Nouvelles découvertes

 

Avril 2013

Une tasse du service en porcelaine de Saxe de la reine Marie Leszczysnka

 

 

En découvrant sur le marché de l'art une tasse appartenant au service offert par Maurice de Saxe à la reine Marie Leszczysnka, le professeur Raymond Laugier vient de consacrer une étude de 40 pages sur ce présent royal en cherchant à localiser l'ensemble des 9 pièces qui subsistent aujourd'hui de ce service. Il est possible de se procurer un exemplaire de ce travail en écrivant à l'auteur par le biais de notre association.

 

 

 

 

Avril 2013

 

François Aubert, "armurier de S.A.R." puis "armurier de S.A.R. le Grand Duc de Toscane" était actif à Lunéville où il décède le 1er avril 1741.
On connait quelques-unes de ses productions réalisées pour le duc Léopold, son fils et successeur François III ou encore Charles-Alexandre de Lorraine.
Son fils Jean-François, marié avec Christine Georges, reprend l'activité familiale au décès de son père. Lui même aura un fils, Joseph, qui, devenu avocat, résidera également à Lunéville.

Une collection privée conserve un briquet à silex réalisé par François Aubert qui témoigne une fois encore de la qualité de la production lunévilloise, dont la renommée dépassait le seul cadre des états lorrains.

 

 

 

 

 

 

 

Mars 2013

 

Provenant des collections du roi de Pologne

 

Manufacture royale des Gobelins
Portrait du roi Stanislas
tissé par Audran

 

Les commentaires historiques relatifs à cette oeuvre seront publiés en 2014 dans un ouvrage plus général sur la manufacture royale.

 

 

 

 

 

Mars 2013

 

Une somptueuse reliure aux armes du duc Léopold

 

La plupart des ouvrages qui appartenaient aux diverses bibliothèques aménagées par le duc Léopold dans ses résidences lorraines est aujourd'hui conservée, on le sait, à Florence.
Le vendredi 8 mars dernier, la maison de vente aux enchères Alde proposait un ouvrage de Jean-Baptiste Masson , "Calculs d'usage, pour trouver promptement les pods et les mesures suivant leurs prix depuis un denier jusqu'à mil livres...." imprimé à Paris, en 1711.

Ce volume est relié dans une superbe reliure In-8 en maroquin rouge aux armes du duc Léopold encadrées d'une large dentelle aux fers à l'oiseau. La composition générale du motif central ornant les plats peut être rapprochée de celle qui orne le "Roland, tragédie remise au théâtre par l'Académie royale de Musique, le mardy, 15 décembre 1716" qui appartenait à la duchesse Elisabeth-Charlotte et que nous avons reproduit p. 265 de notre ouvrage "Charles-Alexandre de Lorraine, un prince en sa maison". Ces deux exemplaires ont donc probablement été reliés par le même relieur parisien. Le "Roland" est très probablement entré dans la bibliothèque de la duchesse de Lorraine à l'issue de la représentation donnée le 6 mars 1717 au Palais-Royal, en présence des souverains lorrains en séjour à Paris.

Estimé entre 4000 et 5000 euros, l'ouvrage n'a pas trouvé preneur lors de la vente, mais il vient d'être acquis par un heureux collectionneur privé.

 

 

 

 

 

 

Février 2013

 

Une école de Charité pour filles fondée à Croismare en 1763

 

A la fin de l'année 2011, puis durant les premières semaines de l'année passée, nous avons eu l'heure de pouvoir retrouver une cinquantaine de pièces relatives à l'illustre famille de Humbert de Girecourt provenant pour l'essentiel du chartrier du château de Girecourt-sur-Durbion (88).
Cet ensemble présentait un caractère véritablement exceptionnel puisqu'un autodafé réalisé à Plombières aux premières heures de la Révolution avait, en principe, réduit en cendres la totalité de ces chartes, considérées alors comme autant de monuments élevés à la gloire d'une féodalité honnie et définitivement abolie. Par chance, les pièces retrouvées, dont la plupart avait conservé leur sceaux de cire, ont regagné la propriété familiale lorraine où elles avaient été soigneusement conservées depuis le XVIIe siècle.

C'est dans les environs de Perpignan qu'il vient d'être possible à présent de retrouver près de 25 pièces d'archives se rapportant à l'école de Charité pour filles fondée à Croismare (antérieurement Haudonviller puis Craon) vers 1763 par le curé de la paroisse Jean-Dominique Brazy. Parmi les documents figurent les lettres patentes de confirmation de l'école données par le roi Stanislas à Lunéville le 18 novembre 1765.

Jusqu'à présent, l'existence de cette école était inconnue sur la commune. L'ouvrage consacré à cette localité par Melle Catherine Guyon en 2007 n'y fait nulle référence.
En effet, les sources que nous venons de retrouver semblent sinon complètes de première main. Elles constituent un dossier échelonné sur plus d'un siècle (1710-1826) rassemblant actes notariés, testaments, lettres patentes etc...

Cet ensemble offre encore un intérêt supplémentaire. Il est trés représentatif de l'importance donnée à l'instruction des populations villageoises dans la Lorraine ducale. Cet enseignement est dispensé également aux filles et même aux "pauvres indigens". Les curés entourés de bienfaiteurs y consacrent leurs économies et les émoluments qu'ils perçoivent de leurs ouailles sans attendre nécessairement de providentielles prébendes octroyées par les grands ou les souverains.

Acquis sur le marché de l'art, ces documents d'intérêt public auraient tout naturellement leur place dans un fonds d'archives du Lunévillois. Toutefois les dons proposés par l'Association aux institutions locales étant systématiquement refusés, leur dépôt est envisagé dans un fonds privé.

 

Etablissement d’une école de Charité pour filles à Croismare


fondée vers 1763 par
Jean-Dominique Brazy,
prêtre et curé de Craon

 

Liste non-exaustives des pièces retrouvées:

- Haudonviller, 29 décembre 1708 : testament de Pierre La Val et de Catherine Jennat établissant 50 # de rente pour des messes.

- 9 mai 1710 : « Epithaphe de l’église de Craon, à la mémoire de Jean Philippe (1690-1710) curé de ce lieu ».

- Craon, 12 septembre 1716 : « Assencement rachetable pour Isaac de Saintive (1710-1721), prestre et curé de Craon ».

- Craon, 25 août 1725 : « Assensement au profit de Dieudonné Channau, procureur d’office du marquis de Craon de Messire Jacques-Henry de Lorraine ».

- Lunéville, 26 avril 1747 : fondation d’une messe annuelle de Requiem au profit de l’église ou curé de Craon par Toussaint Drouot, cy-devant amodiateur à Frauville.

- Lunéville, 1 avril 1750 : « Constitution de rente de 75 # pour le sieur Dominique Brazy (1721-1756), prestre et curé de Craon par Anne Adrian, femme de Jean Mosnin, laboureur ».

- Lunéville, 16 décembre 1754 : testament de Thérèse Huguenin, veuve de François Lecomte résidant à Craön établissant une rente de 12 # pour la fondation d’une messe de Requiem.

- Lunéville, 5 mars 1757 : « constitution d’une rente annuelle de 80 # au profit de Dominique Brazy, prêtre et curé de Craon par Claude Houasse, fermier de la cens de la Maison Rouge, près Craon et Marguerite Jean-Pierre sa femme, Dominique Jean-Pierre, tailleur d’habit demeurant à Einville, caution solidaire ».

-Lunéville, 29 juillet 1761 : « Acquest pour François Gauché, aubergiste et menuisier à Craon et pour Anne Collin sa femme contre Dieudonné Chanot, procureur fiscal de la prévôté et marquisat de Craon ».

Nancy, 17 mars 1763 : réponse de l’avocat André au mémoire relatif aux héritiers de Sr Jean-philippe , curé de Craon pour l’exécution de son testament.

- Craon, 27 avril 1763 : divers titres relatifs à l’école de Charité des filles de Croismare (Partages et divisions des biens, immeubles provenant des successions de défuntes Elisabeth, dame Aubertin, Reyne Aubertin, veuve de Dominique Gergonne etc… ; Acquest pour Nicolas Gergonne, fermier de la ferme de la Rappe du Sieur Joseh Drouin, marchand bourgeois de Lunéville ; constitution de rente au profit de l’école par Jean Charpantier, laboureur demeurant à Bonviller et sa femme Anne Provin (25 juin 1767) ; constitution de 75 # de rente au profit de l’école par Joseph Charpentier, boulanger à Marainviller (18 septembre 1776) ; constitution de rente de 60 # pour l’école par Jean Charpentier, laboureur à Bonviller et Anne Provin et François Denis, maître Boulanger de Lunéville et Margueritte Haudot).

- Lunéville, 26 décembre 1764 : Extrait des registres du Conseil d’Etat de Lorraine. Etablissement d’une sœur maîtresse à Craon.

- Lunéville, le 18 novembre 1765 : lettres patentes du roi Stanislas portant sur la confirmation de fondation d’une école de Charité à Craon (signature autographe du souverain, contre signé de Renault d’Ubexy et Durival).

Stanislas, par la grâce de Dieu, roi de Pologne etc… Me Dominique Brazy, prêtre et curé de Craon, Nous a très humblement fait représenter qu’en vertu de l’arrêt rendu en notre Conseil d’Etat, le vingt-six décembre mil sept cent soixante-quatre, par lequel nous lui avons permis d’établir et fonder une Ecole de Charité de filles dans la paroisse dudit lieu, il aurait par acte du sept juin dernier, reçu par Levêque, notaire et tabellion au Bailliage de Lunéville, cédé et abbandonné deux capitaux qui lui étoient dûs, l’un de quinze cent livres, par Claude Houasse et l’autre de seize cent livres par Jean Monin, suivant les dattes des contracts rappelées par le susdit acte, pour former une rente annuelle et perpétuelle de cent cinquante cinq livres, de laquelle il en a affecté cent cinquante à la Sœur maîtresse pour son entretien et les cinq livres excédant être par elle employé pour le bien de ladite fondation, ou en faveur des pauvres laissant cette disposition à sa conscience, et en outre il a fait cession pour tant et si longtemps que durera ledit établissement, d’une maison avec le jardin au derrière situé audit Craon, rue de Latre près l’église entre un usuaire de ville d’une part, et Nicolas Aubertin d’autre, acquettée par l’exposant de Nicolas Gergonne, par contrat du huit may dernier, pour servir d’Ecole et de logement à la Sœur maîtresse ; le tout aux clauses, charges et conditions portées par le susdit acte de fondation , lesquelles auroient été acceptées par Geneviève Godefroy de la Congrégation des Sœurs maîtresses d’Ecoles, établies sous l’autorité de l’Ordinaire à Toul par autre acte au bas du vingt-cinq octobre aussi dernier, ensuite de l’agréement dudit mais encore l’amortissement des fonds par lui cédés pour le maintien de sa fondation avec remise de finance et pour y jouir par la dite sœur maîtresse de tous les autres avantages, privilèges et immunités attribués à pareils Etablissements, suivant qu’il est ennoncé par le susdit arrêt de notre Conseil du vingt-six Décembre mil sept cent soixante-quatre (…) à quoy, inclinant favorablement et voulant contribuer autant qu’il est en nous au maintien d’un Etablissement aussi pieux qu’avantageux aux habitans de la paroisse dudit Craon, à ces causes et autres à ce nous mouvant, de notre grâce spéciale (…) nous avons loué, aggrée, approuvé et confirmé, louons, agréons, aprouvons et confirmons par ces présentes l’Etablissement et fondation d’une Ecole de Charité de filles en la paroisse dudit Craon faite par l’exposant. Voulons, entendons et nous plait qu’elle porte son plein et entier effet, suivant la teneure des clauses et conditions contenues dans les actes dont les expéditions dans un seul cahier, sont ci-jointes et attachées sous le contrescel de notre chancellerie, et de notre plus ample grâce, nous avons amorties et amortissons dez à présent et pour toujours les fonds donnés par l’exposant pour l’entretien d’icelle, pour à la sœur maîtresse et ses successerises, en jouir aux mêmes droits, privilèges, franchises et exécutions, dont jouissent, peuvent et doivent jouir les possesseurs de biens amortis et dédiés à Dieu, sans qu’elles puissent être tenues de nous payer n’y à nos successeurs aucun droit d’amortissement ni nouvel acquêt auxquels nous avons fait et faisons don et remise conformément à l’article huit de notre Déclaration du douze juin mil sept cent quarante-huit, à charge néanmoins que les revenus seront à perpétuité employés au soutien de ladite Ecole et non autrement, à l’effet de quoy Nous avons, en tant que besoin seroit, dérogé et dérogeons aux dispositions de notre Edit du mois de septembre mil sept cent cinquante-neuf, à charge de s’y conformer en autre cas, et sauf nos autres droits et ceux d’autruy…
Signé Stanislas Roy

-Lunéville, 23 décembre 1765 : enregistrement à la Chambre des Comptes de Lorraine « de la fondation d’une école de Charité dans la paroisse de Craon ».

