Avril 2013
Une tasse du service en
porcelaine de Saxe de la reine Marie Leszczysnka
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En
découvrant sur le marché de l'art une tasse appartenant
au service offert par Maurice de Saxe à la reine Marie
Leszczysnka, le professeur Raymond Laugier vient de consacrer
une étude de 40 pages sur ce présent royal en
cherchant à localiser l'ensemble des 9 pièces
qui subsistent aujourd'hui de ce service. Il est possible de
se procurer un exemplaire de ce travail en écrivant à
l'auteur par le biais de notre association.
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Avril 2013
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François
Aubert, "armurier de S.A.R." puis "armurier de
S.A.R. le Grand Duc de Toscane" était actif à
Lunéville où il décède le 1er avril
1741.
On connait quelques-unes de ses productions réalisées
pour le duc Léopold, son fils et successeur François
III ou encore Charles-Alexandre de Lorraine.
Son fils Jean-François, marié avec Christine Georges,
reprend l'activité familiale au décès de
son père. Lui même aura un fils, Joseph, qui, devenu
avocat, résidera également à Lunéville.
Une collection privée
conserve un briquet à silex réalisé par
François Aubert qui témoigne une fois encore de
la qualité de la production lunévilloise, dont
la renommée dépassait le seul cadre des états
lorrains.
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Mars 2013
Provenant des collections
du roi de Pologne
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Manufacture
royale des Gobelins
Portrait du roi Stanislas
tissé par Audran
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Les
commentaires historiques relatifs à cette oeuvre seront
publiés en 2014 dans un ouvrage plus général
sur la manufacture royale. |

Mars 2013
Une somptueuse reliure aux armes
du duc Léopold
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La plupart des ouvrages qui appartenaient
aux diverses bibliothèques aménagées
par le duc Léopold dans ses résidences lorraines
est aujourd'hui conservée, on le sait, à Florence.
Le vendredi 8 mars dernier, la maison de vente aux enchères
Alde proposait un ouvrage de Jean-Baptiste Masson , "Calculs
d'usage, pour trouver promptement les pods et les mesures
suivant leurs prix depuis un denier jusqu'à mil livres...."
imprimé à Paris, en 1711.
Ce volume est relié dans une superbe reliure In-8 en
maroquin rouge aux armes du duc Léopold encadrées
d'une large dentelle aux fers à l'oiseau. La composition
générale du motif central ornant les plats peut
être rapprochée de celle qui orne le "Roland,
tragédie remise au théâtre par l'Académie
royale de Musique, le mardy, 15 décembre 1716"
qui appartenait à la duchesse Elisabeth-Charlotte et
que nous avons reproduit p. 265 de notre ouvrage "Charles-Alexandre
de Lorraine, un prince en sa maison". Ces deux exemplaires
ont donc probablement été reliés par
le même relieur parisien. Le "Roland" est
très probablement entré dans la bibliothèque
de la duchesse de Lorraine à l'issue de la représentation
donnée le 6 mars 1717 au Palais-Royal, en présence
des souverains lorrains en séjour à Paris.
Estimé entre 4000 et 5000 euros, l'ouvrage n'a pas
trouvé preneur lors de la vente, mais il vient d'être
acquis par un heureux collectionneur privé.




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Février
2013
Une école de Charité
pour filles fondée à Croismare en 1763
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A la fin de l'année
2011, puis durant les premières semaines de l'année
passée, nous avons eu l'heure de pouvoir retrouver une
cinquantaine de pièces relatives à l'illustre
famille de Humbert de Girecourt provenant pour l'essentiel du
chartrier du château de Girecourt-sur-Durbion (88).
Cet ensemble présentait un caractère véritablement
exceptionnel puisqu'un autodafé réalisé
à Plombières aux premières heures de la
Révolution avait, en principe, réduit en cendres
la totalité de ces chartes, considérées
alors comme autant de monuments élevés à
la gloire d'une féodalité honnie et définitivement
abolie. Par chance, les pièces retrouvées, dont
la plupart avait conservé leur sceaux de cire, ont regagné
la propriété familiale lorraine où elles
avaient été soigneusement conservées depuis
le XVIIe siècle.
C'est dans les environs de Perpignan qu'il vient d'être
possible à présent de retrouver près
de 25 pièces d'archives se rapportant à l'école
de Charité pour filles fondée à Croismare
(antérieurement Haudonviller puis Craon) vers 1763
par le curé de la paroisse Jean-Dominique Brazy. Parmi
les documents figurent les lettres patentes de confirmation
de l'école données par le roi Stanislas à
Lunéville le 18 novembre 1765.
Jusqu'à présent, l'existence de cette école
était inconnue sur la commune. L'ouvrage consacré
à cette localité par Melle Catherine Guyon en
2007 n'y fait nulle référence.
En effet, les sources que nous venons de retrouver semblent
sinon complètes de première main. Elles constituent
un dossier échelonné sur plus d'un siècle
(1710-1826) rassemblant actes notariés, testaments,
lettres patentes etc...
Cet ensemble offre encore un intérêt supplémentaire.
Il est trés représentatif de l'importance donnée
à l'instruction des populations villageoises dans la
Lorraine ducale. Cet enseignement est dispensé également
aux filles et même aux "pauvres indigens".
Les curés entourés de bienfaiteurs y consacrent
leurs économies et les émoluments qu'ils perçoivent
de leurs ouailles sans attendre nécessairement de providentielles
prébendes octroyées par les grands ou les souverains.
Acquis sur le marché de l'art, ces documents d'intérêt
public auraient tout naturellement leur place dans un fonds
d'archives du Lunévillois. Toutefois les dons proposés
par l'Association aux institutions locales étant systématiquement
refusés, leur dépôt est envisagé
dans un fonds privé.





