. On retrouve, en effet, les deux mêmes têtes
d’aigle qui donnent naissance à un large élément
concave ; le motif du lambrequin est pareillement repris ; la sculpture
est grassement travaillée.
Les archives départementales de Meurthe-et-Moselle indiquent
à plusieurs reprises la livraison de petites consoles d’applique
qui devaient être destinées à présenter
quelques-unes des plus belles porcelaines de Chine que les grands
aristocrates du début du XVIIIe siècle achetaient presque
compulsivement à chaque arrivée d’un bateau de
la Compagnie des Indes dans les ports hollandais.
Faisant au minimum partie d’une
série composée de quatre éléments, cette
importante console d’applique renvoie manifestement aux différentes
conclusions que nous avons exposées dans nos diverses études
publiées sur le mobilier de la Maison héréditaire
au château de Lunéville ou les diverses résidences
ducales.

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Probable
localisation du tapis Aux quatres coquilles provenant
de
la salle du Trône du château de Lunéville,
acheté par le roi Stanislas
en
1737 au Garde-Meuble de la Couronne
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Juin 2008
Provenances :
Collection privée.
Etude en cours.
(Vue complète dans l'espace
réservé à nos invités). |
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Janvier 2008
La guitare d'Elisabeth-Charlotte
de Lorraine
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Réalisée
à Paris en 1692 par Jean Voboam, cet instrument de musique accompagné
de sa gaine en cuir armorié figurait dans l'une des grandes collections
privées de la capitale.
Depuis 1960, ces deux
objets ne sont malheureusement plus localisés.
Dans les années
1770-1780, une vogue mondaine fait de la guitare un accéssoire
obligé des gravures de mode et un symbole galant.
La carrière des
Voboam s'inscrit très exactement dans ce "siècle"
de la guitare.
A côté
de son père René et son frère Alexandre, Jean Voboam
est l'un des facteurs les plus réputés et les plus productifs
de l'époque.
Après plusieurs
années d’investigation, la guitare d’ Élisabeth-Charlotte
a été localisée dans une collection privée.
Une campagne photographie est prévue le lundi 11 avril en collaboration
avec Madame Florence Gétreau, spécialiste de la lutherie
parisienne au XVIIIe siècle et directeur de recherches au CNRS
ainsi qu’en présence M. Joël Dugot, conservateur au
Musée de la Musique.
Cet instrument, inconnu des spécialistes jusqu’à
ce jour, présente un intérêt tout particulier. Dans
le domaine de l’histoire de l’art, cette guitare s’apparente
à celle réalisée pour Mademoiselle de Blois, fille
légitimée de Louis XIV, qui épouse en 1692 le duc
de Chartres, futur Régent.
Voir l'article publié dans la
revue l'Estampille, l'Objet d'art numéro 449 du mois de septembre
2009.
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