-Lunéville, le 27 Janvier 1777 : lettres patentes de Louis XVI en faveur de François Gauché, menuisier et aubergiste de Croismare (timbre sec).

- Lunéville, le 18 décembre 1786 : reconnaissance par Barthelémy Guibal d’une dette de 1500# envers Catherine Marchal, veuve de Joseph Charpentier, boulanger et aubergiste à Marainviller, titre constitutif de la rente annuelle et perpétuelle de 75 # établie au profit de l’école fondée à Croismare.

- Lunéville, 15 février 1815 : « Acquet au profit deu Sieur Jean Ray, propriétaire à Lunéville sur le sieur Jean Humbert, charpentier à Haudonviller.

- Haudonviller, 25 juin 1816, extrait du registre de Délibérations de la commune de Haudonviller portant sur les indemnités versées pour « l’instruction gratuite donnée au élèves indigens ».

- Croismare : 1er septembre 1825 : certificat de Joseph Bailly, maire de la commune relatif à la cession de la maison habitée par l’instituteur afin d’y établir la salle d’école.

 

 

 

 

 

 

 

Janvier 2013

 

Lunéville, château des Lumières?

 

Afin d’aider à répondre à cette interrogation, voici un témoignage irréfragable à verser dans le débat, sans doute un des plus importants. Il s’agit de vers inédits à ce jour, écrits par le plus farouche des opposants « aux Lumières », Jean Fréron, immortalisé par la célèbre épigramme composée par Voltaire, son plus grand ennemi, pour le ridiculiser : « L’autre jour, au fond d’un vallon, / Un serpent piqua Jean Fréron : / Que pensez-vous qu’il arriva ?/ Ce fut le serpent qui creva ! » Cette brève pièce en vers, que nous venons de retrouver, écrite par l’ancien jésuite, directeur de l’Année littéraire de 1754 à 1776, est donc composée par Fréron à la gloire de l’un de ses protecteurs … Stanislas Leszczynski :

« Imitation en vers François des deux vers latins composés pour être mis au bas du portrait du roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar : « Sceptra dedit virtus : rapit fortuna ; / Superstes fortunam subigit, prolemque coronat. » La vertu le mit sur le trône : / Le sort l’en a précipité : / la vertu, que sa chute étonne, / Le venge du sort irrité ; / Et sa main pour toujours couronne/ Son heureuse prospérité ».

La farce composée en 1755 à l’occasion de l’inauguration de la Place royale par le nancéien Palissot, farouche opposant à la « secte philosophique », à la demande de Stanislas pour se moquer de Jean-Jacques Rousseau, l’amitié prolongée du roi de Pologne avec la marquise de la Ferté-Imbault, ambassadeur infatigable à la Cour comme à la Ville des anti-philosophes et enfin l’éloge composé par Fréron ne mettraient-ils pas définitivement à mal la périlleuse construction élaborée pour le compte du Conseil général de Meurthe-et-Moselle, faisant du Lunéville de Stanislas le haut-lieu de la pensée philosophique et un temple travaillant au renversement de l’Ancien Régime !

 

 

 

 

 

Décembre 2012

 

 

Lettres de noblesse de Jean-Jacques Baligand

octroyées par Stanislas Leszczynski, le 6 septembre 1756

 

 

 

 

Le document se présente sous la forme d'un manuscrit in-plano (75 cm x 60 cm) sur vélin scellé avec un sceau de cire jaune aux armes du roi de Pologne et lacs de soie noire et fils d'or.

La pièce est contresignée et entérinée par la Chambre des Comptes de Lorraine le 5 janvier 1756.
Le diplôme est ornée d'une superbe miniature représentant les armes du souverain.

Le document est mis en vente à la bibrairie Bonnefoi 1-3, rue de Médicis 75006 - Paris. (01 46 33 57 22).

Prix demandé : 5 000 euros.

 

 

 

 

 

 

 

 

Décembre 2012

 

Stanislas Leszczynski, chevalier palmier du Saint-Sépulcre

 

Non, le titre de "chevalier palmier du Saint-Sépulcre" n'est pas le propos d'une royale fantaisie conçue par le roi de Pologne en vue de divertir son entourage.

Une "vénérable et dévote archiconfrairie royale du Saint-Sépulcre", a été instituée en 1254 par le roi Saint-Louis pour regrouper, dans la défense des intérêts du Saint-Sépulcre de Jérusalem, les personnalités les plus éminentes du royaume de France. Protégée depuis par tous les souverains successifs, la pieuse association retrouve une nouvelle vigueur, sous le règne de Louis XV, en 1720.

De cette époque remonte le somptueux Registre des réceptions et enregistremens de la famille royale relié aux armes du roi par les soins de l'atelier de Pasdeloup.

Conservé dans une collection privée, le document offre une impressionnante réunion des plus grands noms de France de 1720 jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

Le registre s'ouvre par la réception de la reine Marie Leszczynska. Au feuillet suivant, est mentionnée la réception de Stanislas Leszczynski, le 31 mars 1737, sans doute la veille de son départ pour la Lorraine. De surcroît, le souverain s'acquitte d'une somme de 24 livres correspondant au droit d'enregistrement. Mais quelques années auparavant, peut-être en juillet 1733, juste avant de quitter la France pour partir cette fois secrètement à Varsovie, Stanislas avait écrit à l'archiconfrérie pour faire part de son désir de compter parmi ses membres et en lui adressant 10 louis d'or. On le voit, à la croisée des chemins, le monarque semble se tourner vers le Saint-Sépulcre pour y solliciter quelques grâces !

Ainsi s'amenuise un peu plus l'hypothèse de l'appartenance maçonnique de notre roi si débonnaire !

 

 

 

 

 

 

Novembre 2012

 

De la bibliothèque du roi de Pologne

 

 

BRETEZ, Louis/ TURGOT


Plan de Paris commencé l'année 1734, Dessiné et gravé sous les ordres de Messire Michel Etienne Turgot, prévost des marchands. Paris, 1739. In-folio; maroquin rouge, dos à nerfs fleurdelisé, roulettes et dentelle du Louvre encadrant les plats, armoiries au centre de Stanislas Leszczynski roi de Pologne, duc de Lorraine et Barrois, répétées dans les angles, coupes filetées or, dentelle intérieure, doublures et gardes de soie moirée rose, tranches dorées (Reliure de l'époque). Mors en partie fendus, coins et coiffes frottés, plats légèrement frottés avec mouillures, 2 traces circulaires d'enfoncement sur le premier plat. Deux déchirures sur 8 et 10 cm affectant les pl. 18 et 19. Premier tirage du plan dit de Turgot. Il se compose d'un plan d'assemblage au trait, et de 20 superbes planches doubles gravées en taille-douce, montées sur onglets. Les planches 18 et 19 réunies en une seule dépliante. Plan en "perspective cavalière" levé et dessiné par Louis Bretez, gravé par Claude Lucas et écrit par Aubin. Le plan de Bretez correspond aux objectifs de Turgot, il s'agit d'une représentation théâtrale pour promouvoir la ville de Paris et son image. C'est une opération de propagande, à la gloire de la ville capitale du royaume et du prévôt des marchands qui vient encore d'en accroître à la fois l'étendue et l'éclat. Exemplaire en maroquin attribuable à Padeloup, aux armes de Stanislas Leszczynski roi de Pologne, duc de Lorraine et Barrois. With the coat of Arms of Stanislaus Leszczynski as lifelong King of Poland, Duke of Lorraine and Barrois. - Jean Boutier, Les plans de Paris, 219

 

Estimé à 12 000 euros, l'ouvrage a été adjugé pour la somme de 15 000 euros.

 

 

 

 

 

 

Octobre 2012

 

Un nouveau portrait de Charles-Alexandre de Lorraine


Le 9 octobre 2012, la société de vente Vanderkindere mettait en vente à Bruxelles un portrait jusqu'alors inconnu représentant charles-Alexandre de Lorraine. La toile était signée au dos par Johan Millitz (1725-1779) et datée 1760.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Octobre 2012

 

Une nouvelle pièce de mobilier de la Maison de Lorraine

 

Le 27 septembre, la maison Sotheby's, à Londres, a mis en vente une petite table de milieu en bois doré dont les quatre pieds sont ornés à leur angle d'une cartouche arborant une croix de Lorraine. Mesurant 82 cm de hauteur avec un longueur de 103 cm et une largeur de 68 cm, ce petit meuble semble avoir conservé sa dorure d'origine et se présente dans un état très satisfaisant, malgré un accident à l'un de ses pieds.
Chacun des pieds biche (qui n'ont jamais été reliés entre eux par une entretoise) repose sur un sabot. Une élégante ceinture mouvementée, ornée de légers fleurons, supporte un plateau de marbre jaune antique réalisé probablement en Italie ou à Vienne.
Cette table remontant aux années 1730 apporte ainsi un enrichissement complémentaire à notre étude sur le mobilier de la Maison de Lorraine et confirme les hypothèses que nous avons formulées voici quelques années.

 

 

 

 

 

 

 

 

Septembre 2012

 

Une nouvelle console d'applique en bois sculpté et doré

à décors de têtes d'aigle, fleurettes et feuilles d'acanthe

 

Le 26 septembre 2012, la société de ventes volontaires Europ Auction organise à l'hôtel Drouot une "vente de prestige" dans laquelle figure une petite console d'applique (h. 37,7 cm) très proche de celle que nous avons découverte en juillet 2008 et mise en ligne plus bas dans cette même rubrique.

L'exemplaire proposé dans cette vacation a fait l'objet d'une petite étude publiée sur le site d'une galerie polonaise voici plusieurs mois.

Le propriétaire de la première, retrouvée en France, appartenant à une ancienne collection nancéienne Guérin, avait pris contact avec le musée du château de Lunéville. Un responsable s'était déplacé pour examiner cette console avant de la considérer sans intérêt.

Le modèle, mis en vente aujourd'hui, montre beaucoup de lacunes par rapport à l'exemplaire précédent tout en permettant d'apporter un crédit supplémentaire à l'inventaire que nous avions cité voici quatre ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

Juillet 2012

 

Un ouvrage provenant de la bibliothèque

de Stanislas à Meudon

 

 

Le 26 juin dernier, la société de vente Halde, vendait à l'hôtel Drouot un ouvrage de mathématiques adressé par l'auteur à Stanislas Leszczysnki. Par chance, les deux volumes ont été préemptés par un musée lorrain.

 

 

 

 

 

juillet 2012

 


Entrée triomphante du Duc de Lorraine

dans la ville de Belgrade

 

 

Entrée triomphante du Duc de Lorraine dans la ville de Belgrade
Jean Coppin (1615-1690)
Dessin au lavis et mine de plomb
Fin du XVIIè siècle
(H. : 19 cm ; L. : 24 cm)


L’attribution à Jean Coppin de ce dessin, comme le rapporte l’inscription manuscrite portée dans sa marge inférieure, renvoie très probablement à l’auteur d’une publication publiée à Lyon, chez Antoine Briasson, en 1686. (réimprimée à Lyon en 1720).

Le Bouclier de l’Europe ou la guerre sainte contenant des avis politiques & chrétiens, qui peuvent servir de lumière aux Rois & aux Souverains de la chrétienté, pour garantir leurs Estats des incursions des Turcs, & reprendre ceux qu’ils ont usurpé sur eux. L'oeuvre attribué à Jean Coppin se montre plus proche des esquisses préparatoires et du carton, conservés à l’Albertina à Vienne, réaliséés sur papier à la craie par Jean-Baptiste Du Rup (v. 1672 – 1709) et Jean-Baptiste Martin dit des Batailles (1659-1735) pour la réalisation de la sixième des pièces de la Grande tenture des Victoires de Charles V, L’Entrée de Charles V dans la ville de Bude, tissée en haute lice et livrée par Mitté en octobre 1714.