Etablissement d’une école
de Charité pour filles à Croismare
fondée vers 1763 par
Jean-Dominique Brazy,
prêtre et curé de Craon
Liste non-exaustives des pièces
retrouvées:
- Haudonviller, 29 décembre
1708 : testament de Pierre La Val et de Catherine Jennat établissant
50 # de rente pour des messes.
- 9 mai 1710 : « Epithaphe de l’église
de Craon, à la mémoire de Jean Philippe (1690-1710)
curé de ce lieu ».
- Craon, 12 septembre 1716 : « Assencement rachetable
pour Isaac de Saintive (1710-1721), prestre et curé
de Craon ».
- Craon, 25 août 1725 : « Assensement au profit
de Dieudonné Channau, procureur d’office du marquis
de Craon de Messire Jacques-Henry de Lorraine ».
- Lunéville, 26 avril 1747 : fondation d’une
messe annuelle de Requiem au profit de l’église
ou curé de Craon par Toussaint Drouot, cy-devant amodiateur
à Frauville.
- Lunéville, 1 avril 1750 : « Constitution de
rente de 75 # pour le sieur Dominique Brazy (1721-1756), prestre
et curé de Craon par Anne Adrian, femme de Jean Mosnin,
laboureur ».
- Lunéville, 16 décembre 1754 : testament de
Thérèse Huguenin, veuve de François Lecomte
résidant à Craön établissant une
rente de 12 # pour la fondation d’une messe de Requiem.
- Lunéville, 5 mars 1757 : « constitution d’une
rente annuelle de 80 # au profit de Dominique Brazy, prêtre
et curé de Craon par Claude Houasse, fermier de la
cens de la Maison Rouge, près Craon et Marguerite Jean-Pierre
sa femme, Dominique Jean-Pierre, tailleur d’habit demeurant
à Einville, caution solidaire ».
-Lunéville, 29 juillet 1761 : « Acquest pour
François Gauché, aubergiste et menuisier à
Craon et pour Anne Collin sa femme contre Dieudonné
Chanot, procureur fiscal de la prévôté
et marquisat de Craon ».
Nancy, 17 mars 1763 : réponse de l’avocat André
au mémoire relatif aux héritiers de Sr Jean-philippe
, curé de Craon pour l’exécution de son
testament.
- Craon, 27 avril 1763 : divers titres relatifs à l’école
de Charité des filles de Croismare (Partages et divisions
des biens, immeubles provenant des successions de défuntes
Elisabeth, dame Aubertin, Reyne Aubertin, veuve de Dominique
Gergonne etc… ; Acquest pour Nicolas Gergonne, fermier
de la ferme de la Rappe du Sieur Joseh Drouin, marchand bourgeois
de Lunéville ; constitution de rente au profit de l’école
par Jean Charpantier, laboureur demeurant à Bonviller
et sa femme Anne Provin (25 juin 1767) ; constitution de 75
# de rente au profit de l’école par Joseph Charpentier,
boulanger à Marainviller (18 septembre 1776) ; constitution
de rente de 60 # pour l’école par Jean Charpentier,
laboureur à Bonviller et Anne Provin et François
Denis, maître Boulanger de Lunéville et Margueritte
Haudot).
- Lunéville, 26 décembre 1764 : Extrait des
registres du Conseil d’Etat de Lorraine. Etablissement
d’une sœur maîtresse à Craon.
- Lunéville, le 18 novembre 1765 : lettres patentes
du roi Stanislas portant sur la confirmation de fondation
d’une école de Charité à Craon
(signature autographe du souverain, contre signé de
Renault d’Ubexy et Durival).
Stanislas, par la grâce de Dieu, roi de Pologne etc…
Me Dominique Brazy, prêtre et curé de Craon,
Nous a très humblement fait représenter qu’en
vertu de l’arrêt rendu en notre Conseil d’Etat,
le vingt-six décembre mil sept cent soixante-quatre,
par lequel nous lui avons permis d’établir et
fonder une Ecole de Charité de filles dans la paroisse
dudit lieu, il aurait par acte du sept juin dernier, reçu
par Levêque, notaire et tabellion au Bailliage de Lunéville,
cédé et abbandonné deux capitaux qui
lui étoient dûs, l’un de quinze cent livres,
par Claude Houasse et l’autre de seize cent livres par
Jean Monin, suivant les dattes des contracts rappelées
par le susdit acte, pour former une rente annuelle et perpétuelle
de cent cinquante cinq livres, de laquelle il en a affecté
cent cinquante à la Sœur maîtresse pour
son entretien et les cinq livres excédant être
par elle employé pour le bien de ladite fondation,
ou en faveur des pauvres laissant cette disposition à
sa conscience, et en outre il a fait cession pour tant et
si longtemps que durera ledit établissement, d’une
maison avec le jardin au derrière situé audit
Craon, rue de Latre près l’église entre
un usuaire de ville d’une part, et Nicolas Aubertin
d’autre, acquettée par l’exposant de Nicolas
Gergonne, par contrat du huit may dernier, pour servir d’Ecole
et de logement à la Sœur maîtresse ; le
tout aux clauses, charges et conditions portées par
le susdit acte de fondation , lesquelles auroient été
acceptées par Geneviève Godefroy de la Congrégation
des Sœurs maîtresses d’Ecoles, établies
sous l’autorité de l’Ordinaire à
Toul par autre acte au bas du vingt-cinq octobre aussi dernier,
ensuite de l’agréement dudit mais encore l’amortissement
des fonds par lui cédés pour le maintien de
sa fondation avec remise de finance et pour y jouir par la
dite sœur maîtresse de tous les autres avantages,
privilèges et immunités attribués à
pareils Etablissements, suivant qu’il est ennoncé
par le susdit arrêt de notre Conseil du vingt-six Décembre
mil sept cent soixante-quatre (…) à quoy, inclinant
favorablement et voulant contribuer autant qu’il est
en nous au maintien d’un Etablissement aussi pieux qu’avantageux
aux habitans de la paroisse dudit Craon, à ces causes
et autres à ce nous mouvant, de notre grâce spéciale
(…) nous avons loué, aggrée, approuvé
et confirmé, louons, agréons, aprouvons et confirmons
par ces présentes l’Etablissement et fondation
d’une Ecole de Charité de filles en la paroisse
dudit Craon faite par l’exposant. Voulons, entendons
et nous plait qu’elle porte son plein et entier effet,
suivant la teneure des clauses et conditions contenues dans
les actes dont les expéditions dans un seul cahier,
sont ci-jointes et attachées sous le contrescel de
notre chancellerie, et de notre plus ample grâce, nous
avons amorties et amortissons dez à présent
et pour toujours les fonds donnés par l’exposant
pour l’entretien d’icelle, pour à la sœur
maîtresse et ses successerises, en jouir aux mêmes
droits, privilèges, franchises et exécutions,
dont jouissent, peuvent et doivent jouir les possesseurs de
biens amortis et dédiés à Dieu, sans
qu’elles puissent être tenues de nous payer n’y
à nos successeurs aucun droit d’amortissement
ni nouvel acquêt auxquels nous avons fait et faisons
don et remise conformément à l’article
huit de notre Déclaration du douze juin mil sept cent
quarante-huit, à charge néanmoins que les revenus
seront à perpétuité employés au
soutien de ladite Ecole et non autrement, à l’effet
de quoy Nous avons, en tant que besoin seroit, dérogé
et dérogeons aux dispositions de notre Edit du mois
de septembre mil sept cent cinquante-neuf, à charge
de s’y conformer en autre cas, et sauf nos autres droits
et ceux d’autruy…
Signé Stanislas Roy
-Lunéville, 23 décembre
1765 : enregistrement à la Chambre des Comptes de Lorraine
« de la fondation d’une école de Charité
dans la paroisse de Craon ».
-Lunéville, le 27 Janvier 1777 : lettres patentes de
Louis XVI en faveur de François Gauché, menuisier
et aubergiste de Croismare (timbre sec).
- Lunéville, le 18 décembre 1786 : reconnaissance
par Barthelémy Guibal d’une dette de 1500# envers
Catherine Marchal, veuve de Joseph Charpentier, boulanger
et aubergiste à Marainviller, titre constitutif de
la rente annuelle et perpétuelle de 75 # établie
au profit de l’école fondée à Croismare.
- Lunéville, 15 février 1815 : « Acquet
au profit deu Sieur Jean Ray, propriétaire à
Lunéville sur le sieur Jean Humbert, charpentier à
Haudonviller.
- Haudonviller, 25 juin 1816, extrait du registre de Délibérations
de la commune de Haudonviller portant sur les indemnités
versées pour « l’instruction gratuite donnée
au élèves indigens ».
- Croismare : 1er septembre 1825 : certificat de Joseph Bailly,
maire de la commune relatif à la cession de la maison
habitée par l’instituteur afin d’y établir
la salle d’école.
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Janvier 2013
Lunéville, château
des Lumières?
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Afin
d’aider à répondre à cette interrogation,
voici un témoignage irréfragable à verser
dans le débat, sans doute un des plus importants. Il
s’agit de vers inédits à ce jour, écrits
par le plus farouche des opposants « aux Lumières
», Jean Fréron, immortalisé par la célèbre
épigramme composée par Voltaire, son plus grand
ennemi, pour le ridiculiser : « L’autre jour, au
fond d’un vallon, / Un serpent piqua Jean Fréron
: / Que pensez-vous qu’il arriva ?/ Ce fut le serpent
qui creva ! » Cette brève pièce en vers,
que nous venons de retrouver, écrite par l’ancien
jésuite, directeur de l’Année littéraire
de 1754 à 1776, est donc composée par Fréron
à la gloire de l’un de ses protecteurs …
Stanislas Leszczynski :
« Imitation en vers François des deux
vers latins composés pour être mis au bas du
portrait du roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar : «
Sceptra dedit virtus : rapit fortuna ; / Superstes fortunam
subigit, prolemque coronat. » La vertu le mit sur le
trône : / Le sort l’en a précipité
: / la vertu, que sa chute étonne, / Le venge du sort
irrité ; / Et sa main pour toujours couronne/ Son heureuse
prospérité ».
La farce composée en 1755 à l’occasion
de l’inauguration de la Place royale par le nancéien
Palissot, farouche opposant à la « secte philosophique
», à la demande de Stanislas pour se moquer de
Jean-Jacques Rousseau, l’amitié prolongée
du roi de Pologne avec la marquise de la Ferté-Imbault,
ambassadeur infatigable à la Cour comme à la
Ville des anti-philosophes et enfin l’éloge composé
par Fréron ne mettraient-ils pas définitivement
à mal la périlleuse construction élaborée
pour le compte du Conseil général de Meurthe-et-Moselle,
faisant du Lunéville de Stanislas le haut-lieu de la
pensée philosophique et un temple travaillant au renversement
de l’Ancien Régime !
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Décembre
2012
Lettres de noblesse de Jean-Jacques
Baligand
octroyées par Stanislas
Leszczynski, le 6 septembre 1756
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Le
document se présente sous la forme d'un manuscrit in-plano
(75 cm x 60 cm) sur vélin scellé avec un sceau
de cire jaune aux armes du roi de Pologne et lacs de soie noire
et fils d'or.
La pièce est contresignée et entérinée
par la Chambre des Comptes de Lorraine le 5 janvier 1756.
Le diplôme est ornée d'une superbe miniature représentant
les armes du souverain.
Le document est mis en
vente à la bibrairie Bonnefoi 1-3, rue de Médicis
75006 - Paris. (01 46 33 57 22).
Prix demandé
: 5 000 euros.
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Décembre
2012
Stanislas Leszczynski, chevalier
palmier du Saint-Sépulcre
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Non, le titre
de "chevalier palmier du Saint-Sépulcre"
n'est pas le propos d'une royale fantaisie conçue par
le roi de Pologne en vue de divertir son entourage.
Une "vénérable et dévote archiconfrairie
royale du Saint-Sépulcre", a été
instituée en 1254 par le roi Saint-Louis pour regrouper,
dans la défense des intérêts du Saint-Sépulcre
de Jérusalem, les personnalités les plus éminentes
du royaume de France. Protégée depuis par tous
les souverains successifs, la pieuse association retrouve
une nouvelle vigueur, sous le règne de Louis XV, en
1720.
De cette époque remonte le somptueux Registre des réceptions
et enregistremens de la famille royale relié aux armes
du roi par les soins de l'atelier de Pasdeloup.
Conservé dans une collection privée, le document
offre une impressionnante réunion des plus grands noms
de France de 1720 jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
Le registre s'ouvre par la réception de la reine Marie
Leszczynska. Au feuillet suivant, est mentionnée la
réception de Stanislas Leszczynski, le 31 mars 1737,
sans doute la veille de son départ pour la Lorraine.
De surcroît, le souverain s'acquitte d'une somme de