 

 

 

 

 

 

juin 2012

 


" Portrait d'homme et portrait de femme"

 

 

 

 

La vente organisée le 20 juin 2012 par la société Pierre Bergé, à l'hôtel Drouot (salle 10) dispersait une paire de tableaux peints sur toile (H. : 42 cm ; l. : 37,5 cm), désignés d'une manière très anonyme, attribués tous deux à l'entourage d'Antoine Pesne (lot n°29).
Il s'agissait en fait des portraits de l'impératrice Marie-Thérèse et de l'empereur François Ier réalisés davantage par un suiveur de Van Meytens dont la production a été si répandue à Vienne et dans l'Empire.
Adjugée près de 5000 euros ces deux toiles ont dépassé largement le prix d'estimation (2000-3000 euros). Le lot 28, d'une provenance identique figurant un "Portrait d'enfant en habit d'apparat" estimé entre 5000 et 7000 euros a été adjugé à 4300 euros, pourtant la toile représentait l'archiduc Joseph II et était sans doute une oeuvre plus directement rattachée à l'atelier de Van Meytens.

 

 

 

 

 

Mai 2012

 


Le gobelet en argent doré du service du grand-maître

de la maison du roi de Pologne

 

 

Le magazine L'Objet d'art publiait en mai 2007 (n°424) notre article sur une paire d'assiettes que nous venions de découvrir appartenant à un petit service en argent doré, réalisé à Strasbourg par Joachim Friedrich I Kirstein (1701-1770) pour la duchesse Ossolinska, cousine germaine du roi Stanislas Leszczynski et épouse du grand-maître de la maison du roi de Pologne.

Le 3 mai 2012, un des deux gobelets appartenant à cet ensemble passait en vente à Londres chez Sotheby's (lot n° 9).
L'apparition de ce nouvel élément sur le marché de l'art, appartenant aux collections du prince Henry de La Tour d'Auvergne Lauraguais, confirme les recherches conduites en 2007. Haut de 7,5 centimètres ce gobelet a été adjugé 8500 livres sterling. Nous avons pu prévenir à temps le propriétaire des deux assiettes qui a pu faire l'acquisition de ce troisième élément appartenant au petit service en "argent doré" de la duchesse Ossolinska.

Une souscription lancée à l'initiative de l'association des Amis de Lunéville afin d'acquérir cette paire d'assiettes pour en faire don au musée du château de Lunéville n'a reçu à l'époque aucun écho à Lunéville, pas même l'intérêt de l'association des Amis du château qui aurait pu s'associer intelligemment à une initiative visant à enrichir le patrimoine du monument qu'elle est censée promouvoir !

 


 

 

 

 

 

 

 

Avril 2012

 


Coffret en porcelaine Imari appartenant aux

collections de Charles-Alexandre de Lorraine

 


L'étude de ce coffret
sera publiée dans le catalogue de l'exposition

Charles-Alexandre de Lorraine, un prince en sa maison

en cours de préparation

 


 

 

 

 

 

Janvier 2012

 

Le fonds des archives de
Jean-François Humbert, comte de Girecourt,
conseiller d’Etat, seigneur Deycimon, Vaubexy, Faucompierre, Vaudicourt, Dompierre, Grandvilliers et autres lieux


Sceaux de la duchesse douairière, Elisabeth-Charlotte de Lorraine

L’ascension de la famille Humbert à la cour ducale débute dès le XVIe siècle. Génération après génération, les aînés de la famille occupent des charges de plus en plus importantes dont les plus recherchées tombent dans les mains de Jean-François, reçu tout d’abord avocat au parlement de Metz. Il est ensuite, par le duc Léopold, au rang de grand-maître des Eaux et Forêts avant de recevoir la charge de conseiller d’Etat puis celle de chef du Conseil des Finances et, en 1722 et 1737, les titres de baron, puis comte de Girecourt, terre acquise dès 1705. En 1737, installée à Commercy, la duchesse douairière l’institue chancelier et garde des Sceaux de la principauté qui vient de lui être conférée.

Ses descendants directs puis collatéraux, les comtes de Bourcier, conservent la terre de Girecourt (Vosges) jusqu’en 1913, époque à laquelle ils viennent s’installer à Paris emportant avec eux les souvenirs familiaux et leurs archives. Le dernier descendant de la branche s’éteint, sans postérité, vers 1970 dans la capitale.

Depuis quelques années, un nouveau propriétaire restaure fort heureusement à la fois la maison et le parc de Girecourt désormais ouverts au public.

Avec le plus grand des hasards, une partie substantielle du fonds des archives du conseiller d’Etat autrefois conservée à Girecourt vient d’être retrouvée sur le marché de l'art.

Depuis quarante ans, une trentaine des documents manuscrits les plus intéressants de la collection n’avait, par chance, pas été dispersée. Outre un intérêt historique évident pour l’histoire de la Lorraine, ceux-ci possèdent presque tous leur sceau d’origine avec contre sceau appendu sur queue de parchemin en cire rouge pour la Maison de Lorraine et en cire jaune sous le règne de Stanislas.

Cet ensemble exceptionnel vient de retrouver son lieu d’origine à la plus grande joie du propriétaire actuel et des chercheurs !

 

 

Parmi les pièces les plus spectaculaires citons entre autre :

Lettres patentes de secrétaire des commandements et finances pour Me Louis Humbert
Mivolac ( ?), 20 décembre 1633
Signature autographe de Charles III
Grand sceau et contre sceau de cire rouge (superbe)

- Nancy, 8 février 1700. Lettres patentes pour foy et hommage de Jean-François Humbert de Girecourt (grand sceau et contre sceau à la cire rouge, sur queue de parchemin, signées de Léopold.

- Lunéville, 2 janvier 1712. Brevet de conseiller d'Etat de Jean-François Humbert de Girecourt (grand sceau et contre sceau à la cire rouge et dans son enveloppe d'origine, sur queue de parchemin. Signé de Léopold.

- Lettres patentes de nomination de conseiller, secrétaire d’Etat, commandements et finances au Sr Humbert de Girecourt
Nancy, 12 février 1721. Signé de Léopold. Petit sceau de cire rouge.

- Lettres d’anoblissement d’Humbert de Girecourt en qualité de baron et lettres d’érection en baronnie du fief de Girecourt pour Mr de Girecourt. Nancy, 10 décembre 1722. Signé de Léopold
Avec désignation des armoiries peintes à la gouache sur fond d’or.
Sont intégrées au document principal : Lettre d’enregistrement des lettres de noblesse par la cour souveraine de Lorraine (avec timbre sec) et lettre d’enregistrement des lettres de noblesse par la chambre des comptes de Lorraine (avec timbre sec).
6 F° reliés avec lacs de soie verte et fil d’or (le sceau et le contre-sceau sont manquants).

 

 

- Lunéville, 3 avril 1727. Lettres patentes pour foy et hommage de la terre de Vienville pour le même (grand sceau et contre sceau à la cire rouge, sur queue de parchemin. Signées de Léopold.

- Commercy, 26 mars 1736. Brevet de chancelier et garde des sceaux. Grand sceau et contre sceau à la cire rouge aux armes Lorraine/Orléans, sur queue de parchemin (complet). Signé Elisabeth-Charlotte.

- Preuves de noblesse pour le Sr Humbert de Girecourt. 27 mars 1748.
Signé Alliot. Timbre sec de Stanislas. 4 F° reliés de soie jaune.
Avec mention autographe du XIXe siècle « Extrait des papiers du château de Girecourt » et timbre à l’encre bleue : COMTE AMIC DE BOURCIER _ GIRECOURT.

- Brevet de pension de 1000 l sur l’Etat de Lorraine
Vienne, 15 février1763
Signé François, contre seing du baron Karl de Pfütschner. Timbre sec impérial.

- Lunéville, 8 avril 1765. Brevet de bailly d'épée du bailliage de Bruyères au même. Grand sceau et contre sceau à la cire jaune, aux armes du roi de Pologne (complet). Signé Stanislas.


 

 

 

 

Décembre 2011

Une râpe à tabac aux armes du duc Charles V


 

Dès la découverte des peuplades amérindiennes dans les Antilles, l’usage du tabac s’est répandu rapidement en Occident dans tous les classes de la société, tout d’abord comme médicament universel. Très vite, les états européens comprirent les enjeux financiers qu’ils pourraient tirer de sa commercialisation.

Une taxe sur la vente du tabac est instaurée en France dès 1621 avant que Louis XIV n’institue en 1674 la ferme du tabac.
Si le tabac se consomme ordinairement dans une pipe, l’aristocratie préfère le priser. L’apparition à Paris du tabac en poudre remonte au début des années 1670. Pour râper les carottes de tabac, les particuliers utilisaient des râpes bivalves, réalisées en bois dur, comme le bois de Sainte-Lucie, ou en ivoire. Le degré de sophistication et la richesse du décor de ces nouveaux objets familiers témoignèrent bien vite de la hauteur du rang social de leur propriétaire.

Le 11 décembre 2011, l’étude de Provence, à Marseille, sous le marteau de maître Christian Ribière, adjugeait une superbe râpe à tabac aux armes de Lorraine (lot n°1211). Sa face antérieure mobile est ornée des armes ducales soutenues par deux alérions, surmontées d’une scène de combat dans laquelle s’affrontent un cavalier (présenté de dos) et un fantassin casqué. La scène se poursuit sur la partie supérieure de la seconde valve, au-dessus du fermoir, et représente une Victoire ailée sortant des nuées pour apporter au vainqueur la palme de la victoire. A l’intérieur, la râpe proprement dite est finement sculptée, probablement dans du bois de Sainte-Lucie.
L’adresse du décor sculpté, une présence aussi significative donnée aux armoiries et à la couronne ducale (non fermée) permettent de rapprocher cet objet exceptionnel des collections du duc Charles V dont nous avons pu retrouver un élément de mobilier important, actuellement en cours d’étude.

Par chance, ce précieux témoignage a pu être acquis par un collectionneur lorrain puisque les musées s’en sont désintéressés.

 

 

 

 

Novembre 2011

 

Un alérion solitaire

 

 

Le 26 novembre 2011, l'hôtel des ventes Anticthermal, à Nancy, proposait sous le marteau de maître Teitgen l'adjudication d'un élément décoratif en chêne sculpté représentant un grand alérion haut de 77 cm. (Lot n°60)

Manifestement, cette sculpture, remontant au début du XVIIIe siècle, avait été réalisée pour être un tenant gauche destiné à supporter le blason d'un duc de Lorraine, très probablement celui de Léopold. Le rapace, dressé sur ses pattes, présente en effet un déhanchement permettant de proposer cette hypothèse. La tête, tournée à sa droite, avec un bec menaçant, supporte une couronne constituée de fleurons qui, à l'origine, devait être fermée. Le col de l'alérion est orné également d'une couronne et porte en sautoir une croix de Lorraine suspendue à un collier de perles.

L'héraldique ducale décline très souvent ce motif que l'on retrouve employé non seulement dans les esquisses attribuées à Germain Boffrand pour les projets de tables consoles que l'architecte soumet au souverain mais qui se retrouve aussi sur les meubles originaux ayant pris place dans les grands appartements des résidences ducales.
Cet élément a été adjugé pour le somme de 1600 euros.

 

 

 

 

 

 

 


Juillet 2011

Un ouvrage rare provenant de la bibliothèque de
la duchesse Elisabeth-Charlotte d'Orléans


 


En 1718, retrouvant l’atmosphère de son enfance au Palais Royal à l’occasion d’un nouveau séjour parisien, la duchesse de Lorraine retrouve également la joie des meilleurs spectacles à la mode.
La tragédie de Roland, inspirée de l’Orlando furioso, est créée, en 1685, par Philippe Quinault et mise en musique par Jean-Baptiste Lully. La première représentation a lieu dans les écuries de Versailles puis l’œuvre est reprise au théâtre du Palais Royal.
Œuvre à succès, la tragédie est jouée à Paris en 1705, 1709, 1716, 1717 et, plus tard, en 1743 et 1755.
Il n’est donc pas étonnant de la retrouver superbement reliée en maroquin dans la bibliothèque personnelle d’Elisabeth-Charlotte.
Mais il est encore plus exceptionnel de pouvoir retrouver aujourd’hui sur le marché de l’art un ouvrage de cette illustre provenance puisqu’en 1744, à la mort de la duchesse, la bibliothèque qu’elle avait emportée à Commercy, sans doute sur les conseils de Valentin Jamerai Duval qui en connaissait le contenu, fut transférée à Vienne pour rejoindre le fonds impérial par ordre de l’Empereur.