24 livres correspondant au droit d'enregistrement. Mais quelques
années auparavant, peut-être en juillet 1733,
juste avant de quitter la France pour partir cette fois secrètement
à Varsovie, Stanislas avait écrit à l'archiconfrérie
pour faire part de son désir de compter parmi ses membres
et en lui adressant 10 louis d'or. On le voit, à la
croisée des chemins, le monarque semble se tourner
vers le Saint-Sépulcre pour y solliciter quelques grâces
!
Ainsi s'amenuise un peu plus l'hypothèse de l'appartenance
maçonnique de notre roi si débonnaire !
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Novembre 2012
De la bibliothèque
du roi de Pologne
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BRETEZ, Louis/
TURGOT
Plan de Paris commencé l'année 1734, Dessiné
et gravé sous les ordres de Messire Michel Etienne
Turgot, prévost des marchands. Paris, 1739. In-folio;
maroquin rouge, dos à nerfs fleurdelisé, roulettes
et dentelle du Louvre encadrant les plats, armoiries au centre
de Stanislas Leszczynski roi de Pologne, duc de Lorraine et
Barrois, répétées dans les angles, coupes
filetées or, dentelle intérieure, doublures
et gardes de soie moirée rose, tranches dorées
(Reliure de l'époque). Mors en partie fendus, coins
et coiffes frottés, plats légèrement
frottés avec mouillures, 2 traces circulaires d'enfoncement
sur le premier plat. Deux déchirures sur 8 et 10 cm
affectant les pl. 18 et 19. Premier tirage du plan dit de
Turgot. Il se compose d'un plan d'assemblage au trait, et
de 20 superbes planches doubles gravées en taille-douce,
montées sur onglets. Les planches 18 et 19 réunies
en une seule dépliante. Plan en "perspective cavalière"
levé et dessiné par Louis Bretez, gravé
par Claude Lucas et écrit par Aubin. Le plan de Bretez
correspond aux objectifs de Turgot, il s'agit d'une représentation
théâtrale pour promouvoir la ville de Paris et
son image. C'est une opération de propagande, à
la gloire de la ville capitale du royaume et du prévôt
des marchands qui vient encore d'en accroître à
la fois l'étendue et l'éclat. Exemplaire en
maroquin attribuable à Padeloup, aux armes de Stanislas
Leszczynski roi de Pologne, duc de Lorraine et Barrois. With
the coat of Arms of Stanislaus Leszczynski as lifelong King
of Poland, Duke of Lorraine and Barrois. - Jean Boutier, Les
plans de Paris, 219
Estimé à 12 000
euros, l'ouvrage a été adjugé pour la
somme de 15 000 euros.
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Octobre 2012
Un nouveau portrait de Charles-Alexandre
de Lorraine
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Le 9 octobre 2012, la société
de vente Vanderkindere mettait en vente à Bruxelles
un portrait jusqu'alors inconnu représentant charles-Alexandre
de Lorraine. La toile était signée au dos par
Johan Millitz (1725-1779) et datée 1760.
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Octobre 2012
Une nouvelle pièce
de mobilier de la Maison de Lorraine
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Le 27 septembre,
la maison Sotheby's, à Londres, a mis en vente une
petite table de milieu en bois doré dont les quatre
pieds sont ornés à leur angle d'une cartouche
arborant une croix de Lorraine. Mesurant 82 cm de hauteur
avec un longueur de 103 cm et une largeur de 68 cm, ce petit
meuble semble avoir conservé sa dorure d'origine et
se présente dans un état très satisfaisant,
malgré un accident à l'un de ses pieds.
Chacun des pieds biche (qui n'ont jamais été
reliés entre eux par une entretoise) repose sur un
sabot. Une élégante ceinture mouvementée,
ornée de légers fleurons, supporte un plateau
de marbre jaune antique réalisé probablement
en Italie ou à Vienne.
Cette table remontant aux années 1730 apporte ainsi
un enrichissement complémentaire à notre étude
sur le mobilier de la Maison de Lorraine et confirme les hypothèses
que nous avons formulées voici quelques années.
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Septembre 2012
Une nouvelle console d'applique
en bois sculpté et doré
à décors de
têtes d'aigle, fleurettes et feuilles d'acanthe
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Le 26 septembre
2012, la société de ventes volontaires Europ
Auction organise à l'hôtel Drouot une "vente
de prestige" dans laquelle figure une petite console
d'applique (h. 37,7 cm) très proche de celle que nous
avons découverte en juillet 2008 et mise en ligne plus
bas dans cette même rubrique.
L'exemplaire proposé dans cette vacation a fait l'objet
d'une petite étude publiée sur le site d'une
galerie polonaise voici plusieurs mois.
Le propriétaire de la première, retrouvée
en France, appartenant à une ancienne collection nancéienne
Guérin, avait pris contact avec le musée du
château de Lunéville. Un responsable s'était
déplacé pour examiner cette console avant de
la considérer sans intérêt.
Le modèle, mis en vente aujourd'hui, montre beaucoup
de lacunes par rapport à l'exemplaire précédent
tout en permettant d'apporter un crédit supplémentaire
à l'inventaire que nous avions cité voici quatre
ans.
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Juillet 2012
Un ouvrage provenant de
la bibliothèque
de Stanislas à Meudon
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Le 26 juin
dernier, la société de vente Halde, vendait
à l'hôtel Drouot un ouvrage de mathématiques
adressé par l'auteur à Stanislas Leszczysnki.
Par chance, les deux volumes ont été préemptés
par un musée lorrain.
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juillet 2012
Entrée
triomphante du Duc de Lorraine
dans la ville de Belgrade
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Entrée triomphante
du Duc de Lorraine dans la ville de Belgrade
Jean Coppin (1615-1690)
Dessin au lavis et mine de plomb
Fin du XVIIè siècle
(H. : 19 cm ; L. : 24 cm)
L’attribution à Jean Coppin
de ce dessin, comme le rapporte l’inscription manuscrite
portée dans sa marge inférieure, renvoie très
probablement à l’auteur d’une publication
publiée à Lyon, chez Antoine Briasson, en 1686.
(réimprimée à Lyon en 1720).
Le Bouclier de l’Europe
ou la guerre sainte contenant des avis politiques & chrétiens,
qui peuvent servir de lumière aux Rois & aux Souverains
de la chrétienté, pour garantir leurs Estats
des incursions des Turcs, & reprendre ceux qu’ils
ont usurpé sur eux. L'oeuvre attribué à
Jean Coppin se montre plus proche des esquisses préparatoires
et du carton, conservés à l’Albertina
à Vienne, réaliséés sur papier
à la craie par Jean-Baptiste Du Rup (v. 1672 –
1709) et Jean-Baptiste Martin dit des Batailles (1659-1735)
pour la réalisation de la sixième des pièces
de la Grande tenture des Victoires de Charles V, L’Entrée
de Charles V dans la ville de Bude, tissée en haute
lice et livrée par Mitté en octobre 1714.
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juin 2012
" Portrait d'homme
et portrait de femme"
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La vente organisée
le 20 juin 2012 par la société Pierre Bergé,
à l'hôtel Drouot (salle 10) dispersait une paire
de tableaux peints sur toile (H. : 42 cm ; l. : 37,5 cm),
désignés d'une manière très anonyme,
attribués tous deux à l'entourage d'Antoine
Pesne (lot n°29).
Il s'agissait en fait des portraits de l'impératrice
Marie-Thérèse et de l'empereur François
Ier réalisés davantage par un suiveur de Van
Meytens dont la production a été si répandue
à Vienne et dans l'Empire.
Adjugée près de 5000 euros ces deux toiles ont
dépassé largement le prix d'estimation (2000-3000
euros). Le lot 28, d'une provenance identique figurant un
"Portrait d'enfant en habit d'apparat" estimé
entre 5000 et 7000 euros a été adjugé
à 4300 euros, pourtant la toile représentait
l'archiduc Joseph II et était sans doute une oeuvre
plus directement rattachée à l'atelier de Van
Meytens.
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Mai 2012
Le gobelet en
argent doré du service du grand-maître
de la maison du roi de Pologne
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Le magazine L'Objet
d'art publiait en mai 2007 (n°424) notre article sur une
paire d'assiettes que nous venions de découvrir appartenant
à un petit service en argent doré, réalisé
à Strasbourg par Joachim Friedrich I Kirstein (1701-1770)
pour la duchesse Ossolinska, cousine germaine du roi Stanislas
Leszczynski et épouse du grand-maître de la maison
du roi de Pologne.
Le 3 mai 2012, un des deux gobelets appartenant à cet
ensemble passait en vente à Londres chez Sotheby's
(lot n° 9).
L'apparition de ce nouvel élément sur le marché
de l'art, appartenant aux collections du prince Henry de La
Tour d'Auvergne Lauraguais, confirme les recherches conduites
en 2007. Haut de 7,5 centimètres ce gobelet a été
adjugé 8500 livres sterling. Nous avons pu prévenir
à temps le propriétaire des deux assiettes qui
a pu faire l'acquisition de ce troisième élément
appartenant au petit service en "argent doré"
de la duchesse Ossolinska.
Une souscription lancée à l'initiative de l'association
des Amis de Lunéville afin d'acquérir cette
paire d'assiettes pour en faire don au musée du château
de Lunéville n'a reçu à l'époque
aucun écho à Lunéville, pas même
l'intérêt de l'association des Amis du château
qui aurait pu s'associer intelligemment à une initiative
visant à enrichir le patrimoine du monument qu'elle
est censée promouvoir !
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Avril 2012
Coffret en porcelaine Imari appartenant aux
collections de Charles-Alexandre
de Lorraine
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L'étude de ce coffret
sera publiée
dans le catalogue de l'exposition
Charles-Alexandre de
Lorraine, un prince en sa maison
en cours de préparation
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Janvier 2012
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Le fonds
des archives de
Jean-François Humbert, comte de Girecourt,
conseiller d’Etat, seigneur Deycimon, Vaubexy, Faucompierre,
Vaudicourt, Dompierre, Grandvilliers et autres lieux
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Sceaux de la duchesse
douairière, Elisabeth-Charlotte de Lorraine
| L’ascension
de la famille Humbert à la cour ducale débute
dès le XVIe siècle. Génération après
génération, les aînés de la famille
occupent des charges de plus en plus importantes dont les plus
recherchées tombent dans les mains de Jean-François,
reçu tout d’abord avocat au parlement de Metz.
Il est ensuite, par le duc Léopold, au rang de grand-maître
des Eaux et Forêts avant de recevoir la charge de conseiller
d’Etat puis celle de chef du Conseil des Finances et,
en 1722 et 1737, les titres de baron, puis comte de Girecourt,
terre acquise dès 1705. En 1737, installée à
Commercy, la duchesse douairière l’institue chancelier
et garde des Sceaux de la principauté qui vient de lui
être conférée.
Ses descendants directs
puis collatéraux, les comtes de Bourcier, conservent
la terre de Girecourt (Vosges) jusqu’en 1913, époque
à laquelle ils viennent s’installer à Paris
emportant avec eux les souvenirs familiaux et leurs archives.
Le dernier descendant de la branche s’éteint, sans
postérité, vers 1970 dans la capitale.
Depuis quelques années,
un nouveau propriétaire restaure fort heureusement à
la fois la maison et le parc de Girecourt désormais ouverts
au public.
Avec le plus grand des
hasards, une partie substantielle du fonds des archives du conseiller
d’Etat autrefois conservée à Girecourt vient
d’être retrouvée sur le marché de
l'art.
Depuis quarante ans,
une trentaine des documents manuscrits les plus intéressants
de la collection n’avait, par chance, pas été
dispersée. Outre un intérêt historique évident
pour l’histoire de la Lorraine, ceux-ci possèdent
presque tous leur sceau d’origine avec contre sceau appendu
sur queue de parchemin en cire rouge pour la Maison de Lorraine
et en cire jaune sous le règne de Stanislas.
Cet ensemble exceptionnel
vient de retrouver son lieu d’origine à la plus
grande joie du propriétaire actuel et des chercheurs
!