 

 

 

 

 

 


Juin 2011

 

L’original d’un portrait de Madame de Graffigny retrouvé

 

Dans une vente organisée le 29 juin dernier à l’Hôtel Drouot, l’étude Jean-Marc Delvaux présentait un « portrait présumé de la comtesse de Rouvres » sous le numéro 72 du catalogue.
De forme ovale, cette huile sur toile rentoilée (H. : 81 cm ; l. : 65 cm) était signée P. Clavereau (peintre actif du milieu du XVIIIe siècle). Représentant un personnage féminin assis à sa table de travail, occupé à écrire, la véritable identification de ce tableau pouvait se révéler facilement puisque sur le haut de la page représentée se lisait en lettres capitales le titre d’une pièce rédigée en 1750 par Madame de Graffigny : Cénie.


Ce portrait n’était cependant pas tout à fait inconnu. Dès 2006 nous en avons signalé l’existence sans pouvoir, à l ‘époque, localiser la toile.
Les collections du musée du château de Lunéville en possédait une réplique rectangulaire, offert le 12 mars 1895 par Charles-Louis Chéron et son épouse (H. : 79 cm ; l. :63 cm), attribuée à leur ancêtre le peintre Chéron.

 

Madame de Graffigny


Cette copie ancienne a sans doute été réalisée à partir d’une gravure inspirée elle aussi du tableau original, réalisée en 1763 par L. J. Cathelin sur un dessin de J. B. Garand
Le dessin de Garand sera par la suite abondamment reproduit, par exemple par Dagoty, au point d’éclipser l’auteur de la toile originale.
La qualité du tableau vendu le 29 juin atteste d’une œuvre originale dont l’auteur, tombé depuis longtemps dans l’oubli, réapparaît ainsi en pleine lumière. Cette œuvre a sans doute été peinte à la suite du succès remporté par la pièce, interprétée pour la première fois le 25 juin 1750 par les comédiens français ordinaires du roi et son impression par les soins du libraire Cailleau dès l’année suivante.

Cette toile a été judicieusement acquise par le Musée du château de Lunéville.

 

 

 

 

 

 

 

 


Mai 2011

Sur le marché de l'art parisien


Depuis le début de l'année, de nombreux objets d'art appartenant aux collections de la Maison de Lorraine et du roi de Pologne sont apparus sur le marché parisien : tableaux, ouvrages, documents d'archives, objets d'art … Sans pouvoir tout évoquer dans cette rubrique, nous nous limitons à un pot de pharmacie présenté sur un stand élevé Place de la Bastille, lors du dernier salon.

 

Pot à pharmaciePot à pharmacie

 

Octobre 2011: découverte de trois pots supplémentaires dans une collection privée française

 

 

 

 

 

 

 

Avril 2011

 

Une paire d'appliques en bronze doré à deux bras de lumière asymétriques

 

 


Le vendredi 8 avril dernier, l'étude Beaussant Lefèvre mettait en vente à l'hôtel Drouot une paire d'appliques en bronze doré, à deux bras asymétriques, tout à fait similaire au modèle provenant des collections lorraines conservée au palais Pitti, à Florence (lot n°138).

De dimensions identiques (H. : 55 cm ; l. : 32 cm) aux deux éléments existants dans le " Bureau du Roi " du palais (inv. Mobili Palazzo Pitti, 1911, nn13114/15), ces deux bras décorés de fleurs et de feuillages (branches de laurier) présentent un fût en console surmonté d'un grand panache feuillagé mouvementé. Admirablement ciselés, ils conservent leur dorure d'origine.

L'acquisition de ces bras de lumière, estimés de 8 000 à 12 0000 euros, représentait une occasion inespérée d'enrichir le patrimoine lorrain et plus particulièrement les collections du château de Lunéville. L'information que nous avons fait transmettre à la conservation du château n'a rencontré malheureusement, une fois encore, aucun écho.

Ils ont été adjugés à la somme de 40 0000 euros.

 

 

 

 

 

 

Février 2011

 

Anne-Charlotte de Lorraine en vestale

 

 

 

Cette toile a probablement été peinte au château de Commercy où la princesse réside depuis 1737 et dont, à l'arrière plan, on aperçoit une partie des jardins.
Ces portraits allégoriques ne sont pas rares. Il est possible d'en citer au moins deux références : Anne-Charlotte de Lorraine peinte en cordelière acquis récemment par le château de Lunéville datant probablement de la même époque (acquis en 2008 dans une vente à Pamier) ou encore un tableau attribué à Pierre Gobert représentant la princesse sous les traits de Pomone (Musée des Beaux-Arts de Dijon, inv. D. 94 5 1) dont une réplique a été vendue récemment à Paris.
Par ailleurs le format de la toile (h.:85 cm; L.: 98 cm) pourrait laisser penser qu'elle était destinée à orner un dessus de porte.
Quant à son auteur, il reste encore anonyme.
Au verso, une inscription précise :
"Charlotte Princesse de Lorainne, Abbesse de Remiront, âgée de 25 ans, 1739".

 

 

 

 

 

 

Décembre 2010

 

Le duc Léopold et la duchesse Elisabeth-Charlotte,
une iconographie bien méconnue

 


 

 

Le mercredi 1er décembre, l'étude Libert dispersait à l'Hôtel Drouot, sous le numéro 23 du catalogue, deux portraits désignés d'une part comme "un prince en armure, portant la toison d'or" et d'autre part comme "Marie Leszczynska".
Il s'agissait, en fait du duc Léopold de Lorraine et de son épouse Elisabeth-Charlotte d'Orléans. Ces deux toiles (h. : 81 ; l. : 64 cm) étaient présentées dans leur cadre d'origine en bois doré et sculpté, réalisés sans doute dans un atelier lorrain.
L'iconographie de ces deux toiles anonymes n'est pas inconnue. Le portrait du prince s'inspire d'une oeuvre de Pierre Gobert conservée au Musée du château de Versailles (MV 4357) dont une réplique existe dans les collections du château de Haroué. Celui de la princesse se rattache à celui exposé au château de Commercy lui-même inspiré de la toile de Hyacinthe Rigaud représentant la princesse Palatine, mère d'Elisabeth-Charlotte.
Adjugée à 4000 euros, ces deux tableaux ont été acquis par un collectionneur privé qui en a fait immédiatement entreprendre la restauration.

 

 

 

 

 

 

Juin 2010

 

Un portrait allégorique inconnu, dédié à la princesse Anne-Charlotte de Lorraine

 

 

 

Il est difficile de résister au charme du portrait allégorique dédié à la princesse Anne-Charlotte de Lorraine qui, discrétement, vient de passer en vente à Paris. Reconnu par M. Emmanuel Hecre qui a bien voulu immédiatement nous en signaler l’existence, il a donc été possible d’étudier un instant cette toile et d’en prendre quelques clichés.
Cette école flamande du XVIIIe siècle célèbre probablement la prise de possession, par la sœur cadette de Charles-Alexandre de Lorraine, de son siège abbatial au sein du chapitre des chanoinesses de Sainte-Waudru, en 1754.
Une ribambelle d’angelots et de putti entoure le portrait de la princesse âgée de quarante ans. Certains lui offrent des roses et des couronnes, d’autres soutiennent les insignes de sa dignité (mitre, crosse abbatiale, couronne princière). L’Amour a même délaissé son carquois, son arc et ses flèches pour lui offrir un bouquet de fleurs tandis qu’un autre de ses comparses écrit le nom chéri à l’aide de brins de myosotis blanc : Anne.
Anne-Charlotte est figurée dans un portrait ovale, la chevelure couverte du « petit mari » porté par les chanoinesses, avec les traits que nous lui connaissons bien et qui sont ordinairement confondus avec ceux de la bonne Madame de Graffigny.
Une étude plus approfondie de cette toile, mesurant 112 cm de haut sur 85 cm de large, sera proposée ultérieurement.

Cette toile a été préemptée par le musée Friry de Remiremont.


 

 

 

 

 

 

 

1er avril 2010

 

 

Un nouveau portrait d’Élisabeth-Charlotte d’Orléans, duchesse de Lorraine

 

Le jeudi 1er avril 2010, l’étude parisienne Beaussant-Lefèvre dispersait un ensemble de miniatures dont, au numéro 347 du catalogue : une miniature ovale représentant la reine de France Marie Leczinska portant un manteau doublé d’hermine à décor de fleurs de lys dorées, en robe agrémentée de bijoux. Dans un cadre bordé d’or émaillé blanc et argent. (Non signée).

Au dos de la miniature il est marqué : « Marie Leczinska, fille de Stanislas, Roi de Pologne, Duc de Lorraine…

Compte tenu de la forme particulière de la miniature, celle-ci s’adaptait peut-être à un couvercle de tabatière.

Dimensions 76 x 53 mm

Voilà ici encore exprimé un nouvel exemple ancien d’erreur d’indentification d’un personnage représenté. Celle-ci aurait pu sans doute être évitée si l’expert avait examiné de plus près les broderies du manteau porté par le personnage qui porte avec les fleurs de lys mentionnées plus haut des croix de Lorraine. Marie Leszczynska, reine de France, n’aurait bien évidemment jamais pu arborer un tel vêtement.

Cette miniature s’inspire directement de plusieurs portraits de Pierre Gobert (1662-1744) ou de son atelier représentant la duchesse de Lorraine Élisabeth- Charlotte d’Orléans (1676-1744). Le premier conservé dans les collections du château de Versailles que nous avons déjà reproduit en 2008 dans notre ouvrage La Cour de Lorraine en ses meubles, p. 851 ; et le second au Musée Lambinet. D’autres versions existent dont probablement la référence au modèle originalement peint par Gobert acquis en 1840 par le baron d’Éprémesnil pour Versailles2 ainsi qu’une copie attribuée à Nicolas Dupuy ou à son fils Philippe (peintre ordinaire d’Élisabeth-Charlotte après la mort du duc Léopold), peint vers 1718 et conservé au Musée Barrois de Bar-le-Duc3.

D’une exceptionnelle qualité, cette miniature semble être le travail parisien d’un grand peintre miniaturiste. Elle renvoie directement à une autre miniature sur vélin que nous avons reproduite dans l’ouvrage cité plus haut (p. 89). Mais cette dernière (provenant d’une paire dont la seconde représente la princesse Anne-Charlotte de Lorraine et que nous pensons pouvoir attribuer toutes deux à la main du peintre lorrain Charles-Louis-Chéron – 1676-1745 ?) semble être directement inspirée du modèle que nous étudions. Ce suiveur introduit même une importante variante dans sa composition puisqu’il place dans le creux du bras droit de la duchesse une grande croix de bois.

Ainsi, la miniature passée en vente le 1er avril 2010 constitue sans doute, autour de Pierre Gobert, l’un des portraits les plus raffinés et les mieux exécutés représentant l’épouse du duc Léopold, peint dans les premières années du XVIIIe siècle afin d’orner une tabatière à la cage en or émaillé qui a sans doute servi de présent.

Ce portrait a été adjugé pour la somme de 10 000 euros.


 

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mars 2010

 

Lampe de sanctuaire en or et argent doré offerte par François III à la basilique du Saint Sépulcre

 

Alors qu'il vient de recevoir son nouveau titre de vice-roi de Hongrie, l'ancien duc de Lorraine, François III, fait envoyer en 1737 une exceptionnelle lampe de sanctuaire en or et argent aux Franciscains de Terre sainte pour être probablement offerte à la grotte de Bethléem placée, à cette époque, sous la garde des Latins.
Cet envoi complète ainsi les fastueux présents effectués par l'empereur Charles VI tout au long de son règne : chapelles précieuse et semi-précieuse en or et pierres précieuses, bassins en argent doré réalisés à Strasbourg.
Ces ensembles, inédits jusqu'à ce jour, feront l'objet prochainement d'une grande exposition présentée en France.
La lampe envoyée par François III témoigne de la maîtrise des orfèvres strasbourgeois de cette époque. Une étude des poinçons retrouvés permettra prochainement l'identification de son auteur. Une longue inscription portée sur la partie supérieure de la lampe permet de connaître le nom de son donateur auquel est associée sa nouvelle épouse, la future impératrice Marie-Thérèse.
Trois bas-reliefs remarquablement ciselés ornent la partie inférieure de la lampe et présentent des scènes reliées à la naissance du Christ, comme l'Adoration des Bergers. Trois angelots scandent également les angles de cette composition baroque et présentent les symboles des trois vertus cardinales (Foi, Espérance et Charité).

 

détail

partie inférieure

partie supérieure

vue d'ensemble

 

 

 

 

 

 

 

Janvier 2010

 

Deux très rares jetons en argent de Stanislas

 

par Jean-Pierre Carciofi

Le fait est suffisamment exceptionnel pour être relevé !