Parmi les pièces
les plus spectaculaires citons entre autre :
Lettres patentes de secrétaire
des commandements et finances pour Me Louis Humbert
Mivolac ( ?), 20 décembre 1633
Signature autographe de Charles III
Grand sceau et contre sceau de cire rouge (superbe)
- Nancy, 8 février
1700. Lettres patentes pour foy et hommage de Jean-François
Humbert de Girecourt (grand sceau et contre sceau à la
cire rouge, sur queue de parchemin, signées de Léopold.
- Lunéville, 2
janvier 1712. Brevet de conseiller d'Etat de Jean-François
Humbert de Girecourt (grand sceau et contre sceau à la
cire rouge et dans son enveloppe d'origine, sur queue de parchemin.
Signé de Léopold.
- Lettres patentes de
nomination de conseiller, secrétaire d’Etat, commandements
et finances au Sr Humbert de Girecourt
Nancy, 12 février 1721. Signé de Léopold.
Petit sceau de cire rouge.
- Lettres d’anoblissement
d’Humbert de Girecourt en qualité de baron et lettres
d’érection en baronnie du fief de Girecourt pour
Mr de Girecourt. Nancy, 10 décembre 1722. Signé
de Léopold
Avec désignation des armoiries peintes à la gouache
sur fond d’or.
Sont intégrées au document principal : Lettre
d’enregistrement des lettres de noblesse par la cour souveraine
de Lorraine (avec timbre sec) et lettre d’enregistrement
des lettres de noblesse par la chambre des comptes de Lorraine
(avec timbre sec).
6 F° reliés avec lacs de soie verte et fil d’or
(le sceau et le contre-sceau sont manquants).

- Lunéville, 3
avril 1727. Lettres patentes pour foy et hommage de la terre
de Vienville pour le même (grand sceau et contre sceau
à la cire rouge, sur queue de parchemin. Signées
de Léopold.
- Commercy, 26 mars 1736.
Brevet de chancelier et garde des sceaux. Grand sceau et contre
sceau à la cire rouge aux armes Lorraine/Orléans,
sur queue de parchemin (complet). Signé Elisabeth-Charlotte.
- Preuves de noblesse
pour le Sr Humbert de Girecourt. 27 mars 1748.
Signé Alliot. Timbre sec de Stanislas. 4 F° reliés
de soie jaune.
Avec mention autographe du XIXe siècle « Extrait
des papiers du château de Girecourt » et timbre
à l’encre bleue : COMTE AMIC DE BOURCIER _ GIRECOURT.
- Brevet de pension de
1000 l sur l’Etat de Lorraine
Vienne, 15 février1763
Signé François, contre seing du baron Karl de
Pfütschner. Timbre sec impérial.
- Lunéville, 8
avril 1765. Brevet de bailly d'épée du bailliage
de Bruyères au même. Grand sceau et contre sceau
à la cire jaune, aux armes du roi de Pologne (complet).
Signé Stanislas.
|

Décembre
2011
|
Une râpe à
tabac aux armes du duc Charles V |

Dès
la découverte des peuplades amérindiennes dans
les Antilles, l’usage du tabac s’est répandu
rapidement en Occident dans tous les classes de la société,
tout d’abord comme médicament universel. Très
vite, les états européens comprirent les enjeux
financiers qu’ils pourraient tirer de sa commercialisation.
Une taxe sur la vente du tabac est instaurée en France
dès 1621 avant que Louis XIV n’institue en 1674
la ferme du tabac.
Si le tabac se consomme ordinairement dans une pipe, l’aristocratie
préfère le priser. L’apparition à
Paris du tabac en poudre remonte au début des années
1670. Pour râper les carottes de tabac, les particuliers
utilisaient des râpes bivalves, réalisées
en bois dur, comme le bois de Sainte-Lucie, ou en ivoire. Le
degré de sophistication et la richesse du décor
de ces nouveaux objets familiers témoignèrent
bien vite de la hauteur du rang social de leur propriétaire.
Le 11 décembre 2011, l’étude de Provence,
à Marseille, sous le marteau de maître Christian
Ribière, adjugeait une superbe râpe à tabac
aux armes de Lorraine (lot n°1211). Sa face antérieure
mobile est ornée des armes ducales soutenues par deux
alérions, surmontées d’une scène
de combat dans laquelle s’affrontent un cavalier (présenté
de dos) et un fantassin casqué. La scène se poursuit
sur la partie supérieure de la seconde valve, au-dessus
du fermoir, et représente une Victoire ailée sortant
des nuées pour apporter au vainqueur la palme de la victoire.
A l’intérieur, la râpe proprement dite est
finement sculptée, probablement dans du bois de Sainte-Lucie.
L’adresse du décor sculpté, une présence
aussi significative donnée aux armoiries et à
la couronne ducale (non fermée) permettent de rapprocher
cet objet exceptionnel des collections du duc Charles V dont
nous avons pu retrouver un élément de mobilier
important, actuellement en cours d’étude.
Par chance, ce précieux témoignage a pu être
acquis par un collectionneur lorrain puisque les musées
s’en sont désintéressés.
|

Novembre 2011

|
Le 26 novembre 2011,
l'hôtel des ventes Anticthermal, à Nancy, proposait
sous le marteau de maître Teitgen l'adjudication d'un
élément décoratif en chêne sculpté
représentant un grand alérion haut de 77 cm. (Lot
n°60)
Manifestement, cette sculpture, remontant au début du
XVIIIe siècle, avait été réalisée
pour être un tenant gauche destiné à supporter
le blason d'un duc de Lorraine, très probablement celui
de Léopold. Le rapace, dressé sur ses pattes,
présente en effet un déhanchement permettant de
proposer cette hypothèse. La tête, tournée
à sa droite, avec un bec menaçant, supporte une
couronne constituée de fleurons qui, à l'origine,
devait être fermée. Le col de l'alérion
est orné également d'une couronne et porte en
sautoir une croix de Lorraine suspendue à un collier
de perles.
L'héraldique ducale décline très souvent
ce motif que l'on retrouve employé non seulement dans
les esquisses attribuées à Germain Boffrand pour
les projets de tables consoles que l'architecte soumet au souverain
mais qui se retrouve aussi sur les meubles originaux ayant pris
place dans les grands appartements des résidences ducales.
Cet élément a été adjugé
pour le somme de 1600 euros.
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Juillet 2011
|
Un ouvrage
rare provenant de la bibliothèque de
la duchesse Elisabeth-Charlotte d'Orléans |


En 1718, retrouvant
l’atmosphère de son enfance au Palais Royal à
l’occasion d’un nouveau séjour parisien,
la duchesse de Lorraine retrouve également la joie des
meilleurs spectacles à la mode.
La tragédie de Roland, inspirée de l’Orlando
furioso, est créée, en 1685, par Philippe Quinault
et mise en musique par Jean-Baptiste Lully. La première
représentation a lieu dans les écuries de Versailles
puis l’œuvre est reprise au théâtre
du Palais Royal.
Œuvre à succès, la tragédie est jouée
à Paris en 1705, 1709, 1716, 1717 et, plus tard, en 1743
et 1755.
Il n’est donc pas étonnant de la retrouver superbement
reliée en maroquin dans la bibliothèque personnelle
d’Elisabeth-Charlotte.
Mais il est encore plus exceptionnel de pouvoir retrouver aujourd’hui
sur le marché de l’art un ouvrage de cette illustre
provenance puisqu’en 1744, à la mort de la duchesse,
la bibliothèque qu’elle avait emportée à
Commercy, sans doute sur les conseils de Valentin Jamerai Duval
qui en connaissait le contenu, fut transférée
à Vienne pour rejoindre le fonds impérial par
ordre de l’Empereur.
|

Juin 2011
|
L’original
d’un portrait de Madame de Graffigny retrouvé |
Dans une vente organisée
le 29 juin dernier à l’Hôtel Drouot, l’étude
Jean-Marc Delvaux présentait un « portrait présumé
de la comtesse de Rouvres » sous le numéro 72 du
catalogue.
De forme ovale, cette huile sur toile rentoilée (H. :
81 cm ; l. : 65 cm) était signée P. Clavereau
(peintre actif du milieu du XVIIIe siècle). Représentant
un personnage féminin assis à sa table de travail,
occupé à écrire, la véritable identification
de ce tableau pouvait se révéler facilement puisque
sur le haut de la page représentée se lisait en
lettres capitales le titre d’une pièce rédigée
en 1750 par Madame de Graffigny : Cénie.

Ce portrait n’était cependant pas tout à
fait inconnu. Dès 2006 nous en avons signalé l’existence
sans pouvoir, à l ‘époque, localiser la
toile.
Les collections du musée du château de Lunéville
en possédait une réplique rectangulaire, offert
le 12 mars 1895 par Charles-Louis Chéron et son épouse
(H. : 79 cm ; l. :63 cm), attribuée à leur ancêtre
le peintre Chéron.

Cette copie ancienne a sans doute été réalisée
à partir d’une gravure inspirée elle aussi
du tableau original, réalisée en 1763 par L. J.
Cathelin sur un dessin de J. B. Garand
Le dessin de Garand sera par la suite abondamment reproduit,
par exemple par Dagoty, au point d’éclipser l’auteur
de la toile originale.
La qualité du tableau vendu le 29 juin atteste d’une
œuvre originale dont l’auteur, tombé depuis
longtemps dans l’oubli, réapparaît ainsi
en pleine lumière. Cette œuvre a sans doute été
peinte à la suite du succès remporté par
la pièce, interprétée pour la première
fois le 25 juin 1750 par les comédiens français
ordinaires du roi et son impression par les soins du libraire
Cailleau dès l’année suivante.
Cette toile a été
judicieusement acquise par le Musée du château
de Lunéville.
|

Mai 2011
|
Sur le marché de
l'art parisien |
|
Depuis le
début de l'année, de nombreux objets d'art appartenant
aux collections de la Maison de Lorraine et du roi de Pologne
sont apparus sur le marché parisien : tableaux, ouvrages,
documents d'archives, objets d'art … Sans pouvoir tout
évoquer dans cette rubrique, nous nous limitons à
un pot de pharmacie présenté sur un stand élevé
Place de la Bastille, lors du dernier salon. |
 

Octobre 2011:
découverte de trois pots supplémentaires dans une collection
privée française

Avril 2011
Une
paire d'appliques en bronze doré à deux bras de
lumière asymétriques |

| Le vendredi
8 avril dernier, l'étude Beaussant Lefèvre mettait
en vente à l'hôtel Drouot une paire d'appliques
en bronze doré, à deux bras asymétriques,
tout à fait similaire au modèle provenant des
collections lorraines conservée au palais Pitti, à
Florence (lot n°138).
De dimensions identiques (H. : 55 cm ; l. : 32 cm) aux deux
éléments existants dans le " Bureau du
Roi " du palais (inv. Mobili Palazzo Pitti, 1911, nn13114/15),
ces deux bras décorés de fleurs et de feuillages
(branches de laurier) présentent un fût en console
surmonté d'un grand panache feuillagé mouvementé.
Admirablement ciselés, ils conservent leur dorure d'origine.
L'acquisition de ces bras de lumière, estimés
de 8 000 à 12 0000 euros, représentait une occasion
inespérée d'enrichir le patrimoine lorrain et
plus particulièrement les collections du château
de Lunéville. L'information que nous avons fait transmettre
à la conservation du château n'a rencontré
malheureusement, une fois encore, aucun écho.
Ils ont été adjugés à la somme
de 40 0000 euros. |