L’érudit lorrain Emmanuel Briard, en 1884, donnait dans le « Journal de la Société d’Archéologie lorraine » l’essentiel des informations qu’il est possible de rassembler autour de l’introuvable jeton frappé en 1748 à la demande du roi Stanislas Leszczynski représentant au revers le pavillon de Chanteheux. L’auteur qualifiait d’ « extrêmement rare » ce remarquable témoignage de la numismatique lorraine puisqu’il n’en connaissant qu’un unique exemplaire.

Plus de vingt-cinq ans plus tard, René Martz rendait compte à son tour de l’acquisition à Amsterdam par le Musée lorrain d’un nouvel exemplaire en argent (Bulletin du Musée et de la Société d’Archéologie Lorraine – 1910) de cette série en saluant « la bonne fortune » de l’acquéreur tout en précisant qu’il s’agissait là du premier exemplaire passé en vente publique, que lui-même recherchait avidement depuis plus de vingt ans.

Pour mieux saluer cet anniversaire, à cent ans de distance et par les effets du plus grand des hasards, une telle rareté vient à deux reprises de réapparaître au même moment sur le marché de l’Art lorrain. Tout d’abord à Metz, chez un grand marchand numismate ainsi qu’au même instant chez un particulier dans le canton de Thiaucourt, en Meurthe-et-Moselle. Par chance, ces jetons ont été immédiatement acquis par des collectionneurs de la région qui pourront ainsi en faire profiter des amis amateurs. L’un de ces deux exemplaires est sans doute aussi celui qui a été aperçu en automne dernier par un collectionneur spinalien dans une brocante organisée à Xaronval, dans les Vosges.


 

 

Jeton de Metz (avers et revers)

 

Rare est, en effet, ce jeton que l’on trouve plus généralement en cuivre puisqu’il aurait été frappé dans cette matière à quelques centaines d’exemplaires ; mais bien plus rare encore la frappe de spécimens en argent limités à quelques dizaines comme le confirme le registre « d’arrêts de toutes espèces » daté à partir de 1718, conservé aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle (B 250, n° 123), publié en 1884 par Briard :
Le 7 août 1748, la « Chambre, Cour des Monnoyes » recevait ordre du chancelier de Lorraine de faire confectionner plusieurs bourses de « jettons d’argent pour le service du Roy Stanislas, lesquels jettons doivent avoir pour empreinte d’un côté les armes de S.M. et de l’autre le château de Chandeheu (sic) ». Le document est visé le 10 août suivant par les sieurs de Riocourt et Marien de Fremery, détaillant par le menu les mesures prises afin d’empêcher toute possibilité de fraude.

Les coins ayant servi à cette frappe ont été heureusement acquis, au XIXe siècle par un des conservateurs du musée d’Épinal, Laurent, ce dernier ayant pris la liberté d’en faire tirer de nouvelles épreuves en bronze afin de les offrir à quelques personnes de qualité… Durant près d’un siècle, ces jetons furent donc les seuls tirages existants qui permirent, en 1884, d’illustrer les propos d’Emmanuel Briard par l’intermédiaire d’une gravure réalisée à l’occasion de leur retirage. Nous ne connaissions que cette illustration lors de nos recherches en la matière quand une nouvelle « bonne fortune » nous permit de trouver, à notre tour, deux exemplaires frappés en argent , datés de la même année :

Le « jeton de Chantheux » (sic) telle est la mention relevée en exergue au revers sous l’élévation du pavillon de Chanteheux, fut gravé par Nicole à Nancy en 1748. Il s’agit du graveur Claude-François Nicole, née à Besançon en 1700 et mort en 1783 à Nancy où il avait œuvré auprès de Saint-Urbain. On peut lire sur l’avers, autour des armes de Stanislas la légende : « JETTON DU CABINET DU ROY DE POLOGNE » ainsi que la date 1748.

Afin de mieux prendre conscience de l’intérêt de cette double nouvelle découverte, songeons à l’aveu du fameux lotharingiste Beaupré qui n’en connaissant pas d’exemplaire, espérait au XIXe siècle pouvoir en rencontrer l’un d’entre eux, un jour, « par hasard ».

Le jeton de Chanteheux est donc une « relique » d’autant plus précieuse pour le règne de Stanislas que notre duc nominal de Lorraine n’a jamais pu battre monnaie comme l’ont fait légitimement ses prédécesseurs, les ducs héréditaires.

Ces jetons « de cabinet » étaient destinés à être offerts à de prestigieux hôtes de passage. Celui-ci dont la circulation a été ordonnée par le roi de Pologne pourrait avoir été décidé afin de célébrer le terme de l’aménagement du pavillon de Chanteheux qui termine la perspective ouverte depuis le château de Lunéville à travers les jardins des Bosquets. On se souviendra, en effet, que la date de la frappe coïncide avec l’époque de la fonte des quatre fameuses paires de chenets en bronze doré et ciselé, représentant Zéphyr et Flore qui ornaient le foyer des quatre cheminées d’angle aménagées dans le Salon de Chanteheux et qui peuvent être datées avec certitude entre 1745 et 1749 puisqu’elles sont poinçonnées au C couronné (voir « Lunéville, fastes du Versailles lorrain », p. 137 et ill. dépliant après p. 140), cette commande se plaçant sans doute au cours de la phase terminale de l’ameublement du célèbre pavillon.

Trois spécimens sont donc actuellement connus et localisés. S’il subsiste aujourd’hui d’autres exemplaires de la frappe initiale, il faudra sans doute les rechercher loin de la Lorraine puisqu’ils furent donnés en présent par le roi de Pologne… ainsi, nous voulons croire qu’un prochain jour, il nous sera peut-être donné d’apprendre que Valentin Jamerai Duval, le fameux érudit lunévillois attaché à la Maison héréditaire, puis créateur et conservateur du Cabinet des monnaies et médailles de l’empereur François Ier (alias, François III de Lorraine), a peut-être accepté des mains mêmes de Stanislas, l’un de ces précieux jetons lors de sa visite au château de Chanteheux, le 21 juillet 1752. Ayant déjà reçu d’Emmanuel Héré de la part du souverain les deux premiers tomes de son fameux « Recueil des Châteaux », comme nous l’a indiqué M. André Courbet, notre illustre visiteur aura peut-être obtenu un présent complémentaire, lui qui évoquant à son retour à Vienne cette « pièce admirable », ne peut jamais être soupçonné de vile flatterie ! Cet exemplaire pourrait alors toujours se trouver dans les collections du cabinet impérial à Vienne.


 

Jeton découvert dans le canton de Thiaucourt

 

 

 

 

 

 

décembre 2009

Exceptionnel moutardier en étain

aux armes du duc Léopold de Lorraine

 

 

Apparu au cours de l'été 2009 sur les étals d'un vide-grenier organisé dans un petit village du département des Vosges, ce très rare moutardier en étain, de forme cylindrique à base octogonale en quart de rond mouluré dont le couvercle à toit plat, à poucier orné d'une palmette, et à l'anse mouvementée, a immédiatement été acquis pour une dizaine d'euros par un marchand de la région.

Orné des armoiries de Lorraine surmontées d'une couronne fermée, elle-même terminée par la croix à double traverse des Lorraine, cet élément appartient incontestablement à la vaisselle ordinaire ducale réalisé sous le règne du duc Léopold. Un poincon de maître non identifié permet de le dater du début du XVIIIème siècle.

Par chance, ce moutardier d'une hauteur de 10,5 cm (avec le poucier) vient de faire sa réapparition dans une vente organisée à Paris par l'étude Tajan en date du 16 décembre 2009 (lot n°96). Passé inaperçu (les armoiries avait été confondues avec celles des Guise) cet objet tout à fait unique vient d'être acquis par un collectionneur lorrain.

Une étude plus approfondie de cet objet est à présent en cours.


 

 

 

 

 

Novembre 2009

Les tabatières du bon roy Stanislas

 

Jolités ou objets de luxe, les tabatières témoignent chez les grands, par leur abondance et leur diversité, d’un faste qui les différencient du commun.

Stanislas Leszczynsky n’échappe pas bien sûr à la « gloutonnerie » de ses pairs comme aurait dit Catherine II en parlant des pierres gravées.

Les tabatières se collectionnent, parfois par centaines comme nous le verront prochainement chez le prince Charles-Alexandre de Lorraine, ou tout simplement pour faire l’objet de présents destinés à quelques familiers ou quelques personnages que l’on préfèrent aborder plus directement par delà les entraves protocolaires accompagnant l’envoi d’un présent diplomatique.

En 2003, nous avons eu la chance de pouvoir publier l’une des nombreuses boîtes ayant appartenu au roi de Pologne dans le premier tome de l’ouvrage « Lunéville, fastes du Versailles lorrain », p. 145.


 

 

Cette tabatière rectangulaire de 7,9 cm de long présente sous verre, dans une monture à cage en or ciselé, six miniatures figurant diverses résidences du roi de Pologne en Lorraine : sur le couvercle, une vue du « Rocher » de Lunéville avec ses automates ; sur la face avant le château de La Malgrange ; sur celle arrière une autre vue de cette résidence ; sur le côté gauche le pavillon de Chanteheux qui terminait la perspective du parc de Lunéville ; sur celui de droite le Trèfle des jardins de Lunéville ; enfin, sur la base le château de Commercy.
A l’intérieur, le couvercle renferme un portrait du souverain tandis que les autres faces sont recouvertes de laque.

Sur la monture de l’une de ces dernières, se lit une inscription : DUCROLLAY PLACE DAUPHINE PARIS.

Il s’agit, parmi les deux frères de cette prestigieuse famille d’orfèvres parisiens, de Jean Ducrollay (1710-1787), maître en 1734 et qui, après s’être établi rue Lamoignon, s’installe Place Dauphine en 1748. Fournisseur de la Couronne sous le règne de Louis XV, Jean sert une prestigieuse clientèle, le duc d’Aumont, la marquise de Pompadour et… le propre beau-père du souverain qui, chaque année, vient passer quelques semaines près de sa fille. De la brillante production de cet orfèvre, il convient de rappeler l’existence d’une merveilleuse tabatière rectangulaire, elle aussi ornée de miniatures représentant tous les membres de la famille royale d’après les portraits peints par Jean-Marc Nattier. Cette boîte (h. : 4n5 cm ; L. : 8,1 cm ; l. : 4,7 cm), don de Mr et Mrs Charles Wrightsman, est conservée de nos jours au Metropolitan Museum of Art de New-York.

 

 

Vendue par Chrisitie’s le 19 novembre 1781 à Genève, la tabatière de Stanislas, avec les vues de ses résidences lorraines qui font écho à l’ouvrage d’Emmanuel Héré Recueil des Plans, élévations et coupes … des châteaux, jardins… que le roy de Pologne occupe en Lorraine (1750), n’est malheureusement plus de nos jours localisée.

Toutefois, grâce aux recherches de Madame Anita Chiron Mrzozowska, conservateur au palais royal de Varsovie, qui a bien voulu nous faire part de ses recherches, nous savons désormais que cette tabatière a été envoyée par le roi Stanislas à l’un de ses successeurs sur le trône de Pologne, le roi Stanislas-Auguste Poniatowski, puisqu’elle se retrouve, estimée à 80 ducats, mentionnée dans son inventaire : une tabatière avec vue des châteaux de Lunéville. Par la suite, cette boîte est donnée ou vendue à la nièce du souverain, Urszula Zamoyska, qui épouse en secondes noces, en 1781, Michel Jerzy Mniszech, grand maréchal de la couronne à partir de 1783.

 

 

Les descendants de la princesse, fille de la sœur du roi de Pologne, viennent s’installer en France vers le milieu du XIXe siècle, apportant avec eux une grande partie du précieux héritage familial. En 1910, la succession de la comtesse André Mniszech est ouverte à Paris. Elle fait alors l’objet de deux jours de vacation à l’hôtel Drouot les lundi 9 et mardi 10 mai.

Au milieu des nombreux souvenirs qui ont appartenu au roi Stanislas-Auguste, au numéro 144 de la vente, dans la section des boîtes et miniatures, se rencontre une boîte rectangulaire, ornée de miniatures ; vues de châteaux, montée à cage en or ciselé ; au revers du couvercle : portrait d’un souverain. Sur la gorge de la boîte, la marque : Ducrollay, place Dauphine, à Paris.