Février 2011
Anne-Charlotte
de Lorraine en vestale |

| Cette
toile a probablement été peinte au château
de Commercy où la princesse réside depuis 1737
et dont, à l'arrière plan, on aperçoit
une partie des jardins.
Ces portraits allégoriques ne sont pas rares. Il est
possible d'en citer au moins deux références
: Anne-Charlotte de Lorraine peinte en cordelière acquis
récemment par le château de Lunéville
datant probablement de la même époque (acquis
en 2008 dans une vente à Pamier) ou encore un tableau
attribué à Pierre Gobert représentant
la princesse sous les traits de Pomone (Musée des Beaux-Arts
de Dijon, inv. D. 94 5 1) dont une réplique a été
vendue récemment à Paris.
Par ailleurs le format de la toile (h.:85 cm; L.: 98 cm) pourrait
laisser penser qu'elle était destinée à
orner un dessus de porte.
Quant à son auteur, il reste encore anonyme.
Au verso, une inscription précise :
"Charlotte Princesse de Lorainne, Abbesse de Remiront,
âgée de 25 ans, 1739".
|

Décembre 2010
|
Le
duc Léopold et la duchesse Elisabeth-Charlotte,
une iconographie bien méconnue |
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Le
mercredi 1er décembre, l'étude Libert
dispersait à l'Hôtel Drouot, sous le numéro
23 du catalogue, deux portraits désignés
d'une part comme "un prince en armure, portant
la toison d'or" et d'autre part comme "Marie
Leszczynska".
Il s'agissait, en fait du duc Léopold de Lorraine
et de son épouse Elisabeth-Charlotte d'Orléans.
Ces deux toiles (h. : 81 ; l. : 64 cm) étaient
présentées dans leur cadre d'origine en
bois doré et sculpté, réalisés
sans doute dans un atelier lorrain.
L'iconographie de ces deux toiles anonymes n'est pas
inconnue. Le portrait du prince s'inspire d'une oeuvre
de Pierre Gobert conservée au Musée du
château de Versailles (MV 4357) dont une réplique
existe dans les collections du château de Haroué.
Celui de la princesse se rattache à celui exposé
au château de Commercy lui-même inspiré
de la toile de Hyacinthe Rigaud représentant
la princesse Palatine, mère d'Elisabeth-Charlotte.
Adjugée à 4000 euros, ces deux tableaux
ont été acquis par un collectionneur privé
qui en a fait immédiatement entreprendre la restauration.
|

Juin 2010
|
Un
portrait allégorique inconnu, dédié à
la princesse Anne-Charlotte de Lorraine |

| Il
est difficile de résister au charme du portrait allégorique
dédié à la princesse Anne-Charlotte de
Lorraine qui, discrétement, vient de passer en vente
à Paris. Reconnu par M. Emmanuel Hecre qui a bien voulu
immédiatement nous en signaler l’existence, il
a donc été possible d’étudier un
instant cette toile et d’en prendre quelques clichés.
Cette école flamande du XVIIIe siècle célèbre
probablement la prise de possession, par la sœur cadette
de Charles-Alexandre de Lorraine, de son siège abbatial
au sein du chapitre des chanoinesses de Sainte-Waudru, en 1754.
Une ribambelle d’angelots et de putti entoure le portrait
de la princesse âgée de quarante ans. Certains
lui offrent des roses et des couronnes, d’autres soutiennent
les insignes de sa dignité (mitre, crosse abbatiale,
couronne princière). L’Amour a même délaissé
son carquois, son arc et ses flèches pour lui offrir
un bouquet de fleurs tandis qu’un autre de ses comparses
écrit le nom chéri à l’aide de brins
de myosotis blanc : Anne.
Anne-Charlotte est figurée dans un portrait ovale, la
chevelure couverte du « petit mari » porté
par les chanoinesses, avec les traits que nous lui connaissons
bien et qui sont ordinairement confondus avec ceux de la bonne
Madame de Graffigny.
Une étude plus approfondie de cette toile, mesurant 112
cm de haut sur 85 cm de large, sera proposée ultérieurement.
Cette toile
a été préemptée par le musée
Friry de Remiremont.
|


1er avril 2010
| Un
nouveau portrait d’Élisabeth-Charlotte d’Orléans,
duchesse de Lorraine |

| Le
jeudi 1er avril 2010, l’étude parisienne Beaussant-Lefèvre
dispersait un ensemble de miniatures dont, au numéro
347 du catalogue : une miniature ovale représentant la
reine de France Marie Leczinska portant un manteau doublé
d’hermine à décor de fleurs de lys dorées,
en robe agrémentée de bijoux. Dans un cadre bordé
d’or émaillé blanc et argent. (Non signée).
Au dos de la
miniature il est marqué : « Marie Leczinska, fille
de Stanislas, Roi de Pologne, Duc de Lorraine…
Compte tenu
de la forme particulière de la miniature, celle-ci s’adaptait
peut-être à un couvercle de tabatière.
Dimensions 76
x 53 mm
Voilà
ici encore exprimé un nouvel exemple ancien d’erreur
d’indentification d’un personnage représenté.
Celle-ci aurait pu sans doute être évitée
si l’expert avait examiné de plus près les
broderies du manteau porté par le personnage qui porte
avec les fleurs de lys mentionnées plus haut des croix
de Lorraine. Marie Leszczynska, reine de France, n’aurait
bien évidemment jamais pu arborer un tel vêtement.
Cette miniature
s’inspire directement de plusieurs portraits de Pierre
Gobert (1662-1744) ou de son atelier représentant la
duchesse de Lorraine Élisabeth- Charlotte d’Orléans
(1676-1744). Le premier conservé dans les collections
du château de Versailles que nous avons déjà
reproduit en 2008 dans notre ouvrage La Cour de Lorraine en
ses meubles, p. 851 ; et le second au Musée Lambinet.
D’autres versions existent dont probablement la référence
au modèle originalement peint par Gobert acquis en 1840
par le baron d’Éprémesnil pour Versailles2
ainsi qu’une copie attribuée à Nicolas Dupuy
ou à son fils Philippe (peintre ordinaire d’Élisabeth-Charlotte
après la mort du duc Léopold), peint vers 1718
et conservé au Musée Barrois de Bar-le-Duc3.
D’une
exceptionnelle qualité, cette miniature semble être
le travail parisien d’un grand peintre miniaturiste. Elle
renvoie directement à une autre miniature sur vélin
que nous avons reproduite dans l’ouvrage cité plus
haut (p. 89). Mais cette dernière (provenant d’une
paire dont la seconde représente la princesse Anne-Charlotte
de Lorraine et que nous pensons pouvoir attribuer toutes deux
à la main du peintre lorrain Charles-Louis-Chéron
– 1676-1745 ?) semble être directement inspirée
du modèle que nous étudions. Ce suiveur introduit
même une importante variante dans sa composition puisqu’il
place dans le creux du bras droit de la duchesse une grande
croix de bois.
Ainsi, la miniature
passée en vente le 1er avril 2010 constitue sans doute,
autour de Pierre Gobert, l’un des portraits les plus raffinés
et les mieux exécutés représentant l’épouse
du duc Léopold, peint dans les premières années
du XVIIIe siècle afin d’orner une tabatière
à la cage en or émaillé qui a sans doute
servi de présent.
Ce portrait
a été adjugé pour la somme de 10 000 euros.
|