Mais, le hasard vient de nous faire découvrir six nouvelles miniatures rectangulaires représentant toujours les résidences du roi de Pologne appartenant essentiellement domaine de Lunéville. Cet ensemble inédit constituait à l’origine assurément une seconde tabatière datant, comme la première, des années 1750 dont la cage en or ciselé a du être malheureusement fondue. Selon la tradition familiale qui se rapporte à cette série représentant tout d’abord pour former les différentes faces : le Pavillon de la Cascade à Lunéville, la Ménagerie de Jolivet, le château de La Malgrange, celui d’Einville ; puis pour le couvercle et la base : le pavillon de Chanteheux (vu du côté de l’entrée) et le château de Lunéville (vu également du côté de l’entrée) et enfin une vue du choeur de la cathédrale Notre-Dame à Paris, utilisée pour le revers du couvercle, cette tabatière aurait été offerte à Madame Victoire par son grand-père lors de l’un de ses deux séjours passés à Lunéville en compagnie de la sa sœur, Madame Adélaïde, en 1761 et 1762.

 

 

La princesse aurait ensuite offert ce présent à l’une de ses dames d’honneur, Angélique-Victoire de Durfort, comtesse de Chastellux (1752-1816) qui reçu également en février 1791 un grand portrait terminé en 1790 par Madame Labille-Guiard pour l’avoir accompagné en Italie dans son exil.
Depuis, la famille a jusqu’à nos jours conservé pieusement ces émouvants souvenirs.

 

 

Une telle hypothèse apparaît fortement plausible à l’examen des miniatures dont il reste cependant à identifier l’auteur, puisque ces résidences ont précisément toutes été visitées par Mesdames lors de leur passage en 1761 (30 juin – 28 septembre), si l’on se rapporte aux différents récits laissés par Fillion de Charigneu, écuyer lieutenant des Gardes à pied du roi de Pologne, ou Delespine.

Ces deux tabatières ont sans doute été acquises par le roi de Pologne lors de l’un de ses séjours versaillais, peut-être chez le fameux marchand mercier de la capitale Lazare Duvaux, bijoutier ordinaire du roi qui décède à Paris le 23 novembre 1758 à l’âge de 55 ans en laissant un Livre-journal qui donne l’identité d’un grand nombre de ses clients.

Reste enfin à comprendre la présence de la miniature représentant curieusement une bénédiction dans le chœur de l’église métropolitaine de Paris. Cette petite énigme reste par conséquent à résoudre.

Un lecteur pourra peut-être nous permettre de poursuivre cette recherche ?

 

 

 

 

 

Rondeau

Envoyé par Monsieur de M…à un de ses amis quy
luy avoit envoyé un de ses ouvrages en le priant de ne
le point montrer.

Pour ton honneur j’ay fait voir ton ouvrage
A bien des gens lorin. Ce n’estoit l’usage
Que tu avait dit d’en faire. Cependant
J’ay cru pouvoir le montrer hardiment,
Sur de tes vers et du commun suffrage.
Sy jusque là j’ay fait en homme sage
Plus ne le puis. De là que je m’engage
A rimailler. Sy le fais-je pourtant
pour ton honneur
Puisque ay tant fait, il faut remplir la page !
Bien conviendras que c’est un double hommage
Qu’à ton rondeau M…. ma muse rend.
Elle le loue, elle en fait un méchant :
Trouve quelqu’un qui fasse davantage
pour ton honneur


(Transcription réalisée avec le concours de M. Hubert Collin, ancien directeur des archives départementales de Meurthe-et-Moselle)
.


Octobre 2009

Léopold, prince poète

 

Protecteur des Arts, le duc de Lorraine se montre quotidiennement un infatigable travailleur. Pour ses distractions, refrénant (parfois difficilement) son goût pour le jeu, il s'adonne à la poésie et aux Lettres.
Une collection privée lorraine offre un exemple de ses passions littéraires sous la forme d'un rondeau que le souverain a reçu et s'est plu à transcrire tant il a du lui plaire.



 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

Juillet 2009

 

… sur le marché de l’Art

un livre de classe du prince Charles-Alexandre de Lorraine

 

A Lunéville, la formation des fils du duc Léopold ne semble pas avoir été négligée.
Des achats de livres, effectués à l’intention des princes sont régulièrement effectués à Nancy ou à Paris par Valentin Jamerai Duval comme le mentionnent les comptes de l’Hôtel ducal.
Nous savons également que Philippe Vayringe (v. 1684 – 1745), issu d’une famille pauvre de la Meuse, tout d’abord horloger à Nancy avant de devenir mécanicien de S.A.R. puis professeur de physique à l’Académie de Lunéville en 1731, occupe dans l’éducation des princes un rôle déterminant..
Envoyé à Londres en 1721 pour parfaire ses connaissances en algèbre et en géométrie, l’ Archimède lorrain, comme on le désigne parfois, y acquiert une très solide formation. A son retour, il est donc tout naturellement chargé d’enseigner les mathématiques, la physique expérimentale, les sciences aux enfants du couple ducal. Les archives témoignent d’une activité importante et recensent l’acquisition dans la capitale française du matériel nécessaire pour la réalisation de ces fameuses machines qui font la renommée du cabinet de physique installé au château de Lunéville et pour lequel Vayringe fournit encore un tour à tourner et différents ouvrages en 1729 et 1730.

Avant la publication à Lunéville, en 1732, de son Cours de philosophie mécanique et expérimentale par lequel sans être versé dans les mathématiques, on peut comprendre presque tous les phénomènes de la nature, qui ont été découverts par principes géométriques. Le tout démontré par expériences, & par le secours de plusieurs machines mise en jeu, il travaille à un Mémoire des ouvrages que le sieur Vayringe, horloger et mécanicien de S.A.R., a faits pour son service en 1729 et 1730 (Lunéville, médiathèque de l’Orangerie, inv. CGM n°180). Ces travaux reprennent très certainement dans leurs grandes lignes les leçons que Vayringe a dispensées aux jeunes princes lorrains et dont le souvenir se trouve conservé dans un exceptionnel manuscrit intitulé Tome Premier, Leçons de mécanique de Mr Vairinge mécanicien de son Altesse Royalle de Lorraine qui vient de réapparaître sur le marché de l’Art.
Divisé en treize leçons, ce rarissime ouvrage in-12 a été réalisé à Lunéville en 1727. Il est suivi de 30 planches exécutées à la plume et rehaussées de lavis représentant diverses machines et illustrant les démonstrations scientifiques de l’auteur.
Ainsi, la planche n°13 représente une machine conçue à la façon d’une horloge de table reproduisant le mouvement de la terre autour du soleil.

Le texte est réglé et s’étend sur 136 pages dont huit feuillets sont laissés en blanc.

Recouverts de basane brune, les plats portent les armes du prince Charles-Alexandre. Le blason de Lorraine, surmonté d’une simple couronne, est souligné dans un ovale bordé du collier de la Toison d’or. Le manuscrit a donc été relié postérieurement à l’année 1729, date à laquelle le prince est devenu le 668e chevalier de l’Ordre. Ce fer d’or à la bande de gueules chargée de trois alérions d’argent, l’écu timbré d’une couronne à cinq fleurons (dimensions : 5cm ; 4,2 cm) est probablement le plus ancien de ceux qui furent utilisés dans la bibliothèque du prince. Il est notamment utilisé sur une Histoire des révolutions de Pologne publié par l’abbé Desfontaines en 1725.


 

 


 

 

 

 

 


Juillet 2009

 

Quatre miroirs d'époque Régence provenant des collections de la Maison de Lorraine


Dans la préparation de notre ouvrage consacré au mobilier d'apparat des palais lorrains sous le règne du duc Léopold, nous venons de découvrir quatre grandes glaces réalisées à Paris provenant des collections de la Maison héréditaire grâce au bienveillant concours du professeur Enrico Colle.

Une étude approfondie sera consacrée à ces objets dans cette prochaine publication.

 

 


 


Juin 2009

Commode en marqueterie de bois de violette
ouvrant à cinq tiroirs de Louis-Simon Pinson


Provenant du mobilier ducal, cette somptueuse commode a été réalisée vers 1720, sans doute pour le château de Lunéville. Elle est l'oeuvre de l'ébéniste parisien Louis-Simon Pinson, reçu maître avant 1727.

Ce meuble aux bronzes exceptionnels fera l’objet d’une étude détaillée dans le prochain ouvrage que nous préparons sur le mobilier d’apparat des palais lorrains au temps du duc Léopold. Cette publication sera disponible au cours du dernier trimestre de l’année 2009.

 

 

 

 

Mai 2009

Ce bon roy Stanislas qui ne se décide toujours pas à mourir !


Nous sommes en août 1765, peut-être même fin juillet.

L’abbé Jean de Dieu-Raymond de Boisgelin de Cucé avait de l’ambition. Sacré évêque, le troisième dimanche après Pâques de l’année 1765, le 28 avril, il redoute sans doute un peu de devoir quitter la capitale pour prendre possession de son siège de Lavaur, en Languedoc. Ah, si seulement quelque chose pouvait le retenir à la ville, sinon l’occuper dans son exil ou plus encore le faire revenir !

Soudain, un éclair de génie traverse sa pensée. Oui, le motif, il l’a entre aperçu peut-être même avec la complicité d’une femme : le beau-père de Louis XV est à présent un vieux monarque âge de 88 ans. Ses jours sont désormais comptés. La compétition sera rude au sein des prélats admis à fréquenter la cour pour avoir l’honneur de prononcer l’éloge funèbre, la seule qui compte vraiment, celle de Notre-Dame.

Alors, autant se préparer tout de suite.

Et cela tombe bien puisque son amie, Madame Geoffrin dont il fréquente assidûment le royaume, rue Saint-Honoré, pourrait obtenir par le truchement de son fils, Stanislas-Auguste Poniatovski, nouveau successeur du Leszczynski sur le trône de Pologne, des éléments biographiques de première main nécessaires à la construction d’un texte qui devra retracer l’existence d’un homme que le destin a ballotté à travers toute l’Europe.

À peine notre prélat a-t-il déposé, au sortir de la cérémonie, sa crosse et sa mitre qu’il expose à sa protectrice son dessein, la pressant d’intervenir auprès du roi de Pologne.

Madame Geoffrin s’exécute dans une lettre datée du 13 août 1765, dans un style solennel très étranger à celui si familier et affectionné qu’elle utilise ordinairement avec le souverain.

Nous venons de retrouver, dans une collection privée, cette si étonnante correspondance. Nous en donnons ici le texte ainsi que la réponse du souverain expédiée de Varsovie le Ier septembre suivant.

Cet échange épistolaire complètera notre publication faite en 2004, préfacée par le professeur Marc Fumaroli, de l’Académie française.

A Paris, ce 13 aoust 1765

Sire,

Je prends la liberté de demander une grâce à Votre Majesté.

Je me prosterne comme suppliante.

Si Votre Majesté me refuse, je me souméterai sans répliquer

Si elle m’octroiez je me prosternerai de nouveau pour exprimer ma reconnaissance.

Voici de quoi il est question.

Nôtre vieux Stanislasse sans va tout doucement. Une personne considérable dans l’Église qui a pour moi de lamitié, et que j’aime aussi, sera vraysemblablement chargé de faire son oraison funèbre.

Or on voudroit n’être pas pris au dépourvu ; voici donc la faveur que j’ose demander à Votre Majesté. Je la supliee d’ordonner à ces secrétaire de ramasser tout se qui regarde la maison des Leczinski.. et l’historique de son élection et enfin les faits les plus importants de sa vie qui se sont passés en Pologne. Il fauderoit que cette recherche se fit le plus promptement possible.

Voilà mon cœur qui vouderoit jouire des droits que luy donne le titre glorieux dont Votre Majesté m’a honnoré. Je le fais taire en luy disant dans ce moment-ci, il n’est pas question d’amour, il ne faut parler que de respects.

C’est au roi que j’adresse une requête : dans quelques jours, j’embrasserai mon fils.

Réponse de Stanislas-Auguste, roi de Pologne à Madame Geoffrin

Varsovie, ce 1 septembre 1765

Il y a aujourdhui un an que je suis Roy. Eh bien je vous jure, qu’il n’y a de plaisir à l’être, que quand on procure aux gens ce qu’ils desirent plus vite et mieux que d’autres. Je recois votre lettre du 13 Aout ce matin. Tout de suite je mets mes scribes et mes légistes en mouvement, et voilà qu’on m’apporte déjà tout plein de paperasses et de bouquins sur la généalogie et la personne de Stanislas Leszczynski, Roy de Pologne, Duc de Lorraine. Je viens d’ordonner qu’on me fasse de tout cela des extraits français qui vous seront tenus par Louis qui part dans le cours de l’autre semaine. J’y ajouterai quelques anecdotes que je tiens de feu mon père sur ce Prince, de façon que votre ami ne sera point pris au dépourvu, et il m’aura obligation. Je suis très flatté de penser, que je peux être util à quelquun en France. Maman, c’est un plaisir que je vous dois, autant d’ajouté à tant d’autres.