cliquez
ici

mars 2010
Lampe de sanctuaire
en or et argent doré offerte par François III
à
la basilique du Saint Sépulcre
|
| Alors
qu'il vient de recevoir son nouveau titre de vice-roi de Hongrie,
l'ancien duc de Lorraine, François III, fait envoyer
en 1737 une exceptionnelle lampe de sanctuaire en or et argent
aux Franciscains de Terre sainte pour être probablement
offerte à la grotte de Bethléem placée,
à cette époque, sous la garde des Latins.
Cet envoi complète ainsi les fastueux présents
effectués par l'empereur Charles VI tout au long de son
règne : chapelles précieuse et semi-précieuse
en or et pierres précieuses, bassins en argent doré
réalisés à Strasbourg.
Ces ensembles, inédits jusqu'à ce jour, feront
l'objet prochainement d'une grande exposition présentée
en France.
La lampe envoyée par François III témoigne
de la maîtrise des orfèvres strasbourgeois de cette
époque. Une étude des poinçons retrouvés
permettra prochainement l'identification de son auteur. Une
longue inscription portée sur la partie supérieure
de la lampe permet de connaître le nom de son donateur
auquel est associée sa nouvelle épouse, la future
impératrice Marie-Thérèse.
Trois bas-reliefs remarquablement ciselés ornent la partie
inférieure de la lampe et présentent des scènes
reliées à la naissance du Christ, comme l'Adoration
des Bergers. Trois angelots scandent également les angles
de cette composition baroque et présentent les symboles
des trois vertus cardinales (Foi, Espérance et Charité).
|

détail

partie inférieure

partie supérieure

vue d'ensemble

Janvier 2010
Deux très rares
jetons en argent de Stanislas
|
| par Jean-Pierre
Carciofi
Le fait est suffisamment
exceptionnel pour être relevé !
L’érudit
lorrain Emmanuel Briard, en 1884, donnait dans le « Journal
de la Société d’Archéologie lorraine
» l’essentiel des informations qu’il est possible
de rassembler autour de l’introuvable jeton frappé
en 1748 à la demande du roi Stanislas Leszczynski représentant
au revers le pavillon de Chanteheux. L’auteur qualifiait
d’ « extrêmement rare » ce remarquable
témoignage de la numismatique lorraine puisqu’il
n’en connaissant qu’un unique exemplaire.
Plus de vingt-cinq ans
plus tard, René Martz rendait compte à son tour
de l’acquisition à Amsterdam par le Musée
lorrain d’un nouvel exemplaire en argent (Bulletin du
Musée et de la Société d’Archéologie
Lorraine – 1910) de cette série en saluant «
la bonne fortune » de l’acquéreur tout en
précisant qu’il s’agissait là du premier
exemplaire passé en vente publique, que lui-même
recherchait avidement depuis plus de vingt ans.
Pour mieux saluer cet
anniversaire, à cent ans de distance et par les effets
du plus grand des hasards, une telle rareté vient à
deux reprises de réapparaître au même moment
sur le marché de l’Art lorrain. Tout d’abord
à Metz, chez un grand marchand numismate ainsi qu’au
même instant chez un particulier dans le canton de Thiaucourt,
en Meurthe-et-Moselle. Par chance, ces jetons ont été
immédiatement acquis par des collectionneurs de la région
qui pourront ainsi en faire profiter des amis amateurs. L’un
de ces deux exemplaires est sans doute aussi celui qui a été
aperçu en automne dernier par un collectionneur spinalien
dans une brocante organisée à Xaronval, dans les
Vosges.
|

Jeton de Metz (avers et revers)

| Rare
est, en effet, ce jeton que l’on trouve plus généralement
en cuivre puisqu’il aurait été frappé
dans cette matière à quelques centaines d’exemplaires
; mais bien plus rare encore la frappe de spécimens en
argent limités à quelques dizaines comme le confirme
le registre « d’arrêts de toutes espèces
» daté à partir de 1718, conservé
aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle (B
250, n° 123), publié en 1884 par Briard :
Le 7 août 1748, la « Chambre, Cour des Monnoyes
» recevait ordre du chancelier de Lorraine de faire confectionner
plusieurs bourses de « jettons d’argent pour le
service du Roy Stanislas, lesquels jettons doivent avoir pour
empreinte d’un côté les armes de S.M. et
de l’autre le château de Chandeheu (sic) ».
Le document est visé le 10 août suivant par les
sieurs de Riocourt et Marien de Fremery, détaillant par
le menu les mesures prises afin d’empêcher toute
possibilité de fraude.
Les coins ayant servi
à cette frappe ont été heureusement acquis,
au XIXe siècle par un des conservateurs du musée
d’Épinal, Laurent, ce dernier ayant pris la liberté
d’en faire tirer de nouvelles épreuves en bronze
afin de les offrir à quelques personnes de qualité…
Durant près d’un siècle, ces jetons furent
donc les seuls tirages existants qui permirent, en 1884, d’illustrer
les propos d’Emmanuel Briard par l’intermédiaire
d’une gravure réalisée à l’occasion
de leur retirage. Nous ne connaissions que cette illustration
lors de nos recherches en la matière quand une nouvelle
« bonne fortune » nous permit de trouver, à
notre tour, deux exemplaires frappés en argent , datés
de la même année :
Le « jeton de Chantheux
» (sic) telle est la mention relevée en exergue
au revers sous l’élévation du pavillon de
Chanteheux, fut gravé par Nicole à Nancy en 1748.
Il s’agit du graveur Claude-François Nicole, née
à Besançon en 1700 et mort en 1783 à Nancy
où il avait œuvré auprès de Saint-Urbain.
On peut lire sur l’avers, autour des armes de Stanislas
la légende : « JETTON DU CABINET DU ROY DE POLOGNE
» ainsi que la date 1748.
Afin de mieux prendre
conscience de l’intérêt de cette double nouvelle
découverte, songeons à l’aveu du fameux
lotharingiste Beaupré qui n’en connaissant pas
d’exemplaire, espérait au XIXe siècle pouvoir
en rencontrer l’un d’entre eux, un jour, «
par hasard ».
Le jeton de Chanteheux
est donc une « relique » d’autant plus précieuse
pour le règne de Stanislas que notre duc nominal de Lorraine
n’a jamais pu battre monnaie comme l’ont fait légitimement
ses prédécesseurs, les ducs héréditaires.
Ces jetons « de
cabinet » étaient destinés à être
offerts à de prestigieux hôtes de passage. Celui-ci
dont la circulation a été ordonnée par
le roi de Pologne pourrait avoir été décidé
afin de célébrer le terme de l’aménagement
du pavillon de Chanteheux qui termine la perspective ouverte
depuis le château de Lunéville à travers
les jardins des Bosquets. On se souviendra, en effet, que la
date de la frappe coïncide avec l’époque de
la fonte des quatre fameuses paires de chenets en bronze doré
et ciselé, représentant Zéphyr et Flore
qui ornaient le foyer des quatre cheminées d’angle
aménagées dans le Salon de Chanteheux et qui peuvent
être datées avec certitude entre 1745 et 1749 puisqu’elles
sont poinçonnées au C couronné (voir «
Lunéville, fastes du Versailles lorrain », p. 137
et ill. dépliant après p. 140), cette commande
se plaçant sans doute au cours de la phase terminale
de l’ameublement du célèbre pavillon.
Trois spécimens
sont donc actuellement connus et localisés. S’il
subsiste aujourd’hui d’autres exemplaires de la
frappe initiale, il faudra sans doute les rechercher loin de
la Lorraine puisqu’ils furent donnés en présent
par le roi de Pologne… ainsi, nous voulons croire qu’un
prochain jour, il nous sera peut-être donné d’apprendre
que Valentin Jamerai Duval, le fameux érudit lunévillois
attaché à la Maison héréditaire,
puis créateur et conservateur du Cabinet des monnaies
et médailles de l’empereur François Ier
(alias, François III de Lorraine), a peut-être
accepté des mains mêmes de Stanislas, l’un
de ces précieux jetons lors de sa visite au château
de Chanteheux, le 21 juillet 1752. Ayant déjà
reçu d’Emmanuel Héré de la part du
souverain les deux premiers tomes de son fameux « Recueil
des Châteaux », comme nous l’a indiqué
M. André Courbet, notre illustre visiteur aura peut-être
obtenu un présent complémentaire, lui qui évoquant
à son retour à Vienne cette « pièce
admirable », ne peut jamais être soupçonné
de vile flatterie ! Cet exemplaire pourrait alors toujours se
trouver dans les collections du cabinet impérial à
Vienne.
|
Jeton découvert dans
le canton de Thiaucourt

décembre
2009
Exceptionnel
moutardier en étain
aux
armes du duc Léopold de Lorraine
|