Mon Cœur en est rempli, et mon Esprit s’en souvient sans en être chargé.


 

 




Avril 2009

Paire de rafraîchissoirs en porcelaine à décor polychrome et aux armes du duc Léopold de Lorraine Compagnie des Indes, famille Rose, Vers 1725-1730


Grâce à un éminent conservateur d'une des plus grandes institutions muséales parisiennes, nous avons été avertis de la mise en vente, par les soins de Maître Jean-Marc Delvaux, le mercredi 9 avril 2009, de cette très rare paire de rafraîchissoirs en Compagnie des Indes.
Passée totalement inaperçue dans cette vacation, celle-ci a été adjugée à un collectionneur privé pour la très modique somme de 1000 euros !
Les accidents signalés dans le catalogue ne justifient en rien un prix si modique. Cet ensemble est à ce jour le seul exemplaire connu des commandes passées par le souverain probablement à la Compagnie hollandaise des Indes orientales, créée dès 1602. Du service princier, seule une assiette avait été conservée au musée de Lunéville. Elle a été détruite lors de l'incendie de 2003.
Cet ensemble apparaît donc tout à fait exceptionnel.

Les armoiries ducales ont été probablement peintes d'après une gravure de Jean Michel Papillon réalisées vers la même époque.

Monsieur Fang Yuan He a bien voulu examiner ces vases et nous a communiqué les informations suivantes relatives aux parties latérales qui contiennent des prises zoomorphes à tête de lion de chaque côté :
Sur le front de chaque animal est inscrit le signe "wang" qui caractérise la force du fauve, roi de la création et qui se rapporte bien évidemment au souverain. Un décor floral, constitué de feuilles de bambou et de branches de pin, évoque la longévité souhaitée au destinataire tandis qu'un autre symbole royal, constitué par un ru-yi stylisé complète cette grammaire mise au service de la mystique monarchique.


Le constant discrédit qui est attribué systématiquement à nos travaux par la conservation du château de Lunéville et plus encore par l'association des Amis du château de Lunéville dont nous avons cru devoir démissionner, l'an passé, de notre poste d'administrateur, ne nous a bien évidemment pas incité à signaler cette opportunité à ces deux institutions pour permettre l'enrichissement des collections du palais des ducs de Lorraine. Nous aurions été taxé, une nouvelle fois, par ces précieux historiens et leurs porte-voix, de compromission avec le marché de l'art, de faussaire et de bien d'autres qualificatifs inlassablement rabâchés.

Monsieur Emmanuel Hecre a bien voulu nous communiquer une lettre du comte Louis Beaupré au colonel Henri de Conigliano en date du 26 décembre 1925 mentionnant peut être ces mêmes rafraîchissoirs:

« J’ai quelques remords de m’être laisser entraîner à cette folie de l’achat des cache-pots ! Cependant la joie d’aller les contempler sur ma cheminée de salon calme petit à petit mes scrupules… et je me dis qu’on ne regrette jamais finalement d’avoir acheté une très belle chose même cher ! Ce sont les médiocrités qui ne valent jamais le prix qu’on les paie !
[Georges] Demeufve qui est venu les voir hier, il en a été enthousiasmé – m’a fort complimenté de mon achat et m’a parlé en effet d’une paire d’autres cache-pots, vus naguère à Paris et dont la provenance était en effet attribuée au Prince Charles, et cette attribution s’appuyait sur le fait, que le blason était surmonté de la Couronne de Prince du St Empire : avec calotte cramoisie sous les arceaux, et bandeau relevé d’hermine.
Mais ce n’est pas le cas pour mes cache-pots qui sont timbrés de la « couronne royale fermée » adoptée par Léopold au grand dépit de S[ain]t-Simon, rappelez-vous-le !
Ils ont donc été faits pour le Duc et proviennent indubitablement de son mobilier. Placés au-dessous de son portrait, ils ne peuvent se présenter avec plus d’à propos, nulle part ailleurs !
Demeufve m’a ajouté que la paire vue à paris était estimée 5.000. J’ai payé les miens 4.000. Ce qui est déjà énorme pour moi ! »

 

 

 

 


 

 

Une exceptionnelle tapisserie des ateliers de La Malgrange

vendue à Londres chez Christie's le 6 novembre 2008

par
Nicole de Reyniès, conservateur général du patrimoine

 

Février 2009

Une tapisserie issue d’un atelier de Lorraine est passée en vente le 6 novembre 2008, à Londres chez Christie’s, sous le numéro 581 du catalogue.

Il s’agit d’une pièce d’une qualité exceptionnelle tant par son dessin et son sujet que par ses dimensions et son état de conservation. Cette tapisserie n’a malheureusement été acquise ni par un musée de Lorraine (Nancy, ou Lunéville où cette pièce aurait été particulièrement bienvenue) ni par une autre collection publique française, mais par un marchand.

La scène offre au premier plan une frise de cavaliers dont l’un, somptueusement vêtu, reçoit l’hommage d’un homme non moins élégant mais à pied. Dans le lointain apparaît une ville cernée de remparts située en plaine, entre une rivière et des montagnes. Entre ces plans, circulent des hommes et du matériel militaire.

Comme l’écriteau en latin dans la bordure inférieure le précise , elle figure la Victoire de l’archiduc Joseph à Landau le 10 septembre 1702 sur les Français.

L’archiduc d’Autriche, Joseph (1678-1711), roi de Hongrie en 1687, roi des Romains en 1690, empereur du Saint Empire Romain Germanique (Joseph 1er) en 1705, prit en 1702, avec le Prince Louis 1er, margrave de Bade, général commandant l’armée impériale, la citadelle de Landau (en Allemagne) aux Français , dans le contexte de la guerre de Succession d’Espagne que Joseph menait au profit de son frère Charles . Le gouverneur de la citadelle était le Comte Ezéchiel de Mélac, lieutenant général des armées du Roi de France.

Elle ne porte pas de marque de fabrique, mais son tissage en Lorraine est assuré puisqu’elle porte la même bordure que celle de la célèbre tenture tissée pour Léopold (1679-1729), duc de Lorraine et de Bar, dont les pièces illustrent les Victoires de Charles V , son père (1643-1690), sur les Turcs . Or cette tenture des Victoires a été tissée à Nancy dans l’atelier de Charles Mité, tapissier de la cour du duc depuis 1698. Cet entrepreneur avait recruté pour ce faire nombre de lissiers dont certains ayant reçu une excellente formation aux Gobelins à Paris.

La tenture des Victoires de Charles V ayant été tissée de 1708 à 1718, il est tentant de proposer les mêmes dates pour la Victoire de l’archiduc Joseph. Mais le modèle de bordure pourrait cependant avoir été réutilisé après cette date.

Le dessin de la pièce en vente s’avère très proche de ceux des dix-huit pièces de la tenture des Victoires de Charles V. Or le dessinateur de cette tenture des Victoires est connu : il s’agit de Jean-Baptiste Martin (1659-1735), élève de Adam-François Van der Meulen. Ce dernier travaillait auprès du peintre Charles Lebrun pour établir les maquettes et cartons des tentures destinées à être tissées aux Gobelins à l’usage de Louis XIV. J.B. Martin était spécialisé dans les scènes de batailles et les vues de vastes sites. De nombreuses toiles de cet artiste figurent au château de Versailles, quelques-unes au musée de Marly. Martin fut assisté du peintre Jean Louis Guyon .

A la différence de la tenture des Victoires de Charles V qui porte sur la bordure supérieure les armes de Léopold et de sa femme Elisabeth-Charlotte d’Orléans, cette tapisserie ne porte pas d’armoiries. On ne sait donc qui la commanda. Mais il est évident que le commanditaire ou le destinataire était un personnage de haut rang étant donné le coût d’une telle pièce. La manufacture aurait-elle pris l’initiative du tissage en espérant vendre la pièce à Joseph 1er ? Mais alors elle aurait eu à en commander le dessin au peintre… Ce qui paraît une hypothèse peu probable. Pourquoi la pièce n’offre-t-elle pas d’armoiries ? Ont-elles été supprimées ? Toutes ces questions sont à résoudre.

Il n’en reste pas moins que la qualité du dessin est impressionnante et le tissage d’une grande finesse. L’état de la pièce est également surprenant. Il serait peut-être encore possible d’acquérir cette oeuvre rare, le marchand étant connu sur la place de Paris….

Notons que les tapisseries tissées en Lorraine appartiennent pour la plupart à des collections publiques étrangères (Vienne, Budapest, Saint-Pétersbourg…) et que les occasions d’achat sont rarissimes…


Nicole de Reyniès
Conservateur général du patrimoine h.
le 18 février 2009

 

 

 

 


 

Autel dédié à Hercule Saxanus

 

Février 2009

Le professeur Henri Lavagne d’Ortigues, membre de l’Institut et spécialiste de la gaule gallo-romaine a bien voulu nous signaler l’existence d’un autel antique, dédié à Hercule Saxanus, découvert en 1721 « à une lieue de Pont-à-Mousson, dans une carrière abondante » pour reprendre les propres termes du Mercure de France du 17 avril 1721.
Envoyé à Louis XV par le duc Léopold, cet autel, provenant du village de Norroy qui domine la vallée de la Moselle, fut envoyé augmenter les collections de la bibliothèque royale. Par un décret impérial en date du 2 juillet 1862, la bibliothèque impériale en fit le dépôt au Musée des Antiquités de Saint-Germain en Laye (Inv. 1219), où il se trouve toujours actuellement.

Sur la face antérieure principale on peut lire l’inscription suivante :

I(ovi) o(ptimo) M(aximo) ET HER
CVLI SAXA(no)
SACRVM
P(ublicvs) TALPIDIVS
CLEMENS (centvrio)
LEG(ionis) VIII AVG(vstae)
CVM MIL(itibvs) LEG(ionis) EIVS
V(otvm) S(olvit) L(ibens) L(aetvs) M(erito)

Sur la face latérale droite est sculptée une massue. Le village de Norroy a livré deux autres découvertes similaires, dont l’une est conservée au Musée du Cinquantenaire à Bruxelles.

 

 

 

 


Une nouvelle table-console réalisée pour le
duc Léopold


Septembre-octobre 2008

Provenances :

Château de Lunéville.

Angleterre, collection privée.

En cours d'étude.

Des clichés de meilleure qualité sont en cours de réalisation et seront bientôt visibles dans la partie réservée à nos invités.

 

 

 

 

La Vie du Christ de Ludolphe Le Chartreux

Second volume peint pour la duchesse Philippe de Gueldres

 

septembre 2008

 

 

 

2 400 000 euros, prix d’un exceptionnel chef d’œuvre du patrimoine lorrain !

Alors que se déroulaient les Journées du patrimoine qui viennent de connaître un nouveau succès à travers toute la France, dans l’une des galeries aménagées sous la voûte du Grand-Palais à l’occasion de la Biennale des Antiquaires, était présenté un somptueux manuscrit à peintures provenant des collections de la Maison de Lorraine, réalisé pour la duchesse Philippe de Gueldres (1462 ? – 1547), épouse du duc René II.

Réalisé sur vélin entre 1506-1508, l’ouvrage présenté (333 feuillets ; 355 x 250 mm) est un exemplaire de la Vie du Christ de Ludolphe de Saxe dit le Chartreux, illustré de 81 miniatures ornant le début de chaque chapitre auxquelles s’ajoutent deux plus grandes enluminures qui recouvrent trois quarts de page, placées en frontispice des deux parties III et IV qui constituent le volume. Œuvres du maître de la Chronique Scandaleuse, la première d’entre elles représente le Christ au milieu des apôtres prêchant, sous une loggia, aux docteurs de la Loi. La scène s’inscrit dans une bordure d’architecture feinte où s’inscrivent, dans le bas et au centre, les pleines armes de Lorraine supportées par deux anges, attestant ainsi une réalisation antérieure à la mot du duc René II, en 1508. De chaque côté, sur des pilastres, le peintre a fait figurer le chiffre PR (pour Philippa Regina) peint à l’or sur fond pourpre s’alternant avec deux autres motifs symboliques : tantôt des chardons de Nancy, tantôt des grenades, peints tous deux sur fond bleu.