| Apparu
au cours de l'été 2009 sur les étals d'un
vide-grenier organisé dans un petit village du département
des Vosges, ce très rare moutardier en étain,
de forme cylindrique à base octogonale en quart de rond
mouluré dont le couvercle à toit plat, à
poucier orné d'une palmette, et à l'anse mouvementée,
a immédiatement été acquis pour une dizaine
d'euros par un marchand de la région.
Orné des armoiries
de Lorraine surmontées d'une couronne fermée,
elle-même terminée par la croix à double
traverse des Lorraine, cet élément appartient
incontestablement à la vaisselle ordinaire ducale réalisé
sous le règne du duc Léopold. Un poincon de maître
non identifié permet de le dater du début du XVIIIème
siècle.
Par chance, ce moutardier
d'une hauteur de 10,5 cm (avec le poucier) vient de faire sa
réapparition dans une vente organisée à
Paris par l'étude Tajan en date du 16 décembre
2009 (lot n°96). Passé inaperçu (les armoiries
avait été confondues avec celles des Guise) cet
objet tout à fait unique vient d'être acquis par
un collectionneur lorrain.
Une étude plus
approfondie de cet objet est à présent en cours.
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2 400 000 euros, prix d’un exceptionnel
chef d’œuvre du patrimoine lorrain !
Alors que se déroulaient les Journées
du patrimoine qui viennent de connaître un nouveau succès
à travers toute la France, dans l’une des galeries aménagées
sous la voûte du Grand-Palais à l’occasion de la
Biennale des Antiquaires, était présenté un somptueux
manuscrit à peintures provenant des collections de la Maison
de Lorraine, réalisé pour la duchesse Philippe de Gueldres
(1462 ? – 1547), épouse du duc René II.
Réalisé sur vélin entre
1506-1508, l’ouvrage présenté (333 feuillets ; 355
x 250 mm) est un exemplaire de la Vie du Christ de Ludolphe de Saxe
dit le Chartreux, illustré de 81 miniatures ornant le début
de chaque chapitre auxquelles s’ajoutent deux plus grandes enluminures
qui recouvrent trois quarts de page, placées en frontispice des
deux parties III et IV qui constituent le volume. Œuvres du maître
de la Chronique Scandaleuse, la première d’entre elles
représente le Christ au milieu des apôtres prêchant,
sous une loggia, aux docteurs de la Loi. La scène s’inscrit
dans une bordure d’architecture feinte où s’inscrivent,
dans le bas et au centre, les pleines armes de Lorraine supportées
par deux anges, attestant ainsi une réalisation antérieure
à la mot du duc René II, en 1508. De chaque côté,
sur des pilastres, le peintre a fait figurer le chiffre PR (pour Philippa
Regina) peint à l’or sur fond pourpre s’alternant
avec deux autres motifs symboliques : tantôt des chardons de Nancy,
tantôt des grenades, peints tous deux sur fond bleu.
Pour avoir présenté à Paris,
en 1994, dans l’exposition Beauté et Pauvreté, l’Art
chez les clarisses de France, un manuscrit similaire provenant également
des collections de Philippe de Gueldres, conservé aujourd’hui
à la bibliothèque municipale de Lyon (ms 5125 ; 333 feuillets,
355 x 245 mm) ce merveilleux frontispice attira immédiatement
notre attention. En fait, au Grand-Palais, à l’occasion
de la Biennale, réapparaissait le second volume d’une composition
magistrale dont le manuscrit de Lyon constitue la première partie
et dont l’histoire peut ainsi se résumer.
Fille d’Adolphe d’Egmont, duc de
Gueldres et de Catherine de Bourbon, Philippe de Gueldres épouse
en 1485 René d’Anjou, roi de Sicile et de Jérusalem,
duc de Lorraine et de Bar. Les chroniques de l’époque et
son biographe la dépeignent « de stature grande, belle
et moult droite, ayant la face belle et plaisante ; de couleur très
blanche et vermeil, le front haut et les yeux beaux et verds. Le nez
assez long, la bouche petite et moult belle (sic) ».
Devenue veuve le 10 décembre 1508, après avoir mis au
monde douze enfants dont sept moururent en bas âge, la duchesse
douairière s’employa à donner à ses fils,
Antoine et Claude, la meilleure éducation tout en se chargeant
du gouvernement des duchés.
Onze ans plus tard, la vertueuse princesse jugeant son fils Antoine
apte à tenir désormais le sceptre lorrain, voulut se retirer
du monde en prenant le voile au monastère des clarisses de Pont-à-Mousson
dont son époux avait été un constant protecteur.
Par un testament en date du 20 octobre 1520, elle léguait ses
innombrables richesses tant en meubles, vaisselle d’argent, tapisseries
de laine entre ses fils.
A son entrée au monastère, dans
les premiers jours de décembre 1519, faisant vœu d’une
pauvreté absolue, elle donna un Passionnaire réalisé
pour elle vers 1515 par le maître du Songe du Pastourel comme
en atteste une note autographe apposée sur le plat inférieur
de la reliure d’origine : « je voy prie mes bonnes mères
et sœurs de ne james oublier en vos devotes prieres sete povre
pescheres devant notre Bon Dieu quy pour elle a soufert dure mort et
passyon dont en ce livre et fet mensyon, lequel par obediense donne
a la sant et devote communauté la povre et indigne religieuse
seur Phe de Gheldres ». Par chance, ce précieux dépôt
que nous avions pu également exposer en 1994, est, de nos jours
encore, toujours conservé dans un des monastères français
de cet Ordre.
Les deux volumes de la Vie du Christ ont très
certainement été offerts au monastère de Pont-à-Mousson
comme le Passionnaire de la duchesse au moment de son entrée
en religion. Dans le cas contraire, en effet, on peut supposer qu’à
l’instar d’un autre manuscrit précieux, Le Songe
du Pastourel, unique exemplaire connu du poème allégorique
de Jean Prieur, confectionné à la même époque
à la demande du duc Antoine sans doute par Hugues de La Faye
(qui travailla au décor mural de la Galerie des Cerfs du palais
ducal), ils seraient restés dans les armaria de la bibliothèque
ducale et expédiés à Vienne, sous le règne
de François III en 1737, où se retrouve, dans les collections
de la bibliothèque nationale autrichienne, le poème de
Jean Prieur ( codex 2556).
Lors de la Révolution française,
les religieuses ne purent sauver la totalité de ces insignes
souvenirs de l’histoire régionale. Les deux volumes de
Ludolphe le Chartreux furent ainsi séparés et connurent
une existence distincte.
Le premier volume fut présenté,
en 1844, par son propriétaire d’alors, François-Nicolas
Maire, habitant le village de Maidières, au secrétariat
de l’évêché de Nancy en vue de son acquisition.
L’offre ayant été déclinée, il fut
proposé au cardinal de Bonald, archevêque de Lyon, qui
était intervenu, lorsqu’il était évêque
du Puy, auprès des clarisses de cette ville afin de protéger
de tout vandalisme le psautier dit de sainte Colette que possédait
le monastère. En 1845, ce premier tome de la Vie du Christ fut
déposé à la bibliothèque de l’archevêché.
Confisqué en 1905, il se trouve aujourd’hui à la
bibliothèque municipale de Lyon (ms 5125).
En juin 1896, le second volume fit sa réapparition.
Il était la propriété d’Élise Gagnier
domiciliée à Charey (Meurthe-et-Moselle) et fut acquis
par un bibliophile anglais, Henry Yates Thompson. L’ouvrage figure
au numéro 39 de son catalogue. La bibliothèque de ce collectionneur
fut dispersée à Londres, le 3 juin 1919 (lot n° 10).
La Vie du Christ revint alors à Paris pour être mis en
vente, en 1926, par la librairie Théophile Belin. Elle fut acquise
par la suite par un collectionneur privé suisse.
Témoignage des fastes de la cour Lorraine
sous le règne du roi René II et du luxe déployé
pour Dieu, qui cent ans plus tard ne faisait pas non plus rougir saint
Vincent de Paul, ce précieux ouvrage de Ludolphe le Chartreux
cherche un nouvel asile. S’il est peu probable qu’il puisse
revenir prochainement à Nancy, regrettons qu’à deux
reprises, au XIXe siècle, l’occasion n’ait pas été
saisie de conserver ces deux ouvrages chers à la duchesse de
Philippe de Gueldres qui pour toute épitaphe composa cette sentence
:
Cy gist ung ver, tout en pourriture,
Rendant à mort le tribut de nature,
Sœur Philippe de Gueldres, fust royne du passé.
Terre son toît, pour toute couverture.
C’est la maison de toute créature.
Sœurs, dites-lui : Resquiescat in pace.
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