Pour avoir présenté à Paris, en 1994, dans l’exposition Beauté et Pauvreté, l’Art chez les clarisses de France, un manuscrit similaire provenant également des collections de Philippe de Gueldres, conservé aujourd’hui à la bibliothèque municipale de Lyon (ms 5125 ; 333 feuillets, 355 x 245 mm) ce merveilleux frontispice attira immédiatement notre attention. En fait, au Grand-Palais, à l’occasion de la Biennale, réapparaissait le second volume d’une composition magistrale dont le manuscrit de Lyon constitue la première partie et dont l’histoire peut ainsi se résumer.

Fille d’Adolphe d’Egmont, duc de Gueldres et de Catherine de Bourbon, Philippe de Gueldres épouse en 1485 René d’Anjou, roi de Sicile et de Jérusalem, duc de Lorraine et de Bar. Les chroniques de l’époque et son biographe la dépeignent « de stature grande, belle et moult droite, ayant la face belle et plaisante ; de couleur très blanche et vermeil, le front haut et les yeux beaux et verds. Le nez assez long, la bouche petite et moult belle (sic) ».
Devenue veuve le 10 décembre 1508, après avoir mis au monde douze enfants dont sept moururent en bas âge, la duchesse douairière s’employa à donner à ses fils, Antoine et Claude, la meilleure éducation tout en se chargeant du gouvernement des duchés.
Onze ans plus tard, la vertueuse princesse jugeant son fils Antoine apte à tenir désormais le sceptre lorrain, voulut se retirer du monde en prenant le voile au monastère des clarisses de Pont-à-Mousson dont son époux avait été un constant protecteur.
Par un testament en date du 20 octobre 1520, elle léguait ses innombrables richesses tant en meubles, vaisselle d’argent, tapisseries de laine entre ses fils.

A son entrée au monastère, dans les premiers jours de décembre 1519, faisant vœu d’une pauvreté absolue, elle donna un Passionnaire réalisé pour elle vers 1515 par le maître du Songe du Pastourel comme en atteste une note autographe apposée sur le plat inférieur de la reliure d’origine : « je voy prie mes bonnes mères et sœurs de ne james oublier en vos devotes prieres sete povre pescheres devant notre Bon Dieu quy pour elle a soufert dure mort et passyon dont en ce livre et fet mensyon, lequel par obediense donne a la sant et devote communauté la povre et indigne religieuse seur Phe de Gheldres ». Par chance, ce précieux dépôt que nous avions pu également exposer en 1994, est, de nos jours encore, toujours conservé dans un des monastères français de cet Ordre.

Les deux volumes de la Vie du Christ ont très certainement été offerts au monastère de Pont-à-Mousson comme le Passionnaire de la duchesse au moment de son entrée en religion. Dans le cas contraire, en effet, on peut supposer qu’à l’instar d’un autre manuscrit précieux, Le Songe du Pastourel, unique exemplaire connu du poème allégorique de Jean Prieur, confectionné à la même époque à la demande du duc Antoine sans doute par Hugues de La Faye (qui travailla au décor mural de la Galerie des Cerfs du palais ducal), ils seraient restés dans les armaria de la bibliothèque ducale et expédiés à Vienne, sous le règne de François III en 1737, où se retrouve, dans les collections de la bibliothèque nationale autrichienne, le poème de Jean Prieur ( codex 2556).

Lors de la Révolution française, les religieuses ne purent sauver la totalité de ces insignes souvenirs de l’histoire régionale. Les deux volumes de Ludolphe le Chartreux furent ainsi séparés et connurent une existence distincte.

Le premier volume fut présenté, en 1844, par son propriétaire d’alors, François-Nicolas Maire, habitant le village de Maidières, au secrétariat de l’évêché de Nancy en vue de son acquisition. L’offre ayant été déclinée, il fut proposé au cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, qui était intervenu, lorsqu’il était évêque du Puy, auprès des clarisses de cette ville afin de protéger de tout vandalisme le psautier dit de sainte Colette que possédait le monastère. En 1845, ce premier tome de la Vie du Christ fut déposé à la bibliothèque de l’archevêché. Confisqué en 1905, il se trouve aujourd’hui à la bibliothèque municipale de Lyon (ms 5125).

En juin 1896, le second volume fit sa réapparition. Il était la propriété d’Élise Gagnier domiciliée à Charey (Meurthe-et-Moselle) et fut acquis par un bibliophile anglais, Henry Yates Thompson. L’ouvrage figure au numéro 39 de son catalogue. La bibliothèque de ce collectionneur fut dispersée à Londres, le 3 juin 1919 (lot n° 10). La Vie du Christ revint alors à Paris pour être mis en vente, en 1926, par la librairie Théophile Belin. Elle fut acquise par la suite par un collectionneur privé suisse.

Témoignage des fastes de la cour Lorraine sous le règne du roi René II et du luxe déployé pour Dieu, qui cent ans plus tard ne faisait pas non plus rougir saint Vincent de Paul, ce précieux ouvrage de Ludolphe le Chartreux cherche un nouvel asile. S’il est peu probable qu’il puisse revenir prochainement à Nancy, regrettons qu’à deux reprises, au XIXe siècle, l’occasion n’ait pas été saisie de conserver ces deux ouvrages chers à la duchesse de Philippe de Gueldres qui pour toute épitaphe composa cette sentence :

Cy gist ung ver, tout en pourriture,
Rendant à mort le tribut de nature,
Sœur Philippe de Gueldres, fust royne du passé.
Terre son toît, pour toute couverture.
C’est la maison de toute créature.
Sœurs, dites-lui : Resquiescat in pace.

 

 

 

 


 

 

Une console d'applique en bois doré provenant du

mobilier de la Maison de Lorraine

 

 

Juillet 2008

Provenances :

Château de Commercy,

Anciennes collections Lefèvre et Serge Guérin.

(Vue complète dans l'espace réservé à nos invités)

 


Une console d’applique en bois doré appartenant au mobilier de Lorraine
Dans une collection privée parisienne figure une intéressante console murale d’applique, en bois doré, remontant au premier quart du XVIIIe siècle, provenant probablement, comme nous allons le constater, des prestigieuses collections de la Maison héréditaire de Lorraine.

On sait combien les arts décoratifs exploitèrent, au profit des commandes du duc Léopold, toute la symbolique du langage héraldique et symbolique de la Maison de Gérard d’Alsace pour inspirer, non seulement, la sculpture monumentale qui orne frontons et garde-corps des façades du château de Lunéville mais également pour contribuer à l’élaboration d’un mobilier qui devait être en complète adéquation avec un tel programme décoratif abondamment décliné. Croix de Lorraine, alérions menaçants, trophées d’arme, palmes, lauriers, sphinges, chiffres enlacés au double L furent dispensés à profusion.

L’architecte Germain Boffrand (1667 – 1754) livra non seulement les plans de la résidence ducale mais fournit également des projets pour l’ameublement. Certains d’entre eux, découverts par Bruno Pons voici plus d’une vingtaine d’années, représentent des esquisses de tables consoles et nous avons eu l’heure de découvrir, en collection privée, un grand projet de guéridon porte torchère destiné au deuxième cabinet du duc Léopold (fig 1). Travaillant également pour l’agence de Jules-Hardoin Mansart, Boffrand apparut, sous la Régence, comme un architecte décorateur incontournable ; aussi est-ce bien naturel de le voir travailler sur le chantier de Lunéville pour le compte d’un prince, gendre de Monsieur, frère du Roi.

fig 1

De ce petit ensemble de dessins préparatoires constituant quatre propositions destinées à être soumises au commanditaire pour la réalisation du mobilier ducal, on constatera aisément combien la représentation de l’alérion lorrain est un élément décoratif majeur dans la composition du décor. Constituant en quelque sorte une « marque de fabrique », l’auteur de ces esquisses, se plaît à accentuer les traits de cet animal chimérique pour lui conférer un air menaçant et dominateur : l’arcade de l’œil est très enfoncée, le bec très accentué (fig 2).

fig 2


La console d’applique que nous avons retrouvée mesure en hauteur 37,3 cm. Elle se compose tout d’abord d’une terrasse festonnée par de petits lambrequins (33,7 cm x 16,3 cm) qui repose sur la volute d’une console frontale inférieure, ornée, sur la partie inférieure de son jambage, d’une fleur d’acanthe. Cet élément galbé vient ensuite mourir pour rejoindre le dos du meuble. A cet endroit, convergent les deux autres contrecourbes latérales qui délimitent la forme mouvementée du support dorsal. Ces trois éléments ouvragés se noient dans une large agrafe qui se termine par une chute de fleurs au centre de laquelle est mis en relief un élégant héliotrope (tournesol), emblème du soleil et de la monarchie louisquatorzième.
De chaque côté de la partie dorsale qui sert d’appui mural à la console, sont figurées, jusqu’au col, deux têtes d’alérions qui tiennent dans leur bec entrouvert une guirlande de fleur et de feuillage. Ce double morceau de sculpture renvoie très singulièrement aux études préparatoires dont nous avons parlé plus haut. Ils sont traités avec une nervosité similaire et avec beaucoup de mouvement.

Cette console se trouvait récemment encore dans les collections d’une vieille famille nancéienne qui conserve toujours un inventaire mobilier rédigé vers 1880 mentionnant : quatre sellettes en bois doré représentant des aigles, achetées par l’oncle … à M. Lefèvre.

Ce personnage ne serait-il pas le fameux directeur de la Caisse d’Epargne et du Mont de piété de Nancy qui organisa , à la fin de la première moitié du XIXe siècle, la vente du mobilier qui subsistait toujours dans le château de Commercy ?
La richesse décorative de notre console, l’emploi de symboles aussi représentatifs que les alérions ou l’héliotrope, laissent supposer l’origine du commanditaire surtout si l’on se souvient que la duchesse Élisabeht-Charlotte déménagea à Commercy en 1737 avec le mobilier de tout son appartement de Lunéville. En comparant l’architecture et les motifs de cette console avec le vocabulaire décoratif utilisé dans le projet de guéridon porte-torchère mentionné ci-dessus dont on sait avec certitude qu’il a été réalisé pour le duc Léopold, les références sont frappantes. On retrouve, en effet, les deux mêmes têtes d’aigle qui donnent naissance à un large élément concave ; le motif du lambrequin est pareillement repris ; la sculpture est grassement travaillée.
Les archives départementales de Meurthe-et-Moselle indiquent à plusieurs reprises la livraison de petites consoles d’applique qui devaient être destinées à présenter quelques-unes des plus belles porcelaines de Chine que les grands aristocrates du début du XVIIIe siècle achetaient presque compulsivement à chaque arrivée d’un bateau de la Compagnie des Indes dans les ports hollandais.

Faisant au minimum partie d’une série composée de quatre éléments, cette importante console d’applique renvoie manifestement aux différentes conclusions que nous avons exposées dans nos diverses études publiées sur le mobilier de la Maison héréditaire au château de Lunéville ou les diverses résidences ducales.

 

 

 


 

 

Probable localisation du tapis Aux quatres coquilles provenant

de la salle du Trône du château de Lunéville, acheté par le roi Stanislas

en 1737 au Garde-Meuble de la Couronne

 

 

Juin 2008

Provenances :

Collection privée.

Etude en cours.

(Vue complète dans l'espace réservé à nos invités).

 

 

 

 

 

 

 

Janvier 2008

La guitare d'Elisabeth-Charlotte de Lorraine

 

Réalisée à Paris en 1692 par Jean Voboam, cet instrument de musique accompagné de sa gaine en cuir armorié figurait dans l'une des grandes collections privées de la capitale.

Depuis 1960, ces deux objets ne sont malheureusement plus localisés.

Dans les années 1770-1780, une vogue mondaine fait de la guitare un accéssoire obligé des gravures de mode et un symbole galant.

La carrière des Voboam s'inscrit très exactement dans ce "siècle" de la guitare.

A côté de son père René et son frère Alexandre, Jean Voboam est l'un des facteurs les plus réputés et les plus productifs de l'époque.

Après plusieurs années d’investigation, la guitare d’ Élisabeth-Charlotte a été localisée dans une collection privée.
Une campagne photographie est prévue le lundi 11 avril en collaboration avec Madame Florence Gétreau, spécialiste de la lutherie parisienne au XVIIIe siècle et directeur de recherches au CNRS ainsi qu’en présence M. Joël Dugot, conservateur au Musée de la Musique.
Cet instrument, inconnu des spécialistes jusqu’à ce jour, présente un intérêt tout particulier. Dans le domaine de l’histoire de l’art, cette guitare s’apparente à celle réalisée pour Mademoiselle de Blois, fille légitimée de Louis XIV, qui épouse en 1692 le duc de Chartres, futur Régent.

Voir l'article publié dans la revue l'Estampille, l'Objet d'art numéro 449 du mois de septembre 2009.